En ce début d'année, nous ne manquons pas à transportrail l'occasion de nous remettre à l'ouvrage sur le dossier des trains de nuit. Idéalistes, nous ? Non, peut-être tout simplement empreints d'une volonté pragmatique d'examiner sereinement et objectivement un marché mis à mal au-delà des conséquences logiques du développement du TGV raccourcissant les distances... mais pas partout.

Puisque l'Etat semble - du bout des doigts - vouloir amorcer un début d'ouverture du marché longue distance à la concurrence avec 2 liaisons diurnes, voici quelques idées pour structurer un renouveau des trains de nuit en ciblant évidemment la mer et la montagne, depuis Paris mais aussi sur quelques liaisons transversales dans le but de compléter l'amplitude du service des liaisons diurnes, et esquisser une vision européenne dans une stratégie bas carbone qui commencerait à réorienter - très - progressivement une partie du trafic aérien de moyenne distance vers des modes terrrestres.

Mais une première question déterminante apparaît immédiatement : le train de nuit doit-il comme aujourd'hui être une activité sous contrat avec une autorité organisatrice (ici l'Etat), ou en open-access aux risques et périls de l'opérateur ? La première option s'inscrit en continuité de la situation actuelle en France. La seconde s'inspire de la situation des ÖBB en Allemagne. Reste une troisième voie (que certains qualifieront ironiquement de macronienne) : c'est la théorie du «  en même temps », qui consisterait en une contractualisation ayant pour objectif de réduire la contribution de l'Etat, afin de soutenir l'activité.

La deuxième question est liée à la capacité du réseau ferroviaire français la nuit, puisque la maintenance, encouragée par un contrat de (non-) performance, a tendance à oublier que - de temps en temps - il faut bien laisser passer quelques trains... Evidemment, avec des plages de travaux de 6 à 8 heures la nuit, non seulement le fret se retrouve quasiment interdit de séjour, mais le train de nuit rejoint de cortège des bannis du rail.

Allez, soyons fous et jetons les bases raisonnablement ambitieuse de ce que pourrait être une relance des trains de nuit. Bonne lecture !