Samedi 14 novembre, la dernière marche d'essais de la deuxième phase de la LGV Est entre Baudrecourt et Vendenheim a tourné au drame. Circulant à 352 km/h, soit 320 km/h + 10%, la rame approchant de la fin de la LGV a amorcé son freinage pour emprunter au maximum à 176 km/h le raccordement à la ligne classique. Malheureusement, dans un concours de circonstances qui reste pour partie à déterminer, la rame a abordé la courbe à 265 km/h. L'enquête interne met en cause un freinage tardif, 1000 m au-delà du point où il aurait dû être engagé. La rame a déraillé à 243 km/h et est venue percuter la poutre métallique du pont enjambant le canal de la Marne au Rhin. Elle s'est ensuite disloquée avant de finir sa course dans un champ et dans le canal. Cet accident a fait 11 morts et 42 blessés.

Des premiers éléments de l'enquête, il ressort que 7 personnes était présentes en cabine au lieu de 3 à 4 habituellement (2 conducteurs dont un aux commandes, un  cadre-traction et le responsable des essais), et qu'à bord du train, certains membres de la famille de l'équipe d'essais avait pris place : une pratique qui n'est pas reconnue par la SNCF a indiqué Guillaume Pépy dès samedi.

La SNCF annonce un réexamen des procédures d'essais d'homologation et poursuit son enquête - parallèlement à celles du BEA-TT et du parquet de Strasbourg - pour établir précisément le contexte dans lequel s'est déroulé cet accident, le plus dramatique et le plus imprévisible qu'ait jamais connu le TGV.