Fin de service anonyme, dans l'ombre de la grève, pour une série qui mérite assurément d'entrer dans l'histoire. Les rames TGV Paris Sud-Est ont assuré leurs dernières prestations. Il restait un petit lot de 18 unités en service sur les relations entre Paris et le nord de la France.

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Anthéor - 23 mai 1989 - Assurant un Paris - Nice et placée en queue du train, la rame 10 franchir l'un des sites les plus connus de la ligne Marseille - Vintimille. La livrée orange s'insérait plutôt bien dans l'ambiance azuréenne, notamment dans la traversée de l'Esterel. La couleur orange avait été choisie car très en vogue dans les années 1970, en rupture avec le sombre vert wagon de la SNCF et symbole de puissance et de modernité. © B. Stephenson

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Saint Ythaire - 29 mai 1989 - Le TGV Sud-Est sur la ligne à grande vitesse : une réussite liée à la conception d'ensemble du projet entre le matériel et l'infrastructure. Pourtant, les rames Sud-Est avaient adopté une motorisation largement inspirée des BB22200, certes à électronique de puissance pour la commande de traction mais avec des moteurs conventionnels à courant continu. Sacrée réussite ! © B. Stephenson

Premier matériel ferroviaire du monde circulant en service commercial à plus de 250 km/h, conçu initialement pour une vitesse de 260 km/h, rapidement relevée à 270 km/h et finalement à 300 km/h, les rames Sud-Est peuvent aussi faire valoir non seulement le record de vitesse du 26 février 1981, mais aussi des records de kilomètres parcourus, tout simplement vertigineux. Le cap des 10 millions de kilomètres avait été franchi après quasiment un demi-siècle de carrière par les BB9200, mais les TGV Sud-Est ont repoussé les limites en approchant, voire en dépassant, le cap des 15 millions de kilomètres abattus en 38 années de carrière, ce qui constituera peut-être un record pour des engins ferroviaires avec une chaîne de traction à courant continu... surtout à cette vitesse.