Son sort est probablement déjà scellé. Ce n'est pas véritablement une surprise, mais c'est à elle seule l'illustration la plus frappante des difficultés du chemin de fer en France. Le service voyageurs sur la ligne des Causses, entre Béziers et Neussargues, va probablement disparaître dans les mois à venir. Seule incertitude, la section de plaine entre Millau et Béziers, mais pour laquelle on sent bien peu de mobilisation. La ligne restera ouverte pour les besoins de la desserte de l'usine Arcelor de Saint Chély d'Apcher, mais pour combien de temps ?

La ligne des Causses, c'est d'abord la traduction des effets d'une politique des transports dominée par la construction d'autoroutes, et dans le cas présent d'une autoroute essentiellement gratuite (seul l'emprut du viaduc de Millau est payant), et d'investissements réduits à la portion congrue. Il y a 15 ans, le ministre des transports de l'époque voulait faire de la ligne un axe stratégique pour le fret. Peine perdue après le coup de communication reposant sur des bases particulièrement instables et après quelques travaux pour faire bien dans la presse locale.

C'est aussi la concrétisation d'un chemin de fer qui ne sait pas mettre en avant ses principaux atours touristiques. Dans un pays où l'économie des loisirs représente une part croissante de la création de richesse (surtout quand le reste est en panne sèche), comment ne pas faire le parallèle avec des pays voisins où le tourisme vert n'est pas oublié dans la stratégie des entreprises ferroviaires.

Notre nouveau dossier est consacré à la ligne des Causses. A vos commentaires !