Et après on se plaindra des lenteurs de l'administration française...

Hier, la convention de financement des travaux de remise en service de la section Arches - Saint Dié a été signée en présence de la ministre des Transports. Les travaux d'un montant de 21 M€ seront financés à hauteur de 8,4 M€ par l'Etat, qui jusqu'à présent n'avait pas mis un centime dans le CPER sur cet axe, le solde étant apporté par la Région Grand Est. Les travaux de confortement du tunnel auront lieu dès septembre et les opérations prioritaires sur l'infrastructure à partir de mars 2020. Dans ces conditions, les 5 allers-retours ferroviaires pourraient revenir entre Epinal et Saint Dié dès décembre 2021.

Mais il aura fallu trois visites rapprochées du président de la République, pendant sa campagne électorale, pour les cérémonies de l'armistice de 1918 et pour le grand débat en février 2019, pour en arriver là. Sollicité par les élus locaux, les usagers, les cheminots, il a feint de découvrir que la ligne avait bien été suspendue en décembre 2018 contrairement à ses engagements politiques... et en stricte conformité avec l'action réelle des différents ministères !

Du côté de la Région, l'accord survenu en 2016 pour financer le renouvellement de certaines lignes par le biais d'économies générées par la suspension de quelques axes, dont Arches - Saint Dié, restera une période confuse, puisque la Région est en première ligne pour soutenir le retour des trains.

En matière d'offre, dans un premier temps, la desserte devrait retrouver le volume initial de 5 allers-retours. Intégrée au périmètre de mise en appel d'offres des contrats de délégation de service public, Epinal - Saint Dié pourrait être un terrain de redynamisation du service, d'autant que l'infrastructure renouvelée peut, même avec le block manuel existant mais relativement récent, supporter une desserte cadencée à l'heure, soit une bonne quinzaine d'allers-retours.

Le cas Epinal - Saint Dié pourrait faire jurisprudence : le président de la République pourrait être invité par les élus locaux concernés par des suspensions de ligne déjà effectives ou en risque. Le Tour de France cycliste commence le week-end prochain et transportrail propose quelques villes-étapes stratégiques pour le devenir des lignes de desserte fine du territoire :