Depuis mi-mars, la ligne de Livron à Veynes est interrompue pour engager une première tranche de travaux, assez conséquente puisque d'un montant d'environ 55 M€, afin d'assurer la pérennité de cette ligne à forte portée médiatique puisqu'elle accueille - en principe - le train de nuit Paris - Briançon. Jusqu'en décembre, ce train est dévié vers Modane, avec transfert par autocars au-delà vers Briançon et la haute vallée de la Durance. Un choix qui ne fait pas vraiment le bonheur des Hautes-Alpes et des associations d'usagers : le report par Grenoble est impossible puisque la ligne des Alpes a été suspendue au sud de Clelles-Mens du fait du mauvais état de l'infrastructure, et l'alternative proposée par Avignon, Cavaillon et Manosque n'a pas eu de suite si ce n'est un refus du ministère des Transports, autorité organisatrice de la relation.

En décembre prochain, les trains reviendront sur cette ligne et devraient récupérer 6 des 11 minutes perdues. Il faudra une seconde phase de travaux, probablement d'ici 5 ans, pour achever le processus de renouvellement de cette ligne et la levée de tous les ralentissements (si tant est que d'autres n'apparaissent pas). Et on espère que, cette fois-ci, le train de nuit pourrait passer par Grenoble, puisque la section Clelles-Mens - Veynes devrait rouvrir en fin d'année 2022.

Au-delà, il faudra aussi s'interroger sur l'usage de la ligne : elle sert à la fois à connecter les Hautes-Alpes au réseau national et les petites villes de la vallée de la Drôme à Valence Ville ou Valence TGV. Le plan de transport de référence prévoit 4 allers-retours, ce qui est peu, mais la densité de population est assez faible surtout au-delà de Crest. On compte 4 à 5 allers-retours d'autocars entre Valence et Crest, par un itinéraire plus direct, sans faire le détour par Livron, donc en complémentarité géographique avec la desserte ferroviaire. A minima, pourrait être proposé un renforcement de la desserte entre Valence et Die pour obtenir un cadencement aux 2 heures de la desserte, qui constitue le minimum pour que l'offre soit perceptible par le public.

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Luc en Diois - 1er janvier 2019 - La desserte Romans - Briançon est assurée par des X72500 de la Région PACA dans le cadre d'un accord avec la Région Auvergne - Rhône-Alpes. Ces rames sont plutôt bien adaptées au parcours, et le confort est plutôt de bon niveau - hormis le niveau sonore - sur des trajets assez longs. Les trains seront de retour en fin d'année après 9 mois de travaux. © R. Cornu-Emieux

Il serait aussi intéressant de proposer une offre touristique, le week-end pour commencer, faisant le tour du Vercors, entre Grenoble et Valence via Veynes. A une époque, certains ferroviphiles (dont des lecteurs et contributeurs de transportrail) faisaient étape à l'hôtel de la gare à Veynes pendant leur pèlerinage...

Post-scriptum : quelques vues des travaux...

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Saint Pierre d'Argençon - 15 août 2021 - Stockage des traverses métalliques déposées sur les zones en cours de traitement, de façon distincte des traverses en bois, du fait de la possibillité de revente de la matière. © transportrail

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La Beaume - 15 août 2021 - Armement neuf en cours de réalisation. Cette première phase de travaux devra être complétée d'une seconde envisagée en 2026 pour en principe disposer d'une infrastructure pérenne et vierge de ralentissements. © transportrail