Il n'y aura pas d'inauguration officielle en raison d'un désaccord sur le financement avec la Région Occitanie mais à compter du 7 juillet, les trains de voyageurs emprunteront le Contournement de Nîmes et Montpellier, ouvert en décembre dernier aux marchandises, et qui accueille en moyenne (hors grève évidemment) environ 25 trains par jour.

Surtout, ce samedi, la gare de Montpellier Sud de France, aussi vaste que fantomatique, va accueillir ses premiers voyageurs. On rappelle son coût, qui n'a rien d'anodin : 135 M€. La desserte comprendra 4 allers-retours par jour dont 1 pour Paris en TGV, 1 pour Roissy en Ouigo et 2 Intercités Bordeaux - Marseille déviés de la ligne historique. Ces derniers seront donc assurés par des rames Corail, comme aujourd'hui, à une vitesse maximale de 160 km/h, mais impérativement tractés par des locomotives bicourant puisque CNM est électrifié en 25 kV.

Pour l'instant, la SNCF ne veut pas aller plus loin compte tenu de l'absence de connexion avec la gare centrale de Montpellier et de desserte du bassin nimois. La gare de Manduel sera en principe ouverte en fin d'année 2019 et sera connectée au réseau classique.

Montpellier Sud France

La nouvelle gare de la métropole monptelliéraine cumule les handicaps : excentrée, brouillant la lisibilité du service, isolée du reste du réseau ferroviaire et sans accès commode au centre-ville. Bref, gagner du temps pour en perdre, le tout pour 135 M€... (cliché SNCF Réseau)

Cependant, le bénéfice de ces deux nouvelles gares reste des plus discutables : si les voyageurs pourront gagner 15 minutes, ce gain sera largement consommé par l'augmentation du temps de parcours pour accéder à la gare, à l'exception des voyageurs venant du littoral. Mais pour la majorité de la population de la métropole montpelliéraine, située au nord des voies ferrées historiques, le parcours d'approche sera augmenté de 40 minutes... en attendant le prolongement de la ligne T1 du tramway d'Odysseum à la gare Sud de France en 2022 au mieux.

La nouvelle gare de Manduel aura, elle, l'avantage d'être également desservie par les TER sur la ligne historique, mais pour atteindre Nîmes, la perte de temps sera de l'ordre de 15 minutes à 20 minutes selon la qualité des correspondances, puisqu'il faudra 8 minutes pour relier la gare TGV de Manduel et la gare centrale de Nîmes.

A sa mise en service, la SNCF envisage une desserte à peu près à parité entre les deux itinéraires, avec des Intercités majoritairement par la ligne classique et la moitié de l'offre TGV par les gares centrales de Nîmes et Montpellier : assurément, la lisibilité de la desserte languedocienne y perdra, l'intermodalité aussi puisque les TGV transitant par CNM ne pourront pas donner correspondance à l'ensemble des TER comme actuellement. A Manduel, seuls sont prévus les trains de l'arc languedocien, mais les trains pour Le Grau du Roi, Alès, Mende et Clermont-Ferrand ne seront accessibles que par les trains restant sur la ligne historique.