Les nouvelles automotrices à deux niveaux FV-Dosto (ou Twindexx chez Bombardier) pour les liaisons Intercity et Interregio sont au coeur de vives tensions entre les CFF et leur constructeur Bombardier, qui se déplacent désormais sur le terrain politique. Certains experts vont même jusqu'à préconiser la rupture du contrat, ce qui serait un fiasco pour les deux parties. Sur les 62 rames acquises pour un montant de 1,9 MMCHF, seules 12 rames sont en service commercial entre Bâle et Coire. 39 rames sont prêtes à être livrées, mais les objectifs de fiabilité et de performance ne semblent pas atteints. Aussi, les CFF refusent les livraisons en attendant que les rames se comportent normalement.

FV-Dosto CFF

Censées incarnées une étape supplémentaire dans le renforcement du rôle du train dans les déplacements en Suisse, les FV-Dosto (ou RABDe 502) sont pour l'instant pointés du doigt pour leurs problèmes de fiabilité et un confort jugé insuffisant. Les CFF mettent la pression sur Bombardier et le politique s'est emparé de l'affaire... (cliché CFF)

Certes, certains impondérables ont été subis par les deux parties, comme l'affaire de l'accessibilité (avec des positions pour le moins extrémistes des associations de handicapées, se traduisant par des surcoûts et des retards dans la conception et la production). Il y a aussi manifestement des problèmes d'ordre informatique. En revanche, les questions de disponibilité du parc actuellement utilisé, les incidents rencontrés sur les portes, le niveau de confort insuffisant du fait de vibrations sont considérés bien plus sérieusement. Le système de compensation du roulis, dénommé Wako, sorte de mini-pendulation, ne semble pas encore au point. Mais pour les CFF, il n'est plus possible d'attendre : les trains devront être engagés au service annuel 2020 faute de quoi c'est la consistance même de la desserte qui serait remise en question, d'autant plus que la rénovation des voitures IC2000 va entrer en régime de croisière : là encore, les CFF comptait sur l'engagement des FV-Dosto pour compenser l'indisponibilité temporaire de ce parc.

Le dossier prend un tournant politique national en Suisse, considérant que Bombardier avait été préféré à Siemens et Stadler pour ménager l'emploi industriel en Suisse romande, sur le site de Villeneuve. Trop de nouveautés et une commande trop importante disent certains, dans un jeu politico-industriel complexe dans lequel certains demandent aux CFF d'engager immédiatement une commande de matériel auprès de Stadler (mais où est la mise en appel d'offres ?) quitte à ce que Bombardier se débrouille avec les FV-Dosto (ben voyons...). En revanche, ce qui est certain, c'est qu'il y aura un débat serré sur l'application des pénalités de retard. Il serait question d'au moins 500 à 600 MCHF...