76 km de ligne, 172 km de rail, 120 000 tonnes de ballast, 136 000 traverses, 88 M€ : ce sont en résumé les 4 chiffres à retenir du renouvellement de la section Nantes - La Roche sur Yon, engagé en janvier dernier et qui devrait s'achever en juin. L'opération est financée sur fonds propres de SNCF Réseau, via le Contrat de Performance, puisque c'est la seule section de la transversale Nantes - Bordeaux à être considérée comme du réseau structurant, classée groupe 6 dans ce qui est improprement appelé classification UIC. C'est aussi la section la mieux équipée, électrifiée en 25 kV, dotée du Block Automatique Lumineux jusqu'à Clisson et du BAPR au-delà.

Nantes - La Roche sur Yon constitue la première étape de modernisation de la transversale Nantes - Bordeaux. L'année prochaine, les 103 km entre La Roche sur Yon et La Rochelle seront fermés. La voie est particulièrement dégradée, imposant depuis 4 ans un ralentissement à 60 km/h sur une zone à 110 / 130 km/h coûtant plus de 50 minutes. La signalisation n'est guère meilleure, l'antique Block Manuel régional Nantes-Bordeaux étant maintenu a minima. La solution retenue fait couler beaucoup d'encre et de salive : SNCF Réseau renouvellera une seule voie, dotée de 2 évitements à Luçon et Marans, solution amplement suffisante pour écouler les 4 allers-retours existants, et jusqu'à 4 fois plus de circulations avec l'usage d'un seul point de croisment. Autant dire que le retour de la deuxième voie n'est pas pour demain : il faudrait en outre mobiliser 100 M€ de plus sachant que les 138 M€ de l'opération qui sera engagée l'an prochain ont été obtenus in extremis. La Roche sur Yon - La Rochelle sera en outre la première application de NExT Regio, une évolution du BAPR, en technologie numérique, avec télécommande par fibre optique de la ligne depuis le poste informatisé existant de La Roche sur Yon.

Plus au sud, la situation devient particulièrement critique et les ralentissements à 60 km/h entre Beillant et Saint Mariens prolifèrent. SNCF Réseau devrait profiter de la fermeture de 15 mois entre La Roche sur Yon et La Rochelle pour réaliser des travaux dans cette zone, afin de retrouver les performances nominales et ainsi pouvoir revenir à une liaison Nantes - Bordeaux en 3h45 à 3h50, tirant profit des aptitudes du Coradia Liner. De son côté, la Région Nouvelle Aquitaine planifie déjà pour 2021 des développements d'offre sur les relations Intervilles Bordeaux - Saintes - La Rochelle et sur la desserte périurbaine jusqu'à Saint Mariens, avec dans ce cas la contrainte d'une exploitation tendue par l'absence de voie de terminus, qu'il faudra intégrer à terme (avec une opportunité qui semble se profiler à moyen terme, les postes d'aiguillage de Saint Mariens étant à renouveler d'ici 5 à 7 ans...)

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Viaduc de Cubzac les Ponts - 21 octobre 2018 - Vu grâce à un drône, le viaduc de Cubzac dans toute sa splendeur : l'UM de Coradia Liner apparaît minuscule sur cet ouvrage de plus de 2 km. Sa rénovation sera un morceau de choix des travaux à mener sur la transversale dans la décennie à venir. Et la Région s'interroge sur l'électrification de la section Bordeaux - Saint Mariens... © A. Querleau

Ces travaux sont d'autant plus nécessaires que Nantes - Bordeaux, comme Nantes - Lyon, fait l'objet de l'appel d'offres pour l'exploitation de ces deux transversales, se partageant le même matériel entretenu à Nantes : les potentiels candidats surveillent logiquement de près l'évolution de l'infrastructure pour élaborer leurs propositions et notamment une nécessaire augmentation du nombre de relations...