26 février 2015

Strasbourg - Epinal : voyage au travers des Vosges

En lien avec notre dossier sur les enjeux ferroviaires dans la nouvelle Région "Grand Est" (appellation purement Transport Rail), un reportage sur le transvosgien constitué des lignes Strasbourg - Saint Dié et Saint Dié - Epinal. Une ligne aux multiples vocations, typée "périurbain" entre Strasbourg et Molsheim avant de prendre un caractère plus rural au fur et à mesure qu'on s'engage dans le massif vosgien. Rothau apparaît comme une véritable rupture, non seulement parce que la ligne passe à voie unique avec un état plus dégradé, mais aussi parce que cette gare marque l'amorce d'un tracé plus difficile avant de franchir le col de Saales en tunnel et de basculer sur Saint Dié et la vallée de la Meurthe.

La seconde partie du trajet, entre Saint Dié et Epinal, traverse en voie unique un paysage moins montagneux, en partie dans la vallée de la Vologne, avant de rejoindre la Moselle et Epinal, préfecture des Vosges.

A découvrir dans le dossier Transvosgien de Transport Rail. A vos commentaires !

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Rail et réforme territoriale : le Grand Est

Premier volet d'une série consacrée aux enjeux ferroviaires liés à la réforme territoriale. Le redécoupage de la cartographie administrative de la France va impacter profondément le fonctionnement des autorités organisatrices de transport en modifiant les relations qu'entretiennent les grandes agglomérations entre elles. Des liaisons aujourd'hui interrégionales, pas toujours traitées comme il se doit, deviendront intrarégionales et auront un rôle différent puisqu'elles devront contribuer à un nouvel équilibre dans les relations économiques.

Ce premier dossier s'intéresse à la fusion des Régions Alsace, Lorraine et Champagne Ardenne, avec le confortement de Strasbourg dans son rôle de première métropole de l'est de la France. Si les relations avec la Lorraine sont relativement aisées quoique de qualité assez inégale selon qu'il s'agit de relier Nancy ou Metz, la question de la desserte des vallées vosgiennes, de l'Alsace du nord, plus vallonnée et surtout plus rurale, et singulièrement le décalage entre une polarisation administrative sur Strasbourg et un territoire champenois largement tourné vers la mégapole parisienne, sont autant de sujets plaçant le transport ferroviaire au centre des enjeux de structuration de ce nouveau territoire.

A vos commentaires !

Nous vous rappelons également nos autres dossiers sur les lignes régionales du Grand Est :

 

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25 février 2015

Allemagne : poussée fulgurante de l'autocar

Le 1er janvier 2013, le marché du transport routier de voyageurs a été libéralisé en Allemagne. Jusqu'alors, seules les liaisons non desservies par train pouvaient être créées par des compagnies routières. A l'issue d'une année d'ouverture du marché, 8,2 millions de voyageurs avaient été transportées par autocars. L'année 2014 marque une croissance fulgurante de ce mode de transport puisque 19,6 millions de voyageurs les ont empruntés.

La DB a perdu 120 M€ de chiffres d'affaires en 2013. Le niveau de pertes n'est pas encore connu pour 2014 mais la DB annonce réagir en développant ses propres services. Elle assurait sur 25 lignes pas moins de 150 rotations : elle devrait quadrupler son offre d'ici fin 2016.

En moyenne, l'autocar est 3 fois moins cher que le train, même à la dernière minute, et la perte de temps est en moyenne de 30 minutes par rapport au train. D'après une enquête réalisée auprès des clients de l'autocar, 76% d'entre eux l'ont choisi pour le prix du voyage.

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Cologne Hauptbahnof - 14 septembre 2013 - Les relations Intercity de la DB dispose d'un matériel relativement récent tracté par des locomotives puissantes et véloces. Le produit est peut-être appelé à évoluer pour tenir compte des nouvelles attentes du public, focalisées sur le prix du voyage. © transportrail

Les autocaristes misent aussi sur les services à bord, notamment le Wifi, une bibliothèque de films et de musique à bord et une certaine souplesse sur les bagages puisqu'ils admettent 2 valises et un sac sans supplément. Les gros colis ou les vélos sont acceptés moyennant une surtaxe de 9 €.

La croissance du marché a aussi entraîné une restructuration du secteur. La compétition sur les prix a fait des dégats et certaines compagnies ont abandonné leurs prestations. C'est notamment le cas de City2City, filiale allemande du groupe britannique National Express. Actuellement, 2 compagnies détiennent 67% du marché du transport par autocar en Allemagne.

La DB souhaite donc renforcer sa présence sur les routes afin de conserver des parts de marché quitte à changer de mode de transport. Elle considère cependant que la concentration du secteur aura à terme pour effet d'augmenter les prix et de réduire le périmètre des dessertes aux axes les plus rentables. Au Royaume Uni, National Express est en quasi monopole depuis la dérégulation complète mise en place en 1985.

Ce regard sur le marché allemand prouve que même avec un réseau ferroviaire relativement performant et proposant une offre soutenue, le train peut être fortement bousculé par l'autocar dans une période où les clients changent de paradigme et fondent leur choix d'abord sur le prix et ensuite le contenu de la prestation. Pour les compagnies ferroviaires, cela veut dire que la logique de différenciation par la vitesse - et accessoirement le confort - ne suffit plus d'autant plus qu'elle conduit à des investissements difficilement mobilisables en période de vaches maigres et à des coûts d'exploitation élevés qui se répercutent ipso facto sur le prix du billet. Cela ne veut pas dire que la vitesse n'a plus d'avenir, mais qu'elle est de moins en moins un facteur décisif dans le choix modal des voyageurs.

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Berlin Hauptbahnof - 28 septembre 2014 - Entrée d'un ICE2 circulant sur la Stadtbahn (avec en prime la tour de l'ancienne télévision est-allemande dans le cadre) : les tarifs occasionnels des trains rapides allemands souffrent de la concurrence brutale des autocars. © transportrail

Dans le cas français, la libéralisation de l'autocar, qui devrait être effective cet été après le passage au Sénat puis le retour à l'Assemblée Nationale de la loi Macron, pourrait avoir des effets encore plus rapides et plus violents sur le transport ferroviaire compte tenu de la fragilité du système ferroviaire français, d'un réseau en état médiocre aux offres souvent peu attactives du fait d'une focalisation sur la grande vitesse qui, si elle a au moins pendant 30 ans permis de sauver le transport ferroviaire, voit ses effets s'essoufler et balayés par une évolution radicale du comportement des clients.

Il est donc grand temps de se pencher sur un autre modèle économique pour le transport ferroviaire, déjà malmené en France par le transport routier dans le domaine des marchandises, avant que l'autocar ne raffle la mise ce qui sera plus facile de ce côté-ci de la frontière compte tenu de l'état de l'offre, proposant soit un TGV rapide mais onéreux (sauf conditions tarifaires spécifiques mais contraignantes) et des lignes classiques à l'offre périclitante. Mais les moyens à consentir sont élevés et les ressources quasiment nulles.

Fallait-il se précipiter sur la libéralisation de l'autocar : assurément non. Mais stratégie politicienne et stratégie ferroviaire font rarement bon ménage...

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24 février 2015

Pays Bas : Delft traversée en tunnel

Dans la nuit du 21 au 22 février dernier, les chemins de fer hollandais ont basculé l'exploitation de la ligne Rotterdam - La Haye dans le nouveau tunnel succédant au viaduc traversant la ville de Delft. Mise en service en 1847, la ligne historique avait été parachevée par la construction du bâtiment voyageur de la gare de Delft en 1885. En 1964, la traversée à niveau de la ville était remplacée par un viaduc, fort peu gracieux mais qui avait l'avantage de supprimer quantité de passages à niveaux. La création d'une ligne nouvelle en souterrain a débuté en 2009 et le tunnel était achevé en septembre 2014. Long de 3400 m, le coût du ptrojet atteint 323 M€ incluant une gare souterraine à quai unique central entre les deux voies de circulation. Elle a été construite en grande partie à ciel ouvert. Le bâtiment voyageur existant a été conservé en espace commercial attenant à la gare.

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Le nouveau bâtiment voyageur de la gare de Delft met en avant une façade assez largment vitrée dans laquelle va se refléter la partie historique de la ville, située dans le dos du photograhe. (cliché X)

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A l'intérieur de la gare, on notera tout particulièrement le plafond du hall voyageur reprenant une cartographie ancienne de la ville. Le dimensionnement généreux des espaces est également à remarquer. (cliché X)

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Delft - 27 mai 2012 - Arrêt d'une automotrice Sprinter dans l'ancienne gare de Delft. Désormais, l'espace ferroviaire est reconvertible et la circulation des trains se fait en tunnel. © transportrail

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Hitachi rachète AnsaldoBreda

Le groupe japonais Hitachi et l'italien Finmeccanica ont conclu l'accord prévoyant les conditions du rachat de l'intégralité des activités ferroviaires d'AnsaldoBreda et de 40% des activités systèmes de la branche Ansaldo STS. Déjà bien implanté au Royaume Uni, le groupe japonais remporte la mise avec le groupe italien à la santé périclitante depuis deux ans. C'est l'occasion pour l'entreprise nipponne de miser sur ses implantations européennes pour tenter de répondre aux prochains appels d'offres tant sur le matériel roulant mais aussi sur les systèmes de signalisation ferroviaires et urbains. Le jeu habituel des entreprises européennes pourrait être modifié par l'arrivée d'un puissant groupe qui pourrait s'appuyer sur l'expérience de son marché intérieur mais aussi de ses récents succès britanniques pour développer ses activités sur le vieux continent.

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Rouen Saint Sever avance d'un cran

C'est un projet dont on entend parler depuis plus de 20 ans et qui cette fois-ci semble sur les rails. Victime de son exiguïté et d'un trafic croissant, la gare de Rouen Rive Droite est saturée. Coincée entre deux tunnels dans une tranchée étroite, elle n'offre plus une capacité suffisante ni pour les trains (longueur des quais, nombre de voies) ni pour les voyageurs (circulations verticales des quais pour rejoindre le bâtiment et la ville). Aussi, le principe d'une nouvelle gare a été envisagé et fait aujourd'hui l'objet d'un protocole de financement sur la création d'une infrastructure nouvelle en rive gauche de la Seine, évitant la gare actuelle située en rive droite. Le site retenu est celui de Saint Sever, sur des terrains de l'ex-SERNAM, impliquant une ligne nouvelle essentiellement souterraine longue de 6 km entre Sotteville et Maromme, longeant la Seine.

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Rouen Rive Droite - 7 juin 2013 - Entrée en gare du TER en provenance de Caen assuré par un XGC Bass Normandie. L'exiguité de la gare limite sa capacité à 25 trains par heure, deux sens cumulés, quand le besoin évalué par la Région est de 50 à moyen terme et de 80 à long terme. © transportrail

La nouvelle gare permettra donc de "faire sauter le bouchon" rouennais et ainsi d'augmenter le nombre de dessertes ferroviaires sur l'étoile de Rouen. Elle constitue un élément indispensable à la première phase du projet LNPN, c'est à dire la sortie de Paris jusqu'à Mantes la Jolie, pour augmenter le nombre de trains sur l'axe Paris - Le Havre.

La gare de Rouen Rive Droite et le tracé actuel ne seront pas pour autant abandonnés, puisqu'un projet de desserte périurbaine devrait être lancé parallèlement à la nouvelle gare pour constituer un nouvel axe est-ouest dans l'agglomération, profitant du basculement du trafic des lignes du Havre et de Dieppe par la nouvelle infrastructure.

En revanche, les connexions au réseau urbain de Rouen restent à préciser, de nature à justifier une évolution du réseau de tramways.

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23 février 2015

Lyon - Givors : vers une nouvelle station TER

La section Lyon Perrache - Givors Canal est la seule partie de la ligne de rive droite du Rhône ouverte au trafic voyageurs depuis la fermeture de la section Givors - Nîmes en 1972. Elle est utilisée par la relation Lyon - Saint Etienne qui se partage entre les deux itinéraires. Les trains allant vers la gare de Lyon Part Dieu traversent le Rhône entre Givors et Chasse sur Rhône tandis que les trains vers Lyon Perrache circulent en rive droite.

La desserte comprend en heures de pointe 2 TER Lyon Perrache - Firminy ne desservant - entre Lyon et Givors - que la gare d'Oullins, proposant une correspondance avec le métro B pour rejoindre le quartier de Gerland et la Part Dieu, et 2 TER Lyon Perrache - Givors desservant toutes les gares (Oullins, Pierre Bénite, Vernaison, Grigny le Sablon, Givors Canal et Givors ville). En heures creuses, un TER par heure assure la desserte de toutes les gares entre Lyon et Firminy. L'offre la plus rapide est assurée au départ de la Part Dieu, donc par la rive gauche, toutes les 30 minutes, sur laquelle s'ajoutent des trains directs (TGV Paris - Saint Etienne et quelques TER Lyon - Le Puy).

La rive droite assure donc une fonction de complément et de cabotage local dans un tissu urbain de plus en plus dense. Depuis près de 20 ans, la Région Rhône-Alpes cherche à développer le rôle du transport ferroviaire dans les déplacements de la métropole lyonnaise. Le projet d'une nouvelle station TER au sud de Pierre Bénite, près de l'échangeur des autoroutes A7 et A450 (Lyon - Brignais) s'inscrit dans ce cadre. Il sera mis en enquête publique dans quelques semaines.

Irigny - 24 mai 2004 - La rive droite du Rhône est majoritairement desservie par des rames TER2N. Il y a 10 ans, les Z23500 étaient les  pionnières de ce type de matériel en Rhône-Alpes. La 23539 passe au passage à niveau des Selettes, située au sud du futur emplacement de la station d'Yvours en projet. © Lyonrail

La nouvelle gare sera située dans le quartier d'Yvours et accessible par une nouvelle voirie. Sur le plan ferroviaire, elle comprendra 2 quais longs de 170 m pouvant accueillir 2 rames TER2Nng ou 2 Régio2N, et une passerelle pour rejoindre le quai 1 en direction de Givors. Elle sera dotée d'un parking de rabattement de 290 places, de 6 emplacements d'arrêts pour autobus et autocars et de stationnement pour les vélos.

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L'objectif est de drainer localement les automobilistes vers la gare d'Yvours pour éviter d'augmenter le niveau de saturation de l'A7. Etant donné que la gare sera située dans la deuxième couronne de l'agglomération, le rabattement par transports en commun supposera une adaptation des lignes d'autobus urbaines et interurbaines désormais gérées par le SYTRAL seul et une évolution de la politique tarifaire. Actuellement, deux formules existent : soit un usage illimité des TER dans le périmètre urbain (donc avec toutes les lignes du SYTRAL) pour 76,40 €, ou le couplage d'un abonnement TER limité à une relation (exemple Lyon Perrache - Yvours) avec une remise de 20% par rapport à l'addition des deux abonnements.

Il faudra enfin s'interroger sur l'attractivité d'une liaison certes rapides (tout au plus 10 minutes entre Yvours et Perrache, ce qui n'est guère réalisable qu'en nuit par la route) mais niveau d'offre constant, c'est à dire au mieux 2 trains par heure. Or dans un environnement urbain doté de lignes de bus proposant un intervalle de 10 à 15 min, une offre à la demi-heure semble insuffisamment attractive pour modifier les comportements.

D'où la proposition de Transport Rail d'ajouter au projet une modification du plan de voies pour intégrer une voie centrale pour le retournement de trains terminus Yvours afin de doubler l'offre entre Lyon et Yvours. La capacité de l'infrastructure n'est pas un problème majeur jusqu'à Perrache et le retournement de ces renforts pourrait être effectué soit à Lyon Perrache soit à Lyon Vaise, en attendant un éventuel prolongement plus au nord, jusqu'à Saint Germain au Mont d'Or, faisant alors de la gare d'Yvours la première pierre d'une nouvelle politique de desserte ferroviaire dans l'agglomération lyonnaise.

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Chemins de fer de Provence : nouveau matériel et investissements en vue

Le service des Chemins de Fer de Provence est actuellement allégé, en principe jusque fin mars, en raison de la rénovation des 6 autorails SY pour lesquels le STRMTG, en charge des aspects sécuritaire, a demandé la réalisation immédiate de travaux de mises aux normes. D'un coût de 180 000 €, ces travaux s'achèvent et les CP rétablissent progressivement le service ferroviaire de bout en bout. La grille horaire en date du 9 février 2015 ne prévoit cependant de circulations ferroviaires Nice - Digne en train que le week-end : il faudra donc attendre encore un mois en principe pour retrouver l'intégralité de la desserte par autorails.

En outre, à l'été, devraient arriver 6 automoteurs à 3 caisses en provenance des Baléares. Acquis pour 3 M€, ces rames construites par CAF viendront renforcer le parc des CP et surtout augmenter la capacité de transport pour la desserte périurbaine niçoise. Leur mise en service est attendue en janvier 2016 mais il faudra procéder à plusieurs modifications sur ces rames livrées au début des années 2000. En effet, elles ont été conçues pour l'exploitation de lignes munies de quais hauts avec un plancher à 1,05 m sans emmarchement intermédiaire. Or les quais des CP sont de type bas, le plus souvent à une trentaine de centimètres au-dessus du rail. De ce fait, même la création d'un mécanisme escamotable, ces rames ne seront pas accessibles. En revanche, leur grande capacité et leurs deux portes par face seront appréciables sur la banlieue niçoise.

Enfin, le CPER 2015-2020 met dans les négociations les CP avec d'une part 80 à 90 M€ pour la modernisation de la section Nice - Plan du Var qui intégrerait une électrification et d'autre part 33 M€ (à raison de 25 pour la Région et 8 pour l'Etat) sur la section haute de cette ligne dont la Région réclame toujours le transfert de propriété de l'Etat.

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La dette continue d'augmenter

+10% : c'est l'augmentation de la dette de SNCF Réseau (anciennement RFF) en 2014. Elle atteint désormais 36,78 MM€ contre 33,7 MM€ en 2013. Autant dire que le défi que les deux présidents du groupe affirment pouvoir relever en 5 ans, stabiliser puis réduire la dette, relève de plus en plus de la haute acrobatie. La hausse est notamment due aux emprunts destinés à couvrir la part de financement à la charge du système ferroviaire pour les 4 lignes nouvelles en construction. Elle augmente aussi avec les retards de contribution des collectivités locales et de l'Etat à ces projets puisque selon le président de SNCF Réseau, le "trou" pour la seule ligne SEA atteignait 795 M€ qui s'explique par deux phénomènes :

  • Plusieurs collectivités situées sur SEA suspendent ou annulent leur subvention du fait des craintes - en grande partie avérées - de diminution de l'offre TGV sur les territoires concernés, du fait du niveau élevé des péages destinés à amortir la construction et l'exploitation de cette LGV apte à 320 km/h dont le coût de construction est particulièrement onéreux (7 MM€ pour 300 km) : mécaniquement, SNCF Mobilités cherche à optimiser sa capacité de transport, notamment en utilisant des rames Duplex (qui continuent d'être livrées pour maintenir de la production chez Alstom plus que par insuffisance du parc existant) afin de maintenir l'offre en nombre de places avec moins de trains ;
  • Les élus situées au-delà de Bordeaux gèlent leurs contributions tant que les sections Bordeaux - Dax et Bordeaux - Toulouse n'auront pas été gravées dans le marbre.

En outre, la baisse du trafic (fret et voyageurs) se poursuit ce qui réduit les recettes du gestionnaire d'infrastructure, dans une période d'investissement accrus au titre de la rénovation du réseau existant.

Et pendant ce temps, le vieillissement du réseau continue, laissant dans l'incertitude le sort de plusieurs lignes...

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CPER Rhône-Alpes : bonne nouvelle pour la vallée de Chamonix

Le CPER 2015-2020 de la Région Rhône-Alpes sera signé le 6 mars prochain. D'ores et déjà, les premières informations font état d'une bonne nouvelle pour la ligne Saint Gervais - Vallorcine qui bénéficiera de 28 M€ pour finaliser - du moins l'espère-t-on - la modernisation de l'infrastructure. Ne restera plus qu'à se poser la question de l'exploitation et de tendre vers une structure commune entre la SNCF et les TMR (Transports de Martigny et Région), ou le transfert de cette ligne aux TMR dans un but d'unification et d'utilisation efficiente des moyens.

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