27 janvier 2016

Suisse : un tunnel en essai, un autre percé

Les essais en vue de la mise en service du tunnel du Gothard se poursuivent et ce sont désormais de quasi vrais trains qui sont engagés depuis samedi dans le tunnel : deux wagons avec des camions assurent des navettes qui monteront en puissance à la fois en nombre de circulations (3500 sont prévues d"ici juin) et en consistance (longueur et masse des convois). Le plus long tunnel ferroviaire du monde ouvrira le 1er juin prochain, précédant un week-end de festivités les 4 et 5 juin.

En outre, le tunnel du Ceneri, d'une longueur de 15,7 km, a été percé ce week-end. Sa mise en service est prévue en 2021. De quoi amplifier le captage du trafic entre l'Italie, l'Allemagne, le Bénélux et les ports de la mer du Nord en évitant la France...

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26 janvier 2016

La Côte fleurie : le train sur la plage

A priori, il est assez étrange que transportrail vous emmène sur les plages de Normandie en plein mois de janvier : ceci dit, la côte fleurie offre quelques jolis coups d'oeil en hiver, et Deauville est un peu moins parisienne hors saison. Du moins, ce nouveau reportage vous donnera peut-être quelques idées pour vos prochaines escapades...

La ligne à voie unique de Trouville-Deauville à Dives-Cabourg est la dernière d'un réseau assez maillé de lignes entre l'axe Paris - Cherbourg et la côte et témoigne du lien très étroit entre le développement du chemin de fer et du tourisme balnéaire dans la seconde moitié du 19ème siècle. Les chemins de fer de l'ouest et ceux du Nord se disputaient la clientèle parisienne en proposant les itinéraires les plus rapides pour accéder à la mer.

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Aujourd'hui, la vocation de la ligne reste essentiellement ciblée sur les loisirs et dépend d'abord de la clientèle parisienne. Il suffit de décortiquer la desserte en basse saison pour le comprendre. Avec un aller pour Trouville-Deauville le lundi matin, aucun service le mardi et le mercredi, un retour le jeudi et le vendredi soir, deux allers-retours le samedi et trois le dimanche, les intentions sont claires. En revanche, les 8 allers-retours estivaux affichent complet.

La ligne fut menacée de disparition dans les années 1990 et la mobilisation des élus locaux et des voyageurs a permis d'écarter le spectre du démantèlement. Elle a certes perdu les liaisons directes avec Paris lors de l'électrification de Mantes - Cherbourg en 1995. Modernisée dans le cadre du CPER 2000-2006, l'avenir de cette ligne est plus serein.

Prenez place à bord de l'autorail dans notre nouveau dossier qui attend vos commentaires...

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25 janvier 2016

Portiques : une nouvelle cause de retard

A cause de la ministre de l'écologie, la SNCF devra reprendre les annonces sonores dans les gares : le premier bilan de l'exploitation des portiques de contrôle des bagages à l'embarquement dans les Thalys à Paris Nord est sans appel avec un retard moyen de 15 minutes. Pire, certains voyageurs sont encore dans la file d'attente quand le train part.

La direction de la SNCF reconnaît la situation et affirme déjà plafonner le nombre de voyageurs contrôlés. Bref, le dispositif voulu par Ségolène Royal démontre de façon irréfutable qu'il n'est pas applicable... et encore moins généralisable. La ministre avait déclaré que les français "accepteraient de perdre 5 minutes pour leur sécurité". En réalité, c'est au minimum 15 minutes, 30 sur un aller-retour, voire un peu plus si le train vous file sous le nez, car il faut bien dégager les voies à quais au risque de paralyser le réseau. Certains voyageurs envisagent de reprendre leur voiture si le dispositif était maintenu, ce que, manifestement, la SNCF ne souhaite pas.

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Echange des billets payant : réaction de la FNAUT

La SNCF a annoncé qu'elle rendrait désormais payant l'échange ou le remboursement des billets : 5 € jusqu'à la veille du départ et 15 € le jour même. L'objectif de l'opérateur est d'enrayer la chute du remplissage de ses trains : celui des TGV est en effet tombé à 65% contre 75% voici encore deux ans. La SNCF assure en échange pouvoir par ce biais moduler l'évolution des tarifs jusqu'à la dernière minute.

La FNAUT réagit en considérant que ces mesures ne vont pas dans le bon sens en dégradant l'attractivité du train, déjà considéré cher, face au développement des autres modes de transport comme le covoiturage et l'autocar. Elle rappelle que l'échange de billets avant le départ est déjà payant puisque le nouveau billet est généralement plus cher que l'ancien. La FNAUT demande que ces mesures ne soit applicables qu'aux TGV complets. Elle considère les mesures décidées incohérentes sur les Intercités à réservation facultative. L'association rappelle que les voyageurs, même dits "Loisirs" n'ont pas forcément la possibilité de connaître trois mois à l'avance leurs besoins de déplacement : or les achats de billets en dernière minute sont aujourd'hui à un tarif jugé prohibitif par une majorité de clients.

En outre, ces mesures ne s'appliqueront pas aux tarifs Pro. Bilan, le TGV risque de ressembler de plus en plus à ce qu'il devait être aux yeux de certains à la fin des années 1970 : un train d'affaires, rapide, confortable, avec du service, mais cher. Pour les autres, la route vous est grande ouverte.

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23 janvier 2016

De Brive à Limoges par Pompadour

Elle apparaît aujourd'hui comme une incongruité ferroviaire : le trafic entre Limoges et Brive est modeste, et le réseau dispose de deux infrastructures. Il y a bien évidemment l'axe Paris - Toulouse, objet d'un programme de renouvellement. Mais il y a aussi l'itinéraire "bis" via Pompadour... qui fut durant une quinzaine d'années l'itinéraire principal du Paris - Orléans, au cours de la constitution de cette grande radiale.

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Vignols Saint Saulve - 28 juin 2015 - Rail et terroir : une voie unique, un tunnel, un village perché sur sa colline. Une petite auberge pour déguster une bonne viande du Limousin après une randonnée dans la campagne ? En revanche, l'amateur d'X2200 devra se faire une raison puisque la dotation de Limoges a disparu : les X73500 ont pris la relève (quand ils shuntent correctement...)© A. Vallet

Aujourd'hui cantonnée à un rôle très secondaire avec 3 allers-retours de bout en bout et  3 allers-retours partiels, l'avenir de la ligne est en pointillés. Il y a bien quelques crédits prévus au CPER Limousin pour la période 2016-2020, sur les sections Limoges - Pompadour et Objat - Brive, mais pas de quoi assurer la pérennité de la ligne. Elle fait donc partie de ces quelques "chefs d'oeuvre en péril" à visiter rapidement... sait-on jamais... Bref de prime abord, la ligne n'a pas d'avenir, mais au second ?

Le nouveau dossier de transportrail consacré à la ligne de Brive à Limoges par Pompadour est en ligne et attend vos commentaires !

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21 janvier 2016

TET : les raisons d'un appel d'offres

Il y avait eu beaucoup de spéculations et même de pressions, des industriels et des élus, en faveur d'une solution rapide pour les TET, au travers de l'utilisation des marchés existants, Régiolis chez Alstom et Régio2N chez Bombardier, desquels pourraient sortir des versions plus ou moins compatibles avec les besoins des liaisons Intercités (voir notre article du 12 juin 2014).

Un appel d'offres pour un matériel universel ?

Finalement, l'Etat s'oriente vers le lancement d'un appel d'offres, arguant de la difficulté juridique à intégrer dans ces marchés des versions assez différentes de ces produits. La position de l'Etat, qui sera confirmée le 18 février prochain, pose toutefois plusieurs questions. L'appel d'offres lancé couvre les axes Paris - Clermont Ferrand, Paris - Toulouse, Paris - Cherbourg et Bordeaux - Nice. On notera d'emblée qu'il y aurait tout intérêt à y associer Paris - Le Havre dont les enjeux et contraintes sont similaires à Paris - Cherbourg.

En revanche, le risque est de mettre à l'écart les autres liaisons TET et notamment celles reliant Paris à la Picardie et au Val de Loire dont le besoin de renouvellement du parc est également avéré.

L'analyse du marché repose principalement sur deux critères : la vitesse et la capacité d'emport.

Sur le plan de la capacité, les besoins sont hétérogènes :

  • POLT ; Paris - Clermont Ferrand et Transversale Sud : 850 à 900 places ;
  • Paris - Picardie et Paris - Val de Loire : 1000 à 1200 places ;
  • Paris - Normandie : 1000 places mais avec une forte contrainte de longueur de quai (300 m) alors que les autres axes disposent de quais de 400 m.

Sur le plan de la vitesse, la situation est loin d'être figée :

  • Paris - Picardie : 160 km/h maximum ;
  • POLT, Paris - Clermont Ferrand et Paris - Val de Loire : 200 km/h possible, donc potentiellement 220 km/h si les performances de freinage sont compatibles avec le découpage actuel de la signalisation (cf. TGV Atlantique sur Tours - Bordeaux) ;
  • Transversale Sud : tout dépend si le matériel doit pouvoir emprunter des LGV existantes (notamment LN5 entre Manduel et Marseille), à l'étude (Bordeaux - Toulouse et Montpellier - Perpignan) ainsi que le contournement de Nîmes et Montpellier. Si la réponse est positive, une vitesse tendant vers les 249 km/h (vitesse maximale avant application de la STI grande vitesse) serait donc nécessaire
  • Paris - Normandie : le projet comprend une section en Ile de France à 200 km/h et vise les 249 km/h sur les autres sections, notamment Mantes - Evreux et Sotteville - Yvetot qualifiées de prioritaires.

Deux matériels nécessaires

Il apparaît donc de cette analyse sommaire que l'hypothèse d'un matériel unique est probablement condamnée à l'échec, par la diversité des besoins et des contraintes ne pouvant trouver de solution adaptée dans un produit unique. Les axes Paris - Clermont, Paris - Toulouse et Bordeaux - Nice pourraient justifier d'une formation de base de 200 m de long, à un seul niveau, apte à 249 km/h pour pratiquer une vitesse de 220 km/h sur les zones existantes aptes à 200 km/h (cas de Paris - Clermont et Paris - Toulouse) et emprunter les lignes nouvelles Bordeaux - Toulouse, Montpellier - Perpignan, le contournement de Nîmes-Montpellier et la LGV Mediterranée pour accélérer la transversale sud.

Cependant, sur cet axe, si toutes ces lignes nouvelles, soutenues par l'Etat, étaient réalisées, ne serait-il pas opportun de profiter du sureffectif TGV pour y engager quelques rames, rames qui pourraient rouler à la vitesse maximale des infrastructures nouvelles au fur et à mesure de leur réalisation (la question du financement étant considérée alors soldée...) ?

Reste le cas de Paris - Cherbourg / Le Havre, axes sur lesquels le coupon de base de 200 m (400 m en UM2) n'est pas compatible avec les longueurs contraintes de la gare Saint Lazare. Une version adaptée n'offrirait pas une capacité suffisante par rapport aux besoins, et seules des rames à 2 niveaux peuvent atteindre l'objectif. Inversement, les rames à 2 niveaux ne sont pas possibles sur tous les axes, notamment sur POLT, dont les tunnels au sud de Limoges ne dégagent pas un gabarit suffisant. Le nombre à traiter rendrait la facture redhibitoire.

Bref, intégrer Paris - Normandie à cet appel d'offres ressemble à une fausse manoeuvre. Sauf à disposer des moyens pour développer un second matériel, à deux niveaux et d'une longueur maximale de 300 m en UM2 pourrait trouver une solution avec l'Omneo Premium de Bombardier... mais à 200 km/h seulement. Cependant, les sections Mantes - Evreux et Sotteville - Yvetot apparaissent un peu courtes pour qu'une vitesse supérieure ait un impact visible sur l'horaire. Comme l'échéance du contournement sud de Mantes et de la section Mantes - Sotteville apparaissent lointains et assurément postérieurs à la fin de vie des Corail, deux matériels s'avèrent donc d'ores et déjà nécessaires pour les axes définis par l'Etat.

Cela tombe bien, le matériel conçu pour la Normandie répondrait également aux besoins pour Paris - Val de Loire (Orléans, Tours, Bourges) et Paris - Picardie (Amiens, Saint Quentin et Boulogne après électrification d'Amiens - Rang du Fliers), dont les vitesses cibles sont respectivement de 220 km/h et 160 km/h.

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TET : un débat parlementaire ?

C'est en mai que le préfet Philizot rendra ses propositions sur le devenir des Trains d'Equilibre du Territoire. Après les préconisations de la commission Duron, celles très malthusiennes de la SNCF, quelles seront les conclusions de ce troisième point de vue ? L'Association des Maires de France demande un débat parlementaire, considérant que le sujet est aujourd'hui piloté de façon uniquement financière sans aucune approche sur la réalité des besoins des territoires et des populations. Même discours à l'Association des Régions de France. Mais ce n'est semble-t-il pas la position de Bercy...

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LGV Est : la phase 2 en juillet

Suite à la catastrophe d'Eckwersheim à l'issue de la campagne d'essais de la seconde phase de la LGV Est, l'ouverture initialement prévue en avril prochain avait été reportée sine die. SNCF Réseau a annoncé hier être en mesure d'exploiter partiellement la ligne à partir de juillet. Les trains circuleront sur une seule voie en amont du raccordement au réseau classique tant que l'enquête n'aura pas été achevée, ce qui conditionne les travaux de reconstruction. Le gain de temps sera donc plus faible que les 30 minutes annoncées. SNCF Réseau n'annonce pas encore de date pour l'exploitation nominale de la ligne, prévoyant 7 mois de travaux et plusieurs dizaines de millions d'euros à sa charge.

Par ailleurs, la constitution d'une nouvelle rame d'essais est en cours afin de conforter les dates de mise en service l'année prochaine de BPL, SEA et du contournement de Nîmes-Montpellier.

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19 janvier 2016

Lorraine - Luxembourg : décalages sur l'ERTMS

A partir du 1er janvier 2020, tout train circulant sur le réseau des Chemins de Fer luxembourgeois devra être équipé pour la signalisation ERTMS. Or le matériel de la SNCF assurant les TER transfrontaliers entre Nancy, Metz, Thionville et Luxembourg n'est pas équipé. Le devis d'installation est estimé à près de 28 M€ pour équiper 25 rames TER. Cependant, le délai de mise en place et d'homologation fait d'ores et déjà dépasser la date limite fixée par les CFL.

Le sujet n'est pas nouveau : il remonte à l'accident de Zoufftgen en 2006, quand deux trains s'étaient percutés à la frontière en raison d'une faille dans la signalisation et l'expédition "manuelle" de trains circulant sur une même voie, l'autre étant en travaux. A l'époque, le ministre des transports (Dominique Bussereau) s'était engagé sur le financement par l'Etat de l'équipement ERTMS sur le matériel français. Or l'actuel secrétaire d'Etat, Alain Vidalies, rejette l'idée de toute "continuité républicaine" évoquée par l'ancien président de la Région Lorraine.

Le président de la nouvelle Région du Grand Est (Philippe Richert) espère obtenir des CFL un report de l'obligation d'équipement ERTMS à condition d'obtenir un engagement sur le financement et les délais d'équipement du parc lorrain.

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Luxembourg - 12 octobre 2009 - Côte à côte, deux TER2Nng, l'une luxembourgeoise (en rouge) et l'autre française (en bleu) : même matériel, même service, mais la question de la compatibilité entre le matériel français et la signalisation européenne tarde à être réglé...© transportrail

On pourra tout de même s'interroger sur une certaine passivité à différents échelons face à ce sujet connu de longue date, puisque l'échéance initiale de généralisation de l'ERTMS sur le réseau luxembourgeois était fixée au 1er janvier 2017. En outre, les CFL ont également à équiper leur parc, notamment des TER2Nng identiques à celles utilisées par la SNCF en Région Lorraine...

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18 janvier 2016

Rennes - Châteaubriant vers de nouveaux horizons

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Janzé - 6 avril 2015 - L'X2144 en solo assure une liaison Rennes - Châteaubriant devant un bâtiment de pur style Ouest. Il s'agit des dernières prestations assurés par ce matériel économique mais qui, jusqu'à présent, n'a pas connu de problème de shuntage grâce au freinage à sabots sur la table de roulement. © R. Latten

Jusqu'en février 2014, Châteaubriant n'était desservie que depuis Rennes par une ligne à l'économie fragile et qui avait dû affronter à plusieurs reprises des tentatives de fermeture. L'arrivée du tram-train lui a permis de retrouver une liaison ferroviaire avec Nantes... mais sans continuité entre les deux lignes : une incongruité plus administrative que technique.

Elle est désormais à l'aube d'un nouveau jour puisque sa modernisation est prévue dans le Contrat de Plan Etat-Région 2016-2020 avec un investissement de 40 M€. Cependant, dès 2017, il faudra en passer par une réduction des vitesses autorisées en raison de l'état de la voie, et le trajet sera majoré de 20 minutes.

En attendant, transportrail vous propose de parcourir cette ligne où les X2100 assurent leurs dernières circulation en Bretagne. Le nouveau dossier est en ligne et attend vos commentaires.

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