Des élus écologistes planchent sur les Intercités

C'est suffisamment rare pour être souligné. Peu importe leur couleur politique, mais a fortiori tant mieux que ceux dont ce devrait être un axe majeur de leur discours en soient à l'origine. Plusieurs élus écologistes, soutenus par plusieurs conseillers avisés, ont conceptualisé, afin de le rendre plus "communicant", la question de l'avenir des liaisons classiques et des alternatives à des projets de lignes à grande vitesse aussi coûteuses que discutées et parfois contestables. Ayant compris que le chemin de fer ne pouvait se limiter aux grandes agglomérations et aux liaisons entre les métropoles, ils ont développé le concept de "train à haut niveau de service" en s'inspirant du "bus à haut niveau de service". On pourrait dire : "enfin !" car ce sujet mérite d'être mis sur la place publique et d'être considéré comme un sujet politique au sens noble du terme qui ne peut se résumer à des décisions de couloirs entre un Etat qui ne joue pas assez son rôle d'autorité organisatrice et la SNCF qui fait beaucoup dans son coin... et rarement dans le bon sens sur ces sujets (il suffit de constater l'ampleur du déficit d'exploitation et la croissance fulgurante du covoiturage sur les axes Intercités pour s'en convaincre).

L'idée est de valoriser le réseau existant, de le moderniser et d'en développer ses performances jusqu'à 200 / 220 km/h, de sorte à réduire les investissements en lignes nouvelles à des sections marquées soit par un effet capacitaire majeur soit pour éviter des secteurs coûteux en minutes. Ayant compris l'opportunité majeure que constituait le renouvellement des Corail, mais aussi l'impasse financière dans laquelle se trouvaient certains projets du SNIT, ils ont focalisé leur réflexion sur les axes Paris - Toulouse, Paris - Clermont et la transversale Lyon - Atlantique, concernés ou susceptibles de l'être, par le projet POCL.

L'analyse est assez semblable à celle que nous avons développé dans notre dossier sur les alternatives au POCL et sur le projet de matériel IC220

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  • Schéma très séduisant crédible (ce qui n'est pas toujours le cas de écolos), niant cependant les possibilités d'un (Bordeaux)-Limoges-Lyon via Guéret et Montluçon (seules les lignes Limoges-Lyon et Montluçon-Lyon sont évoquées, de façon séparées). La ligne entre Limoges (exactement St-Sulpice-Laurière) et Montluçon présente un tracé tortueux mais malgré tout améliorable. Il serait intéressant de relever la vitesse de cette ligne à 160 km/h à minima (voire 220 si possible).
    Si les écolos se crédibilisent, c'est tant mieux ! (Manque plus qu'ils acceptent la LN PCA, mais cela est une autre histoire...)
    Posté par T33b, 14 juin 2014 à 01:10
  • Qu'est ce que cette patte à Pithiviers ?
    Posté par Byzance, 14 juin 2014 à 04:31
  • Bonne illustration de leurs proposition. J'ai juste une interrogation sur une liaison dont je ne vois pas où ils veulent la faire passer. C'est la ligne passant par Pithiviers.

    Il existe aujourd'hui 2 itinéraires possibles. Soit par Etampes depuis Austerlitz mais la ligne est partiellement fermée à la circulation (uniquement du FRET local) et nécessiterait d'importants travaux de rénovation (passage à 2 voies contre 1 seule actuellement, remplacement des rails double-champignon par du Vignole, électrification (laquelle la plus pertinente?), installation de la signalisation et régulation adéquate, suppression de passages à niveau, ainsi que d'importants travaux de raccordement sur Fleury et Etampes).

    Soit par Malesherbes depuis Bercy dont la ligne n'est ouverte qu'au trafic FRET et nécessitera là-aussi d'importants travaux comme dans le cas précédent.

    Mais dans tous les cas, qu'est-ce qui justifie l'utilisation de cet itinéraires ? Les lignes existantes sont saturées ?

    Il est aussi traité la ligne de Bourges à Montluçon qui devra aussi subir d'importantes rénovations pour la rendre utilisable pour le trafic passagers, mais il faut reconnaître que Montluçon est aujourd'hui à l'écart des desserts grandes lignes.

    J'hallucine de voir que les Trains Nantes-Lyon passent par Massy. A quoi a alors servi l'électrification Bourges-Saincaize ? L'autre question serait aussi de savoir si l'ouverture d'une ligne Bercy-Lyon en 3h10 n'entraînerait pas de facto la diminution du nombre de voyageurs sur la LGV Sud-est et permettrait de faire diminuer le nombre de TGV en circulation et de fait régler le problème de saturation. D'un côté, comment peut-on s'étonner que la Gare de Lyon sature alors qu'on a déjà déplacé les Lyria vers Zurich depuis la mise en service de la LGV Rhin-Rhône en 2011 puis des sillons supplémentaires pour l'Espagne ?

    Comment peut-on ensuite justifier la LGV Poitiers-Limoges alors que la gare Montparnasse est aujourd'hui au bord de la saturation, puisqu'il faudra nécessairement ouvrir des sillons supplémentaires ? Ce qui est curieux, c'est qu'à chaque fois qu'on présente un projet de LGV, on invoque la saturation d'une ligne existante.

    Ensuite, quel avenir pour la ligne des Cévennes et celle des Causses ?
    Posté par Altos, 14 juin 2014 à 17:53
    • Etant donné qu'ils proposent un ligne nouvelle, on passe où l'on veut ! On peut néanmoins conjecturer que la ligne sera entièrement nouvelle entre le Ivry et le nord de Pithiviers et qu'elle suivra une portion de la ligne d'Etampes à Pithiviers (10 km en ligne droite). Pithiviers devra être contournée (250 km/h en plein ville, c'est pas possible !), probablement par l'ouest (il y a déjà une déviation routière), avec cependant un raccordement vers la gare de Pithiviers (pour les relation régionales Orléans - Gien). Et puis la ligne doit se séparer en deux : la branche d'Orléans suivra sans doute certains tronçons de la ligne Pithiviers - Les Aubrais (sur les lignes droites, ainsi qu'à l'approche des Aubrais). La branche de Montargis devrait se séparer de celle d'Orléans au sud de Pithiviers, en suivant en partie les lignes Pithiviers - Beaune-la-Rolande et Malesherbes - Montargis, avant de "shunter" Montargis pour se raccorder au sud de cette ville.
      Dans tous les cas, l'origine de la ligne sera la gare d'Austerlitz, où la capacité ne manque pas !
      Après le Paris - Lyon en 3h10, j'ai du mal à comprendre comment ils arrivent à un temps de trajet aussi long... En calculant la distance de "leur" Paris - Lyon, on approche les 500 km... soit à peine 158 km/h de vitesse moyenne ! Alors que le TEE l'Aquitaine (à 2 arrêts intermédiaires) arrivait à parcourir le Bordeaux - Paris (579 km) en 3h59 (soir une Vmoy de 145 km/h), alors qu'il ne circulait à 200 km/h que sur 329 km et que la sortie de l'Ile-de-France (env. 50 km) se faisait à des vitesses comprises entre 140 km/h et 150 km/h... De plus ils prônent un train qui accélère/décélère vite (autant que les trains suisses, soit 1,2 m/s² de 0 à 50 km/h), alors que le TEE n'avait pas cela (rame tractée). Donc j'espère que l'on fera mieux que "leur" temps de parcours : disons 2h40 avec 3 arrêts -Nevers, Moulins, Roanne-, soit une Vmoy de 187,5 km/h (ce qui est largement faisable avec un tracé permettant 250 km/h sur environ 170 km et 220 km/h sur au moins 230 km (Montargis - St-Germain-des-Fossés), voire 300 km (avec le tronçon SGDF - Roanne en plus)).
      Autre point erratique du projet alternatif d'EELV, c'est qu'ils ont aussi sous-évalué le coût de leur projet (comme RFF !)... la sortie sud de l'IDF via Orly (en tunnel) est évaluée à 3,5 Mds d'euros juste pour la partie francilienne... donc le Y renversé, c'est au moins 5 Mds, et pas 3 ! Par contre les 2 Mds du Roanne - Lozanne (qui -à mon avis- devrait être prolongé jusqu'au nord de Caluire -exactement Collonges-au-Mont-d'Or-) sont correctement évalués (60 km à 30 M d'euros).
      Posté par T33b, 14 juin 2014 à 19:26
      • J'oubliais : pourquoi les écolos proposent un prix du billet aussi cher ? A 60 euros (env. 12 ct/km), le train ne fera pas revenir les gens du covoiturage, alors que c'est eux qu'on vise ! Il vaudrait mieux proposer un tarif moins élevé (30 euros, 6 ct/km) en 2nde classe pour attirer un maximum de clientèle (en plus, on dé-sature l'A6 avec cela !), prix que l'on pourrait proposer avec des trains suffisamment capacitaires (des Omneo Premium dans une version de 133m de long en US, soit 399m en UM3, avec environ 450 pl par unité, soit 1350 pl en UM3).
        Et d'ailleurs, pourquoi ne pas prolonger certains trains jusqu'à Marseille (ou Montpellier) ? Avec une tarification adaptée (6 ct/km, donc environ 45 euros pour un Paris - Marseille et 15 euros pour un Lyon - Marseille), on pourrait drainer toute une clientèle non pressée (familles notamment), qui accéderaient ainsi à leur lieu de vacances pour moins cher qu'en voiture (même à 4 !) et de plus rapidement... tout en permettant l'accès à Paris de certaines communes le long de la ligne (Pierrelatte, Vienne, etc.) et inversement l'accès à la mer pour Nevers, Moulins et Roanne ! En dé-saturant la LGV Sud-Est, bien sûr !
        Posté par T33b, 14 juin 2014 à 19:48
        • Erratum : 51 euros le Paris - Marseille et 21 euros le Lyon - Marseille.
          (Et donc 26 euros Roanne - Marseille, 32 euros Moulins - Marseille, et 36 euros Nevers - Marseille)
          Posté par T33b, 14 juin 2014 à 20:45
        • Pour Marseille, pourquoi pas, tout mérite d'être étudié. En revanche, il n'est pas possible de faire du 220 entre Lyon et Marseille. On peut envisager Nîmes, Montpellier, Béziers...Ce qui est sûr, c'est que les causses et les Cévennes ne pourront pas bénéficier de telles modernisations vu le relief escarpé et les courbes trop importantes. Ces lignes se réduisent à des chemins touristiques et des TER.
          Posté par Altos, 14 juin 2014 à 21:37
          • Au sud de Lyon, il faudrait déjà harmoniser la vitesse maximale à 160 km/h (aujourd'hui il existe des sections aptes à "seulement" 140 ou 150 au sud de Lyon ainsi qu'au nord de Valence et entre Miramas et Marseille, sur 146 kms).
            Ensuite il existe des possibilités de relèvements à 200 km/h : Valence - Montélimar (45 kms), Donzère - Bollène (déjà fait, 21 kms), Orange - Le Pontet (déjà fait, 22 kms)), ainsi qu'entre le PK 757 et Miramas (déjà fait, 47 kms). Soit 135 kms sur 352.

            Sur les Causses et les Cévennes, on ne peut qu'espérer relever la vitesse de la ligne à 120 km/h (et encore...), pour que ce soit suffisant pour concurrencer l'automobile. Il faut aussi jouer sur "l'atout prix", en réduisant au minimum les coûts d'infra en automatisant la signalisation (ERTMS Régional, voir l'expérience suédoise), pour proposer des tarifs compétitifs, mais aussi sur le charme de la région vu du train (là c'est plutôt pour le tourisme comme vous l'indiquez à juste titre).
            Posté par T33b, 14 juin 2014 à 22:27
      • Pour le passage à Orly, il faudrait déjà que la LGV interconnexion sud soit réalisée pour éventuellement penser un passage par Orly.

        Certes, il semble plus logique de réaliser une ligne nouvelle dans la Beauce que dans des zones Natura 2000 en Sologne !

        Pourtant, il me semble un peu absurde de faire de nouveaux terrassements pour faire une ligne nouvelle. La ligne Etampes - Pithiviers semble faire l'affaire. Mais, la gare Saint-Martin d'Etampes est à voie unique et sert de terminus pour le RER C, ce qui nécessiterait de faire d'importants terrassements en plein centre-ville et mettre la gare à 3 voies. Je doute que la largeur soit suffisante.

        L'autre solution consisterait à faire un raccordement au sud d'Etampes pour rejoindre la ligne de Pithiviers. Le principale problème est d'ensuite corriger la ligne qui est trop courbe en faisant un tracé un peu parallèle en évitant les communes comme Saclas et Sermaise (même si entre les deux, la ligne est rectiligne).

        Si la ligne est bien droite entre Sermaise et Pithiviers, il faudra ensuite régler le problème de cohabitation entre Engenville et Pithiviers du trafic FRET agricole. Il faudra probablement créer 2 nouvelles voies à côté de la ligne existante et supprimer les passages à niveau. Le contournement de Pithiviers devrait pouvoir se faire par l'ouest comme le contournement routier.

        Pour aller aux Aubrais, la ligne est suffisamment droite pour ne pas avoir à diminuer les courbes, excepté un contournement nécessaire à Neuville-aux-Bois. reste le problème de la traversée de la forêt d'Orléans.

        Dans tous les cas, il faut régler le problème de fluidité des circulation sur Brétigny.

        Pour aller à Beaune-la-Rolande, la ligne est aussi utilisée par le FRET. Il faudra donc ajouter 2 voies puis ensuite ? Il n'existe que des vestiges de voies abandonnées et donc, il faudra créer un parcours "neuf". A moins qu'il existe une alternative que de passer partir de Bercy ou Austerlitz (peut-on basculer sur Paris-Lyon à Juvisy ?) et aller à Malesherbes (nécessité de modifier la ligne pour cohabiter avec le RER D et le FRET et donc doubler les voies), ce qui permettrait de passer dans la Gâtinais et rejoindre Montargis. La ligne Malesherbes permet également de rejoindre Pithiviers sur une ligne intégralement ouverte au FRET. Je ne sais pas si les rails sont toujours en double-champignon ou en Vignole.

        Après, quelle électrification ? La logique serait du 1500 V CC, vu que le secteur utilise cette tension sachant que le 25 kV CA serait le plus logique d'un point de vue exploitation.

        Autant je trouve logique d'utiliser la tension alternative pour Bourges-Montluçon avec la nécessité de réduire les courbes et essayer de doubler les voies ?

        J'ai en revanche une question. Peut-on faire rouler une automotrice à 250 km/h en 1500 V CC ? La ligne Paris-Limoges fonctionne sous cette tension de même qu'entre Paris et Montargis.
        Posté par Altos, 14 juin 2014 à 21:33
        • En fait, l'idée serait de doubler justement cette partie francilienne qui est complètement saturée en faisant Ivry - Brétigny en tunnel, puis en allant directement jusqu'à Pithiviers (contournement d'Etampes). L'intérêt de construire des sections nouvelles (longeant les lignes Fret actuelles à travers la Beauce) serait de pouvoir circuler à 250 km/h sous 25 kV CA en s'affranchissant de l'obsolète 1,5 kV CC (qui ne permet pas raisonnablement des vitesses supérieures à 220 km/h).
          On aurait ainsi une "continuité électrique" entre Ivry et Clermont-Ferrand (en contournant Montargis) en 25 kV CA, et même si la ligne POLT est en 1,5 kV CC, des trains bicourants seront la solution.
          On pourra dans le même temps se poser la question du remplacement du système 1,5 kV CC par un système 25 kV CA entre le sud d'Orléans et Montauban, permettant des économies par la réduction du nombre de sous-stations électriques -environ de 45 à 5- et par l'allègement des caténaires.

          Pour le Bourges - Montluçon, on peut espérer relever la vitesse à au moins 160 km/h, voir 220 (le peu de trafic permet des vitesses très hétérogènes, après il faudra s'adapter au terrain !). Bien sûr l'électrification doit se faire en 25 kV CA. (Il serait inopportun d'électrifier des lignes en 1,5 kV CC, sauf dans des cas particuliers de tronçons de lignes de quelques km coincés entre 2 lignes fonctionnant sous ce système)
          Posté par T33b, 14 juin 2014 à 22:03
    • Les trains Nantes - Lyon qui transitent par Massy sont des TGV. Les liaisons classiques transitent bien par Vierzon et sont assurées en traction électrique de Nantes / Tours à Nevers.
      Posté par ortferroviaire, 15 juin 2014 à 09:53
  • Eh bien, ce sujet suscite de l'appétit !

    Tout n'est peut-être pas à garder dans la réflexion menée par ces élus, mais au moins cela change de la logique systématique de l'infrastucture nouvelle. Il faut s'interroger sur l'intérêt de la ligne nouvelle Paris - Pithiviers - Orléans / Montargis.

    Pour la branche Orléans, le bénéfice sur la vitesse est assez modeste puisqu'on aura du mal à amorcer cette ligne en proche banlieue de Paris et qu'il faudra aller au moins à Brétigny. Donc le gain de temps par rapport à la ligne classique est marginal par rapport à une montée à 220 km/h... Son seul intérêt serait de pouvoir augmenter la capacité de l'infrastructure mais cela supposerait de lourds investissements souterrains.

    Pour la branche Montargis, il y a clairement un bénéfice sur le temps de parcours, même à 220 km/h et un effet sur la capacité de la PLM : il n'y a pas de réel besoin sur Transilien (Montargis / Montereau) mais les sillons libérés seraient potentiellement récupérables pour le TER Bourgogne vers Sens, Dijon et Auxerre. Cette branche-là apparaît donc prioritaire, la bretelle vers Orléans pourrait alors être phasée, le temps de s'interroger sur sa réelle valeur ajoutée (que reste-t-il sur la ligne existante ?)

    Concernant les performances, un Paris - Lyon via Moulins en 3 heures me semble au contraire assez ambitieux car supposerait de rouler à 250 km/h de Paris à Montargis, à 220 km/h au-delà au d'avoir effectivement le Roanne - Lozanne à 250 km/h... avec un nombre minimal d'arrêts. Or il faut prendre en compte qu'un Paris - Lyon de bout en bout via cet itinéraire et sans arrêt serait d'intérêt moyen alors qu'avec trois arrêts intermédiaires (Nevers, Moulins, Roanne), il y a matière à proposer une offre alternative au TGV.
    Posté par ortferroviaire, 15 juin 2014 à 09:52
    • Mais pour où passerait cette ligne nouvelle ? Sur un nouvel itinéraire, en parallèle avec la ligne existante via Montereau ou en reprenant l'itinéraire Malesherbes dans le Gâtinais pour limiter les coûts ? Il faudra quoi qu'il en soit de nouvelles voies et une électrification à 25 kV CA. Je me demande même d'ailleurs s'il ne serait pas pertinent de réélectrifier le secteur de Montargis à cette tension (1500 V CC actuellement jusqu'à la sortie du secteur). Cela permettrait d'avoir la même tension sur tout le parcours après la sortie de la région parisienne. Il faudra donc aussi électrifier sur le parcours de Roanne jusqu'à Lyon.

      Les élus n'ont pas aussi abordé le sujet des lignes Nantes - Poitiers et Bordeaux - Lyon via Clermont dont la ligne va être partiellement fermée mais dont les améliorations sont plus limitées.
      Posté par Altos, 15 juin 2014 à 10:19
      • Manifestement, les élus et techniciens à l'origine de ce dossier planchent sur un tracé complètement nouveau. La reprise des lignes existantes de l'intérieur du Gâtinais semble peu probable pour des questions de traversées urbaines déjà évoquées.
        Posté par ortferroviaire, 16 juin 2014 à 09:08
    • Effectivement un tunnel coûterait cher... mais l'effet désaturation sur le réseau en faveur du RER C serait assez important ! Cela permettrait donc une vitesse maximale de 250 km/h dès Ivry (en fait, dès le Périph') ! (à comparer à la ligne classique : 140 km/h~150 km/h en IDF)
      Le bénéfice serait très important pour les IC (gain de temps : environ 10~15 minutes) comme pour les RER (4 voies quasi-dédiées RER -voire 6 !-, donc un potentiel de 20 missions omnibus par heure et 8 à 12 semi-directes + quelques TER).
      De plus, grâce à des trains à performances élevées (accélération d'1,2 m/s² -comme en Suisse- de 0 à 50 km/h, soit plus que les Z6400 -environ 1 m/s²-), on pourrait gratter jusqu'à 20 minutes sur les IC actuels, et donc atteindre les Aubrais en 35 minutes, au lieu de 57 aujourd'hui (en comptant les gains dus à une marge de régularité calculé en % et pas aux 100 km).

      Pour la branche Montargis, cela pourrait effectivement permettre des TER Bourgogne supplémentaires en HP. Cependant il restera le cas des IC desservant Nemours à traiter... Montargis étant la dernière gare pouvant être desservie avant d'accéder à la LN.
      C'est vrai qu pour le Paris - Orléans il ne resterait plus grand chose entre Etampes et Les Aubrais... à part les quelques TER ! Bah, ça laissera de la place pour le Fret : ils pourront la faire, leur autoroute ferroviaire, et même cadencée à l'heure, si ça leur chante ! Il faudra cependant améliorer l'accès à la Grande Ceinture à hauteur de Juvisy (saut de mouton), et pourquoi pas passer à 6 voies le tronçon Juvisy - Brétigny (permet deux voies dédiées aux RER omnibus, 2 au Fret, et 2 au RER SD et aux TGV Intersecteurs). Comme ça on laisse une grande place aux circulations Fret sur ce tronçon là, par ailleurs assez chargé (entre 50 et 75 trains Fret par jour en 2008). Ainsi, on rend même indépendant les flux RER et Fret : on peut donc avoir jusqu'à 20 sillons Fret par heure et par sens même en heure de pointe, et plus raisonnablement 8 pour permettre la circulation de trains de voyageurs sur les voies Fret en cas de problème ou de travaux.

      C'est vrai que la portion SGDF - Roanne m'inquiète un peu : comment les écolos espèrent-ils relever à au moins 180 km/h cette portion ??? Le profil est assez chaotique (moins que Roanne - Lozanne, mais quand même)... en même temps, on peut se permettre des shunts, les gares intermédiaires étant toutes fermées... mais les redressements de courbes seraient quand même très importants, et cela reviendrait à construire des portions de ligne nouvelle...
      Mais quand même ! En considérant le Paris - Montargis à 250 km/h (environ 120 kms), le Montargis - SGDF à 220 km/h (avec shunts de Gien, de Cosne-sur-Loire, de Saincaize et de Villeneuve-sur-Allier, environ 230 kms au total), puis du shunt de SGDF à Roanne à 220 km/h (environ 70 kms), et enfin le Roanne - Lozanne à 250 km/h (environ 60 kms).
      Manque plus que les 22 kms entre Roanne et Lyon Part-Dieu (à 140 km/h jusqu'au viaduc de la Saône, sauf au niveau de la jonction de la PLM, franchissable à seulement 80 km/h, puis 80 jusqu'à Part-Dieu)... il serait intéressant de "shunter" la jonction avec le PLM et accéder directement au viaduc sur la Saône (13 kms de LN supplémentaires à 220 km/h, pour permettre la mixité avec d'éventuels TER sans arrêt entre Lozanne et Part-Dieu), puis de relever à 100 km/h la vitesse maximale jusqu'à Lyon St-Clair.
      Donc 2h45 ? (Vmoy = 181,8 km/h)
      Posté par T33b, 15 juin 2014 à 15:06
      • Il y a une coquille : il faut lire "entre 50 et 75 trains Fret par jour en 2008"
        et pas "entre 50 et 75 trains Fret par jour en 2008) "
        Posté par T33b, 15 juin 2014 à 15:09
      • Attention, à force de créer des shunts, on fait une ligne nouvelle de bout en bout, et cela s'appelle POCL...
        Posté par ortferroviaire, 16 juin 2014 à 09:09
        • Bien sûr !...
          Le détail des shunts (que je propose / certains sont déjà proposés) :
          - shunt de Gien (et Briare) : 22 km
          - shunt de Cosne-sur-Loire (et Tracy-Sancerre) : 19 km
          - "réalignement" entre La Marche et Tronsanges : 3,5 km
          - shunt de Saincaize : 11 km
          - "réalignement" de Saint-Pierre-le-Moûtier : 4 km
          - shunt de Saint-Germain-des-Fossés : 14,5 km
          Les "réalignements" seraient réalisés en cas de succession de courbes et des contre-courbes (par exemple : au lieu de 3 courbes et contre-courbes, une seule courbe, plus large, est aménagée). Les deux premiers shunts sont réalisés le long de l'A77.
          Donc on a 72 km de shunts et de "réalignements" (Soit 64,5 km de LN -avec maintien de l'existant-).
          Au total, avec les LN IDF Sud et Roanne - Lozanne, on a 292 km (donc beaucoup moins que le POCL et ses 530~535 km de LGV -raccordements inclus-).
          Et surtout : un coût de 8~9 Mds d'euros au lieu de 17 Mds d'euros (modernisation du réseau existant inclus).

          Erratum : 22 kms entre Roanne et Lyon Part-Dieu => Lozanne, pas Roanne !

          P.S. : Les écolos proposent l'électrification du Chartres - Orléans, en concomitance avec la réouverture voyageur de la ligne. Pourquoi ne proposent-ils pas de re-faire toute la ligne Rouen - Orléans (via Evreux) ? A 220 km/h, bien sûr ! (En récupérant les subvention destinées à la RN154)
          Et donc des Rouen - Lyon en 4h30 ! Mais cela est une autre histoire...
          Posté par T33b, 16 juin 2014 à 16:23
          • Cela commence à représenter un certain investissement. Il serait peut-être bon de hiérarchiser et d'évaluer les plus porteurs car une telle accumulation peut paradoxalement redonner du crédit aux partisans de la LGV de bout en bout, face à des petits bouts éparpillés.
            Posté par ortferroviaire, 16 juin 2014 à 17:35
          • De toute façon, le scénario alternatif, c'est déjà 6 Mds d'euros a minima (voire plus, vu que le tronçon Ivry - Orléans/Montargis est sous-évalué).
            On peut commencer par le Y renversé, c'est ce qui importe le plus. La modernisation du réseau est sans doute déjà échelonnée. Il ne manque plus que les améliorations sur le Paris - Clermont (dont certaines sont déjà chiffrées), la LN Roanne - Lozanne, et le matériel roulant.
            Un bon phasage pourrait permettre le Y francilien dès 2020~2025 si les régions et l'Etat (+l'Europe ?) se montrent volontaristes. Il suffit d'un débat public concernant la branche de Montargis, et une enquête publique dans la foulée sur le Y renversé. Les études sont en partie réalisées (LN Ivry - Orléans, et même Roanne - Lyon), il suffit d'affiner le tracé (qui doit être finalisé cette année sur demande du secrétaire d'Etat aux Transports -alors ministre délégué en 2013- pour la LGV POCL).
            Les redressements de courbes (les "tranches") seront plus rapides à réaliser, pour peu qu'ils restent dans les emprises ferroviaires (pas besoin d'enquête publique), les shunts un peu plus longtemps, surtout pour les plus longs (Gien, Cosne-sur-Loire).
            Les suppressions de PN devraient également se faire assez rapidement.
            Le Roanne - Lozanne sera plus long à mettre en service, mais devra se faire avant l'horizon de saturation de la LN1 (entre 2025 et 2040), pour permettre des relations "à prix modérés" (moins cher que le covoiturage).
            Posté par T33b, 16 juin 2014 à 18:16
        • Et où est le problème ? de toute façon, comment ne pas voir que le "projet" EELV (et je mets des guillemets) n'est qu'un phasage du scénario médian du POCL (au cout par ailleurs mal estimé...)?
          Sachant qu'ensuite, ce qui resterait à faire entre Gien et Roanne n'est pas le plus difficile. Bravo aux écolos qui auront fait payer aux "coeur de France" le plus difficile et permis à la LN1 d'être doubler en ne payant que les sections les moins chères du POCL !
          Posté par SP, 18 juin 2014 à 02:53
  • Autre élément pour nourrir le dialogue sur ce sujet intéressant : THNS suggère un barreau nouveau de Roanne à Lozanne, mais de l'autre côté, VFCEA offre une aubaine pour créer un raccordement à Montchanin entre la LN1 et l'axe classique Tours - Bourges - Nevers - Dijon, mais avec la nécessité d'employer un matériel à V300 pour faire des liaisons Marseille - Lyon - Le Creusot Ville - Nevers - Bourges - Vierzon - Tours - Angers - Nantes.
    Sans considérer qu'il y a concurrence directe, du moins peut-on souligner que les deux démarches ciblent le même marché.
    Posté par ortferroviaire, 16 juin 2014 à 16:20
    • Pafo... En plus, les sillons utilisés par les éventuels TGV Nantes - Lyon via Montchanin pourraient être le prolongement de ceux utilisés par les TGV Paris - Dijon/Rhin-Rhône/Suisse sur la section Crisenoy - Pasilly... (Ou l'art de recycler les sillons Paris - Province en sillons Province - Province)
      Mais bon, le marché Ouest/Centre - Lyon est plutôt visé par le THNS, alors que le prolongement au-delà vers la Méditerranée est plutôt de l'apanage du TGV, sauf en cas de sensibilité prix accrue, avec des tarifs compris entre 40 et 50 euros (Plein Tarif) pour le THNS sur Nevers - Marseille, en potentiellement 4h40 (avec arrêts à Moulins, Roanne, Lyon Part-Dieu, Vienne, Valence, Montélimar, Avignon, Arles et Miramas), contre 125 euros (Plein Tarif Loisir) et potentiellement 3h40 (via Lyon Part-Dieu, avec arrêts à Montchanin, Lyon Part-Dieu, Avignon et Aix) pour le TGV.
      Posté par T33b, 16 juin 2014 à 17:04
      • A voir car d'une part, on peut envisager bien des scénarios tarifaires selon la politique commerciale d'un opérateur qui ne serait pas forcément l'acruel, et d'autre part, la sensibilité temps qui s'accroit avec la distance. Si au départ de Lyon, l'écart est faible pour les deux scénarios, au départ de Marseille, ce n'est plus tout à fait pareil.
        Posté par ortferroviaire, 16 juin 2014 à 17:37
        • C'est sûr !
          Si c'est un concurrent de la SNCF qui exploite le THNS, il veillera à ce que les billets soient moins cher par la ligne classique !
          Si c'est la compagnie historique qui exploite le THNS, alors il y a de fortes chances pour que le TGV soit favorisé (exemple du TER Paris - Lyon à tarif fixe, avec pour seules variations HP/HC, et qui n'est même pas indiqué clairement sur le site des TER Bourgogne -la relation est inscrite comme suit "-Dijon-Laroche-Paris" dans l'onglet dérouleur de recherche des fiches horaires-). Le THNS aura ainsi une clientèle d'initiés et de navetteurs...
          Donc faudrait voir !
          Posté par T33b, 16 juin 2014 à 18:31
  • Si on doit créer des portions de LN alors pourquoi se limiter à 250km/h. Le surcoût pour du 270km/h en tunnel (comme prévu pour POCL pour la sortie de IdF) ou du 320km/h en surface (Lyon-Roanne) n'est pas du simple au double mais de l'ordre de 15%; Le plus gros poste de dépense c'est le Génie Civil. On préparerait l'avenir pour ce futur POCL dont on pourrait reculer ainsi l'échéance de quelques dizaines d'années. Cela évitera de se retrouver avec des profils en plan limités comme aujourd'hui avec ceux hérités du XIX siècle.
    Il faut savoir anticiper les progrès futur du matériel et de l'infrastructure qui n'engendrerons pas autant de coûts de maintenance qu'aujourd'hui; Il en va ainsi de tout les processus industriels. Et c'est bien là qu'est le gros problème actuel, c'est l'industrialisation (ou son absence pendant trop longtemps) de la maintenance, ce qui explique en grande partie le surcoût d'entretien.
    Posté par DEMADE, 17 juin 2014 à 10:44
    • A ceci près qu'il y a quand même des écarts majeurs sur l'investissement... et qu'il ne faut pas oublier l'effet sur les coûts d'exploitation qui ont une courbe de croissance exponentielle en fonction de la vitesse.
      Posté par ortferroviaire, 17 juin 2014 à 11:28
    • Certes... mais 15% sur 2 Mds (Roanne - Lozanne), ça fait un surcoût de près 0,3 Mds d'euros, et ce n'est pas "rien" !
      Et comme le mentionne @ortferroviaire, les coûts d'exploitation augmentent de manière exponentielle avec la vitesse : en effet, la seule force de frottement de l'air croît avec le carré de la vitesse (en m/s, pas en km/h) ; concrètement, en passant d'une vitesse de 250 km/h (249 précisément dans le projet des écolos) à une vitesse de 320 km/h, à forme et masse constantes, la force de frottement de l'air augmente de 63,84%, alors que la vitesse n'augmente que de 28%. Donc la consommation d'énergie augmente aussi.
      Ce n'est là qu'un exemple, car si on prend en compte l'usure des roues (qui augmente de la même façon), ou encore l'entretien des rails, ça fait beaucoup...
      Posté par T33b, 17 juin 2014 à 13:53
      • Ce n'est plus vrai. Les coûts de maintenance n'augmentent pas de manière exponentielle avec la vitesse. Je vous engage à lire la RGCF sur les "40 ans d'infrastructure à grande vitesse". Si il fallait faire les travaux de maintenance de la LGV Sud Est à ses débuts avec le coût de la maintenance d'aujourd'hui, il y a longtemps que le prix des péages auraient explosés encore bien plus qu'actuellement.
        Heureusement, les techniques de maintenance ont évoluées. Le surcoût pour faire du 320 sur la LGV EE a été maîtrisé et il n'y a plus de surcoût notable comme au début de son exploitation (bien que les désordres les plus gros ne soient pas totalement dus à l'augmentation de vitesse)
        D'autre part 0,3Mds d'Euros font certes très cher en une fois posé sur la table, mais sur 30 ans (durée de vie avant RVB LGV) cela ne représente plus que 10 Millions d'Euros par an.
        Pour finir, si l'augmentation des coûts était réellement exponentielle alors pour passer de 300 à 320 il faudrait tripler le budget de maintenance (exp(320/300)=2,903) ce qui n'a pas été le cas.
        Mais même en intégrant, les 600M d'Euros supplémentaire on obtient un projet à 6,6Mds au lieu de 6Mds; On reste loin des 12Mds de POCL et on préserve le futur. Encore dans la RGCF le coût de l’énergie dans le total des coûts d'exploitation du TGV (et non pas de la LGV) ne représente que quelques % du total (3 de mémoire, mais je peux retrouver le chiffre exact) bien loin derrière les péages, les coûts de personnel, le coût d'amortissement, la maintenance, etc ...
        Posté par DEMADE, 17 juin 2014 à 17:39
        • Ne vous inquiétez pas, je connais la fonction exponentielle ! C'est une façon de parler (et puis entre nous, on cherche plutôt exp(320-250)=2,515.10^30).
          Il est évident que les surcoûts de la LGV Est ne sont pas uniquement dus à la vitesse maximale relevée à 320 km/h (les ICE allemands doivent y être pour quelques chose, ils ne sont pas conçus de la même manière que nos TGV -notamment au niveau de la disposition des bogies-), mais elle porte une part de responsabilité (voir http://aaases.free.fr/Info/Technique/voieballastee400.pdf => page 4).
          Mais de toute façon le projet POCL actuel est irréalisable avant 2035-2040 (Surtout si RFF arrive à mettre en place le cantonnement mobile sur la LGV Sud-Est ! Ou encore que la sensibilité "prix" devient plus importante que celle "temps" aux yeux des clients actuels du TGV).
          Il faudra nécessairement le phaser : la section de sortie de l'IDF (Y renversé) est tout à fait réalisable d'ici 2020~2025 si les régions concernées (Centre-Poitou-Limousin, Bourgogne-Franche Comté et Auvergne-Rhône-Alpes) font preuve de suffisamment de volontarisme face au gouvernement. L'IDF pourrait même être mise à contribution au titre de la désaturation en faveur du RER C !
          De même la section Roanne - Lozanne/Lyon semble prioritaire par l'importance des gains de temps p
          Le problème du TGV est qu'il est conçu pour des arrêts très espacés : les moteurs des trains sont réglés pour des vitesses élevées (300~320 km/h), et ont donc une accélération faible au démarrage malgré une puissance massique élevée (TGV A : 19,82 kW/t sous 25kV, 8,19 kW/t sous 1,5kV). Alors qu'un train bien conçu (accélération au démarrage : 1,2 m/s², Vmax=249 km/h -pour éviter les normes de la Grande Vitesse) peut très bien faire l'affaire tout en desservant une multitude de villes moyennes : Vierzon, Issoudun, La Souterraine, Gien, Cosne, Vichy, etc.
          Ce serait un changement de modèle assez important : un "THNS" permettrait de desservir Paris - Clermont et Paris - Limoges en 2h20~2h30 en desservant de nombreuses gares intermédiaires (4 à 5) avec une cadence à l'heure, ce que le TGV peine à faire en dehors des plus grandes métropoles (Lyon, Bordeaux, Lille, Bruxelles). De plus on pourrait lancer des liaisons ne desservant pas Paris cadencées aux 2 heures maximum (Nantes - Lyon, Orléans - Lyon).
          Posté par T33b, 17 juin 2014 à 23:31
          • Je suis d'accord avec le fait que le TGV ne permet pas des accélérations élevées. Or, Vous me parler de surcoût pour l'infra, ce qui n'est pas directement lié. Je dis juste qu'il faut préserver l'avenir et ne pas se limiter par un surcoût raisonnable du projet. Si ces 2 barreaux sont réalisés en premier, ils accueilleront des THNS vers Paris, voir des TGV (ou autres) au départ de Clermont vers le Sud, ou au départ de Orléans vers le Nord, l'Est, ...sur LN, pourquoi pas! (voir ce que dit SP ci dessous).
            Je suis d'accord qu'il faut une amélioration des temps vers Limoges et Clermont lors d'une première phase. Mais sur un Paris-Clermont même si le premier arrêt est à Gien je ne suis pas sur que le fait de posséder une capacité d’accélération élevée change beaucoup la donne. Le temps d'échange en gare semble être un facteur plus prégnant. De plus, on écarte systématiquement la technologie pendulaire alors que le leader mondial de cette techno est Alstom (ce qui va en rester!!!???) et que son dernier produit le New Pendolino permettrai de rouler à 250km/h comme désiré sur les tronçons de LN extrêmes et permettrai un gain de temps sur LC (220km/h max) sans multiplier les shunts, en renforçant seulement la superstructure pour un coût bien moindre. Cela laisse 40 ans (durée de vie du matériel) pour penser l'avenir entre ces 2 tronçons. Et il n'est pas nécessaire de spécifier un nouveau matériel.
            Par ailleurs, j'ai déjà consulté le document de Marc Antoni que vous citez, et il confirme ce que j'expliquais précédemment sur les progrès de la maintenance de l'infra. Il y explique bien qu'il faut penser système càd Exploit+Maintenance, et donc la diminution des coûts par l'industrialisation des procédés à prévoir dès la conception(On parle de 400km/h, pour du 250 ou 320 ces moyens existe déjà). C'est aussi ce qui est expliqué dans le document d'orientation de RFF sur le GPMR.
            Finalement, rien n'empêche de faire du génie civil pour être apte à 320 et une superstructure qu'il faudra régénérer au bout de 30 ans apte à 250.
            @ortf. On ne peut pas comparer un pays comme la Suisse (ou l’Allemagne), dense en ville moyenne ou la distance moyenne est de 100-200km entre centre économique et un pays comme la France, hypertrophié par Paris et depuis toujours bien avant l'age du chemin de fer. Bref, grand débat
            Posté par DEMADE, 18 juin 2014 à 15:03
          • Ouh là ! Je ne compte pas arrêter le Paris - Clermont à Gien !
            Je pensais conserver le schéma actuel d'exploitation ! (c'est-à-dire des Paris - Nevers "omnibus" et des Paris - Clermont direct jusqu'à Nevers, avec peut-être un arrêt à Orly)

            Euh... dans le concept THNS, il y a mention de la technologie pendulaire. Si cela permet de réduire le nombre de shunt, ça me va !
            Mais étant donné qu'en France le dévers dans les courbes est déjà bien élevé : 160 mm, contre 120~130 mm dans le reste de l'Europe... donc cela réduit l'intérêt du pendulaire (les écolos parlent de gains de temps avec du pendulaire "passif" de l'ordre de 10% -ce qui est déjà parfaitement honorable-).
            Mais là on peut se poser la question de l’accessibilité des trains (les associations de PMR suisses se plaignent des New Pendolino d'Alstom), qui est justement censé être un atout du THNS, avec laquelle il peut réduire les temps d'arrêt en gare. Après, il y a pendulaire "actif" (New Pendolino d'Alstom) et pendulaire "passif" comme le Bombardier Twindexx, image d'illustration du THNS, qui a cependant est trop grand pour le gabarit français : 4,59 m contre 4,32 m pour les gabarits GA et GB -standards des lignes françaises-. Après, on peut faire comme chez les Belges : relever le gabarit que sur certains lignes choisies (il faudrait obtenir le gabarit GC, qui est déjà la norme des LGV).
            Posté par T33b, 18 juin 2014 à 18:39
  • Heureusement que Demade ramène à un minimum de réalité et vision de long terme.
    Concevoir aujourd'hui une nouvelle infra exprès limité à 250 km/h serait une anerie. L'essentiel des couts, le génie civil, augmente peu avec la vitesse maximum (sauf relief ou urbanisation contraignante qui induirait qu'un tracé en plan suffisamment rectiligne impose beaucoup plus de tunnels).
    A l'exploitation, il serait bon de "sourcer" les arguments comme quoi les couts augmentent de manière exponentielle avec la vitesse. Car si on se réfère à l'énergie, l'expérience a été faite sur Paris Strasbourg qu'un TGV lancé à 320 km/h sur la LGV ne consommait pas plus qu'un TGV sur ligne classique ayant de multiples accélérations et décélérations pour coller au profil de vitesse.

    C'est une légende que le TGV soit obligatoirement conçu pour des arrêts espacés. Sur la Côte d'Azur comme sur la Côte Basque, chacun peut constater qu'il s'arrête très souvent. Qu'un projet de Ligne Nouvelle en PACA où circulera du matériel TGV (car desservant des destinations sur le réseau à Grande Vitesse que ce soit Lyon, Montpellier ou Paris et qu'on ne va donc pas engager du matériel peu rapide sur ces LGV saturés (sauf à vouloir les désaturer en les vidant de passagers par des temps de parcours dissuasifs !)) prévoit un arrêt tout les 20 à 40km, et qu'il y a 1 à 2 décennie pour éventuellement optimiser la technologie de grande vitesse avec nombreux arrêts s'il faut.
    Qu'il existe déjà un TGV desservant Vierzon, Chateauroux, La Souterraine, Limoges, donc pas de raison que ça ne soit pas du matériel TGV demain s'il existe un bout de LGV Paris Orléans ou Paris Bourges Issoudun (dans le projet POCL médian).
    Le projet POCL prévoit des Paris Clermont avec 3 arrêts (Nevers, Moulins, Vichy) et il n'est pas impossible que commercialement Riom s'y ajoute. Le projet POCL prévoit 3 AR Paris Gien Briare Cosne La Charité Nevers centre

    Bref, il faudrait peut être sortir du mythe selon lequel on conçoit des LGV uniquement pour aller toujours plus vite, seulement entre mégapoles, et sans s'arrêter au passage.... pour mieux les critiquer sur cette base infondée !
    Une LGV, c'est juste une nouvelle ligne de chemin de fer, conçue avec et pour les technologies d'aujourd'hui, et généralement car de toute façon, il aurait fallu des voies nouvelles sur l'itinéraire concerné et que les construire le long de la ligne existante coute souvent beaucoup plus cher. En augmentant le trafic ferroviaire avec le report modal, une LGV, c'est finalement juste un moyen de financer plus facilement ces voies nouvelles.

    Après, on peut vouloir comme les écolos, dans une opération de com' assez réussie, refuser cela pour un concept qui coutera plus cher et sera moins efficace et n'a pas plus de chances d'être réalisé tant qu'on ne parle pas des moyens à y consacrer, mais c'est juste de l'idéologie d'apologiste de la lenteur. Et dont opportunément certains élus ne veulent surtout pas de la LGV Bordeaux Toulouse, d'autres surtout pas du POCL là où ils vivent (mais le phaser autour, ça oui !), d'autre une LN en PACA qui soit le plus enfouie possible au droit de Gemenos. Et quand je vois la mauvaise foi des mêmes à affirmer par exemple que sur Bordeaux Toulouse, l'écart entre LGV et THNS (enfin le truc pondu par Claraco), c'est "quelques minutes", pour ma sécurité, je me dis que je n'ai pas trop envie de monter dans ces THNS. Tout comme je ne voyagerais pas avec un covoitureur qui me certifie qu'il m'amène de Nice à Marseille en 1h : c'est sans aucun doute possible, mais pas très prudent !
    Posté par SP, 18 juin 2014 à 03:23
    • L'enjeu du projet présenté par ces élus écologistes est de mettre en avant les capacités du réseau classique à améliorer significativement l'attractivité du service ferroviaire sans pour autant rester dans la logique binaire "TGV ou rien".

      En revanche, le risque à vouloir multiplier les petites sections nouvelles de shunt peut in fine nourrir l'argumentaire des partisans d'une ligne à grande vitesse de bout en bout. Si on conçoit les sections nouvelles pour 320 km/h, alors on perpétue in fine la logique du tout-TGV, simplement en la phasant, ce qui ne change pas fondamentalement les impasses économiques du modèle ferroviaire français tant sur la dette que sur la décrépitude du réseau classique qui laisse la voie libre à la route.

      Pour autant, il y a certains biais : oui, l'alternative présentée sur Bordeaux - Toulouse par le cabinet Claraco est quelque peu biaisée. RFF l'a expliqué et notre site s'en est fait écho.

      Il nous apparaît sain de pouvoir présenter une voie intermédiaire : on ne peut résumer la politique ferroviaire à un statu-quo sur le réseau classique au profit d'éventuelles LGV complètes.

      Concernant l'espacement des arrêts avec les TGV, une partie des gains de temps procurés par la vitesse sont consommés d'une part par les parcours d'approches des grandes gares, mais aussi par les temps d'arrêt. Difficile avec un TGV Duplex de faire moins de 3 minutes d'arrêt (et la tendance moyenne constatée est plutôt à faire 5 de fait et de se récupérer par la marge de régularité) en raison d'une architecture à 1 porte pour 80 voyageurs alors qu'un train classique offre 1 porte pour 40 voyageurs.

      Et il ne s'agit pas tant de faire l'apologie de la lenteur que d'être dans une logique d'optimisation de l'équation "budget investi / gain pour la collectivité. Est-ce qu'on augmente linéairement le trafic en fonction de la vitesse et du temps de parcours ? Ne faut-il pas au contraire raisonner en relatif par rapport à la concurrence. La voiture met 4 heures pour faire Paris - Clermont. Le train entre 3h et 3h20 aujourd'hui. Faut-il absolument descendre à 2 heures ou peut-on avoir le même bilan socio-économique en investissant moins pour arriver entre 2h30 et 2h45 ? Aller aussi vite que nécessaire ou aussi vite que possible, comme disent nos voisins suisses...
      Posté par ortferroviaire, 18 juin 2014 à 09:23
    • 3 A/R par jour ! Autant dire un le matin, un le midi et un le soir ! Alors qu'un THNS bien conçu permettrait à ces gares d'avoir un train cadencé aux 2h (en gros 9 A/R / j.), tout en permettant un arrêt à Montargis, où la correspondance est possible pour accéder à Nemours et Fontainebleau (par train) ou à Montereau (par voiture) sans nécessairement passer par Paris ! (desserte directe de la Grande Couronne)
      L'intérêt du train, sur les relation courtes ( 10 M d'hab.)

      Vous comparez des choux et des carottes !
      La LN PACA est nécessaire : la ligne du littoral est saturée ! Et la ligne actuelle n'est pas améliorable sans ravager la côte. Donc là oui.
      Et bien sûr que sur Bordeaux - Toulouse, l'argumentation des écolos est partiellement mensongère. (Coût, Temps de Parcours, etc.) Et une LGV est parfaitement souhaitable à moyen terme (c'est "juste" un prolongement des LGV Atlantique et SEA, desservant la quatrième aire urbaine de France).
      Mais là on parle du centre de la France, avec des lignes classiques déjà bien conçues (notamment le Orléans - Vierzon en ligne droite, apte à V200 depuis 1967). Les lignes classiques ont un vrai potentiel (V220).
      Et RFF ne s'en cache pas : POCL, c'est surtout pour doubler Paris - Lyon, la desserte du territoire se faisant pour faire accepter aux régions concernées de payer...
      Les prix du billet devraient vraisemblablement augmenter de 30% dès l'ouverture de la LGV, alors qu'une desserte cadencée et plus attractive permettrait d'attirer autant de clients et donc mécaniquement de faire baisser les prix (par augmentation du taux de remplissage). Les majorité des gens ne cherchent pas nécessairement la vitesse à tout prix avec le train : ils cherchent surtout quelque chose d'autant voire plus rapide que la voiture, à un prix pas trop supérieur... Surtout que vu le succès du covoiturage, on peut se demander si les gens recherchent toujours des temps de trajet toujours plus réduits...
      Posté par T33b, 18 juin 2014 à 13:08
      • Voici le morceau qui manque :
        L'intérêt du train, sur les relation courtes ( 10 M d'hab.)
        Posté par T33b, 18 juin 2014 à 13:11
        • Il y a un petit problème avec une partie de mon message...
          L'intérêt du train sur les relations courtes ( 10 M d'hab.)
          Posté par T33b, 18 juin 2014 à 13:17
          • Bon, je vais simplifier ce que je veux dire, car je n'arrive pas à le faire passer :
            pour les relations courtes (<300 km), comme Paris - Nevers, il faut a minima un train par heure pour être compétitif face à la voiture.
            Posté par T33b, 18 juin 2014 à 23:46
          • Sur Paris Nevers, avec le projet POCL et le raccordement de Giens, il est prévu 3 AR en intercité sur ligne classique via Montargis, 3 AR TGV sur LGV entre Paris et Gien puis ligne classique de Gien à Nevers et 6 à 7 AR Paris Saincaize entièrement sur LGV (il s'agit d'une desserte "au passage" sur des Paris Clermont) (et je dis 6 à 7 car l'effet du raccordement de Gien pour définir Nevers peut conduire le transporteur à réduire les arrêts Saincaize sur les Paris Clermont, mais au moins ça va dans votre logique de trains moins rapide qui s'arrêtent partout). Bref pour Nevers, cela fait 13 AR quotidien vers Paris, donc largement un train par heure
            Posté par SP, 19 juin 2014 à 09:20
          • Un Intercité dont la qualité de service sera progressivement dégradée puis écrémée à terme pour rentabiliser à max les TGV en service restant...
            Posté par Altos, 19 juin 2014 à 20:01
          • Malheureusement ça ne risque pas d'être très cohérent au niveau de la trame horaire... on aura une dispersion importante, du fait des différentes services et surtout gares (Nevers et Saincaize) !
            On aura des TGV cadencés (pas sûr...) aux 2h à Saincaize, et 3 TGV + 3 IC "cadencés" (de manière discontinue, ça ne sera pas régulier, seule la minute de départ sera la même)...
            Donc rien à voir !
            Et l'arrêt en gare de Montargis me semble nécessaire pour desservir le sud de l'IDF.
            Alors que moi je pensais un train par heure Paris - Clermont (14 A/R, 7h - 21h), plus un toutes les deux heures (7 A/R, 7h - 21h) Paris - Nevers (avec passage sur la ligne classique à partir de Montargis). Avec quelques trains supplémentaires matin et soir (1 à 2 A/R supplémentaires en HP).
            Pour les Paris - Nevers, je pense qu'il faut garder les 8 arrêts intermédiaires actuels (Montargis, Nogent-sur-Vernisson, Gien, Cosne, Briare, La Charité, Pougues-les-Eaux, Fourchambault). Cela permet la desserte directe (Aires Urbaines + Communes) de 220.000 habitants, dans des communes en partie polarisées par Paris. On a une intergare moyenne (entre Montargis et Nevers) de 20 km (Pougues et Fouchambault sont en "banlieue" de Nevers, espacées de 5 km entre elles, Briare et Cosne sont distantes de 10 km).
            Les Paris - Clermont desservent directement 605.000 habitants. Les 14 A/R peuvent être complétés par un direct en heure de pointe (2h05) dans chaque sens, qui passerait par Gannat (sans s'y arrêter), nécessitant la réouverture de la ligne de Gannat à la Ferté-Hauverie, qui peut être mise à V220 (elle est quasi-rectiligne) moyennant la suppression des PN, l'électrification et la mise en place d'une signalisation adaptée (ERTMS ou BAL V220).
            Le direct met "seulement" 2h05, si, si ! Marges de régularité incluses (3' aux 100 km sur LC, 5% sur LN) !
            3 km pour sortir de Paris (2'15"), 137 km de LN jusqu'à Nogent-sur-Vernisson (PK 135) à V250 (35'49"), puis 232 km jusqu'à Gannat à V220 (70'36"), et enfin 42 km jusqu'à Clermont-Ferrand à V160 (16'46"). Donc 125'26", soit 2h05 et 26 secondes.
            Posté par T33b, 19 juin 2014 à 22:36
  • Qu'on puisse faire des progrès sur la maintenance pour diminuer l'effet exponentiel des coûts par rapport à la vitesse, c'est possible, mais il faudra passer de la démonstration à l'industrialisation du processus, ce qui nécessitera de travailler sur la conception même de la voie. Aujourd'hui, l'expérience de la LGV est à 320 km/h donne un coût de maintenance de l'ordre de 20% supérieur à une ligne à 300 km/h. Par définition, ce qui permettra de garantir un haut niveau de maintenance pour un coût maîtrisé ira dans le bon sens.

    Autre élément à prendre en compte : qui dit LGV dit haut niveau de péages, donc impact sur la rentabilité à la place offerte pour l'opérateur qui ajuste l'offre pour maximiser son bénéfice net par place vendu. Sur SEA, la SNCF s'apprête à écrémer l'offre Paris - Bordeaux de 5 AR en introduisant des TGV Duplex. Elle annonçait 3 AR de TGV sur Clermont Ferrand contre 7 Corail aujourd'hui. Quant à l'impact sur Lyon et au-delà, il n'existe qu'à condition de n'avoir aucune alternative pour augmenter la capacité de la LN1 en fonction de la demande. L'échéance recule mécaniquement chaque fois que la SNCF écrème l'offre : semble-t-il, 8 sillons auraient disparu au SA2014 par rapport au SA2013.

    Par conséquent, c'est l'économie globale du système qui est à prendre en compte et non le seul critère de la performance. La LGV est réellement positive si l'effet sur l'offre est vertueux. La tendance actuelle semble toute autre.

    En outre, il faut absolument intégrer dans la réflexion que le citoyen lambda regarde le temps de parcours par rapport à la voiture en général (l'avion dans certains cas) et surtout le prix, ce qui se traduit par une explosion du marché du covoiturage qui impacte directement le rail. Aujourd'hui, le covoiturage représente 10% du trafic journalier de SNCF Voyages. Les tendances laissent présager d'une part de 30% en 2016... et la grève actuelle pourrait l'accentuer puisque la SNCF invite les voyageurs à se reporter vers du covoiturage ! Si le système ferroviaire n'est pas en capacité de produire un service longue distance en phase avec le "référentiel coût / temps" du moment, il y a risque pour son économie.

    Cela veut aussi dire que si la SNCF est légitime à choisir son modèle économique de rentabilisation maximale de la place offerte, la diversification de l'offre par l'arrivée de nouveaux opérateurs pourrait combler les interstices - de plus en plus grands - laissés vacants par l'opérateur historique.
    Posté par ortferroviaire, 18 juin 2014 à 16:10
    • Le pb est que la sncf pour être rentable organise la pénurie. Elle réduit l'offre pour faire monter les prix. Cette tactique a été adoptée dès le début de la LGV Nord pour éviter sa saturation à son ouverture. Elle déprécie aussi son parc de TGV pour faire augmenter comptablement sa rentabilité (CA/Actif). et donc RFF perd encore plus d'argent, donc il augmente ses péages. Et rebelote ... La SNCF fait de même sur les IC qu'elle force à être décomposé en TER inter-régionaux et ainsi ne plus en supporter la rentabilité (cf Nice-Bordeaux réduit à Marseille-Bordeaux) et donc ne plus être contrainte d'en améliorer le service. Et de dire, "ce n'est pas rentable" !!
      Ce n'est donc pas la LGV qui n'est pas rentable intrinsèquement, mais son utilisation par le seul opérateur qui n'en fait qu'à sa tête. La dette de RFF est essentiellement alimentée par la régénération du réseau. La LGV Sud Est a été "payée" en 10 ans d'exploitation et LN2 en 15 ans. Le coût des péages sur LN couvre le coût total de maintenance (au moins jusqu'à LN5, cf "30 ans de grande vitesse" RGCF), ce qui n'est pas le cas sur le réseau classique. Moins de TGV, c'est moins de péages sur LGV, donc moins de rentabilité, donc moins de recette transférable pour l'entretien des LC. Bref, ce n'est pas en déshabillant les LGV que l'on va habiller les LC.
      Dans le dernier numéro de la RGCF on trouve un comparatif européen des sommes consacrées à la maintenance du réseau (Entretien+Régénération) ; La France est le pays qui y consacre le moins de moyen. Moins on entretien son outil de travail, moins il est rentable. Dans un premier temps on fait des bénéfices (moins de dépenses d'entretien), mais très vite le coût de possession augmente, la disponibilité diminue et la rentabilité avec (optimum du Taux d'actualisation). Il faut donc investir beaucoup plus que si la maintenance avait été faite au fil de l'eau. On en est là !!
      Je ne suis pas sur que le coût des péages sur LN250 soit bien moins élevés que sur LGV. Mais, je proposais précédemment un génie civil avec la "norme" 350+ et une superstructure conçue pour 250 avec une durée de vie de 25-30ans (RVB) upgradable à 350+. On parle d'une durée d'une génération au moins. Les progrès de maintenance et du matériel seront au rendez vous. Le coût de maintenance de LN6 a été de 20% supérieur à LN1 à son ouverture, mais ce n'est plus le cas. Les techniques de maintenance ont évoluées déjà depuis. Les pb ont été identifiés (résonance de la plate forme ... partiellement spécifique aux sols de la région) Le REX sur la partie en grave bitume est très positif à tel point qu'il a été majoritairement mis en oeuvre pour BPL, SEA et EE2. De même l'adoption des patins réducteurs d'attritions atténue encore la rigidité de la voie et ainsi les vibrations supérieures à 30Hz dans le ballast qui le déstabilisent. Ce ne sont que 2 exemples des progrès mis en oeuvre. Un allègement de la charge à l'essieu de 500kg (ce qui n'est pas hors de portée) permettrait de réduire encore l'usure de la voie .. C'est un des projets d'avenir de Arnaud de la Marinière.
      Posté par DEMADE, 19 juin 2014 à 13:20
      • Ah là on touche un problème typiquement français : on dépense une fortune en maintenance et peu en renouvellement... il faut donc rattraper le retard accumulé !
        Après il y aussi le "problème SNCF", qui n'en fait qu'à sa tête (pour pire quasi-systématiquement).
        Si le différentiel de coût est assez peu élevé, on peut toujours voir sur le génie civil (et de toute façon la LGV en IDF sera sans doute conçue pour du V270, donc peu de différentiel par rapport au V250, comme ce sera un tunnel). La question se posera sans doute plus en dehors des zones V270, c'est-à-dire au sud de la base aérienne de Brétigny, où le projet POCL prévoit des courbes pour permettre à terme du V400 (courbes de 6000 m). Or un tel choix réduit les possibilités d'insertion. Donc faut voir pour un tel phasage !
        Si demain sort un TGV suffisamment économe en énergie et en maintenance, suffisamment léger, avec de hautes capacités d'accélération (de l'ordre de 1 m/s²), tout en conservant une vitesse maximale assez élevée (V320~V360), ça peut se discuter...
        Mais restera la problématique de l'accessibilité : pas que pour les PMR (cas d'un TGV à un niveau), mais plutôt au niveau des flux voyageurs ; en effet, un TGV Duplex arrive très mal à gérer des flux de passagers important (la taux d'échange -obtenu en divisant la capacité par le nombre total "d'unités de passage" (nombre d'unités de passage par porte X nombre de portes)- est d'environ 64,5, contre 44,6 pour les Twnidexx suisses et 43,1 pour les TGV Sud-Est).
        Posté par T33b, 19 juin 2014 à 19:04
  • Avec 3 AR sur Paris - Clermont-Fd, il n'y a pas mieux pour dissuader les usagers de prendre le TGV pour un prix presque le double ! Les usagers attendent aussi un minimum de fréquence. Se retrouver avec seulement 3 AR, c'est du grain à moudre pour la covoiturage, le tout sans Intercité qui aura été supprimé ! Ce qui semble confirmer que le TGV vers le centre est bien inapproprié pour Clermont-Fd.

    Pour les 5 AR sur Bordeaux, vous parlez bien des allers directs ? Dans ce cas, le gain de temps sera plus limité de moins d'une heure, le tout pour un prix du billet plus élevé. Encore un effort et il faudra relancer une liaison Intercité Paris-Bordeaux depuis Austerlitz pour combler les trous. Il n'y a plus qu'à attendre l'écrémage pour Paris-Rennes.

    Si la SNCF écrème l'offre sur Paris-Lyon pour rentabiliser les places alors pourquoi invoquer la saturation proche de la LN1 sachant que les problèmes de régularité viendraient aussi de l'insertion des trains venant des lignes classiques sur LGV, nécessitant de passer parfois de 160 à 270 km/h ? Dans ce cas, le POCL tombe à l'eau et il faut mettre l'accent sur l'amélioration de l'existant avec un projet bien ficelé.
    Posté par Altos, 18 juin 2014 à 17:12
  • Est-ce que THNS signifie Trés Habile pour dire N'importe quoi Systematiquement ?

    Vous croyez reellement qu'avec pocl, il n'y aurait que 3 ar tgv paris clermont ? Alors ce n'est pas la peine de debattre sur ces bases. Dans le debat public etait prevu 12 ar tgv paris clermont (dont 7 desservant nevers moulins vichy et 5 desservant seulement vichy). Donc une offre plus rapide et plus frequente qu'actuellement avec un meilleur report modal. Et avec le thns, on sera entre les 2, il n'y a pas de miracle.

    Il faut aussi arreter avec la fable que tgv=+30% des tarifs. Il y a maintenant un bon historique d'etude sur la sensibilité au temps et au tarif et qui conclue au niveau de hausse optimale par minute gagnée sur une od donnée pour maximiser les recettes voyageurs. Et cela ne depend pas des couts d'exploitation. Et cela serait aussi valable pour le thns. Apres ces recettes peuvent entrainer une plus ou moins forte capacité contributive pour rembourser plus ou moins complètement les investissements. Ou etre juste à l'équilibre (c'est le cas de poitiers limoges) voire deficitaire et il faut alors des subventions pour que le service soit fournis

    Ah, et pour la precision, les 3 ar, c'etait entre paris gien et nevers, remplacant 3 intercité sur les 6 prévus en l'absence de projet (ces 3 ic remplaces par des tgv seraient en fait terminus montargis
    Posté par Sp, 18 juin 2014 à 18:19
  • Tout est mélangé dans vos propos.
    Alors l'article que vous citez ne signifie pas "2 ar tgv avec la lgv" mais "lgv ou pas, nous voulons anticiper l'arrivée du tgv en obtenant l'electrification de bourges montluçon puis dans l'hypothese du 'recyclage' des anciennes rames tgv sur polt, montluçon pourrait avoir 2 ar avec paris". Avec la lgv pocl median, ca serait evidemment mieux grace au gain de temps substantiel sur paris bourges et la suppression du rebroussement à bourges (les tgv arrivant par l'autre coté)

    Ensuite qu'il n'y ait que 3 ar sur paris clermont (de taille nettement superieur et avec nevers moulins vichy desservi au passage) est evidemment impossible : pourquoi voulez vous engager le materiel le plus capacitaire sur cette relation sachant sue l'itinéraire n'est saturé sur aucune section ??? Et dans ce cas dites moi voir pourquoi ca ne serait pas le cas avec le thns....
    Bref les etudes de trafic pocl font l'hypothese evidente que l'ensemble des desserte radiales et intersecteurs du grand centre se font en tgv reseau (ou materiel de capacité équivalente et vise un remplissage de 70% de remplissage)

    Si il y a une fable du +30% : la hausse n'est pas du au tgv mais au gain de temps. Ca serait la meme chose en thns. Et c'est aussi le cas pour des projets de lgv où les relations sont déjà effectués en tgv (comme paca, gpso, lnmp). Les etudes d'optimisation conclue à une hausse correspondant à 1/3 de la valeur du temps, donc de 12 à 15 centimes d'€ par minutes gagnée (7 à 9€ par heure gagnée)

    @altos, l'ecremage sur paris lyon, c'est bien ce qui se produira si pocl ne se fait pas, avec la hausse des tarifs qui l'accompagnera

    @ortfferroviaire, pour la clarté du débzt, vous pourriez admettre avoir "bouletter" en parlant de 3 ar paris clermont à moins sue le but ne soit d'effrayer par tous moyens contre le tgv (dans ce cas, plus la peine d'argumenter et documenter votre site)

    Les peages plus cher sur lgv ne sont pas du au cout des lgv mais à la capacité contributive (et lié à la saturation de la ligne) sans quoi on ne comprendrait pas que la lgv est est un péage nettement moins cher que paris lyon (pourtant largement remboursé). Et par contre une section v200 a un peage bien superieur a une section classique (et quand elle est parcourue par un tgv, c'est meme le niveau de peage de l'interconnexion qui s'applique)
    Que la sncf ecrete ses tgv sur bordeaux lyon pour protester contre la hausse des péages n'est que la conséquence absurde de la séparation rff/sncf : un operateur intégré ne prendrait jamais pareille décision, le peage ne devrait correspondre qu'au cout marginal de circulation, le cout complet devant etre pris en charge par la marge optimisée de l'ensemble des circulations.

    Enfin ecreter les circulations, la sncf sait le faire pour autre chose que du tgv, preuve que ca n'a rien à voir.

    Et là on parle de lgv, à la mise en service, il y aura forcément augmentation de l'offre (sur l'axe lgv et/ou en missions prolongées) : le contraire ne s'est jamais vu

    Pour finir, il n'y a aucune raison d'opposer lgv et ligne classique: dans l'investiisement pocl, il y a des investissements sur ligne classique. Le reseau classique est particulierement parcourues par les tgv, de nantes à orleans, de bourges a montluçon, de orleans à bourges à saincaize, de orleans à vierzon à chateauroux à limoges, de gien a nevers, de saicaize a moulins à vichy à clermont, de roanne à st etienne : rien n'est abandonné au contraire et beaucoup de relevement à 220 sont souhaitables et non antagoniste avec pocl, bien au contraire.
    Le financement public de pocl, c'est 9 à 10 milliards d'euros, moins de 0,5% de la dette publique, donc arretons de faire peur !
    Paris clermont en 1h45 dans le dernier scenario de pocl qui fait consensus (avec crochet saincaize et intercov auvergne rapproché), paris lyon en 1h45, paris marseille en 2h50, nantes lyon plus rapide par orleans que massy et bien d'autres chose, ca vaut la peine par rapport a des scénarios mous laissant clermont à 2h40 de paris et la ln1 saturée
    Posté par Sp, 18 juin 2014 à 22:25
    • Si, si ! Relisez bien : on parle bien de la LGV ! (ou plutôt des TGV qui desserviront Montluçon)

      Pour le Paris - Clermont, la question n'est pas de savoir si la ligne sera saturée ou pas : on parle plutôt de rentabilité pour l'exploitant. Si vous lisez bien les études de la LGV POCL, on constate que les péages seront identiques sur les LGV Sud-Est et POCL, soit près de 22,0298 euros le train-km aujourd'hui (TGV Radial en "Heure Normale"), contre 5,088 euros le train-km aujourd'hui (pour les IC en "Heure Normale").
      Avec le THNS, les écolos l'estiment à 10 euros le train-km (sans distinguer LN ou LC).
      Et en calculant pour les section à V220, on trouve (pour un "ICGV" ou THNS Radial en HN) 8,0263 euros le train-km aujourd'hui.
      Donc le tarif THNS sera sans doute plus faible !

      Est-ce que vous avez lu les pésentations RFF des ateliers citoyens sur les dessertes de la LGV POCL ? Elles permettent un éclairage méthodologique : RFF prend comme hypothèse (à partir des études de déplacements tous modes) que la part modale du ferroviaire sera de 50% sur les différentes OD étudiées, et que l'exploitant utilisera un matériel de 350 places.
      Or vous devez savoir que les péages sont en euros par train-km, et qu'ils représentent environ un tiers du coût du train. Donc on peut estimer à 50~60 euros le train-km le coût d'exploitation d'un TGV. Si l'on divise cela par "seulement" 350 personnes, on obtient un coût d'exploitation par passager dans le cas d'un train rempli à 100% à 14,29~17,14 ct d'euro par km. Donc un Paris - Clermont (environ 420 km) coûterait 60~72 euros (à prix coûtant !). Donc en comptant la marge opérationnelle de la SNCF, et les incertitudes sur le taux de remplissage... on arrive facilement à 90~100 euros ! (De plus, 61 euros, c'est le prix actuel du billet Pro 2nde)
      Donc les fréquences estimées par RFF sont très probablement "foireuses", sachant que la SNCF vise à une rentabilité maximum (ou du moins à assurer les 10% de marge brute), et donc à moins de fréquences mais plus de places par train (Disparition progressive des TGV à un étage, du fait de la non-commande d'AGV et de la commande de TGV du futur à 2 niveaux).

      Les gains de temps sont dus au TGV, non ? Donc...

      Enfin vous parlez de nécessaire augmentation de l'offre en cas d'ouverture de nouvelles LGV... bien sûr, mais quand il y a un nouveau marché important au bout ! Or là, le marché "territoire" est trop faible pour justifier une LGV, et le marché "Sud-Est" était censé croître avec la construction de nouvelles LGV... malheureusement (car je ne suis pas anti-LGV comme mes écrits ci-dessus auraient pu vous le faire penser), la premiers bouts de la LN PACA (qui devrait déjà être en construction à mon humble avis) ne seront pas décisifs sur la croissance du marché Paris - Nice/Côte d'Azur (le seul qui possède un potentiel non acquis au train aujourd'hui), et la LN Montpellier (Lattès) - Perpignan a été reportée à après 2030...
      Donc la croissance du trafic reposera pendant encore 30 ans uniquement sur la croissance "organique" (au fil du temps), et pourra certainement être absorbée en généralisant l'usage de TGV du futur (1200 pl. en UM2 à confort constant, contre 1032 pl. pour une UM2 de TGV Duplex) et par l'usage d'une signalisation plus performante (ERTMS 2 permettant 15 trains / h, voire ERTMS 3 avec 19 trains / h).

      Le gain de temps maximisé, ça ne sert à rien sur les liaisons avec le Massif Central... En effet, il n'y a pas de concurrence aérienne (insignifiante) pour justifier de tels gains de temps. La seule concurrence ici est celle de l'automobile : il faut certes être plus rapide que la voiture (ce qui est déjà le cas), mais le prix ne doit pas être prohibitif non plus... voyez le succès du covoiturage...
      Pour Clermont et Limoges, un temps de trajet de 2h30/2h20 (respectivement) suffit amplement ! Il faut que le prix du billet reste constant par rapport à aujourd'hui, voire réduit, pour attirer un maximum de clientèle (faisant baisser le coût par passager transporté). La fréquence (1 train par heure strictement cadencé) fait le reste.
      Je reconnais bien volontiers que 9~10 Mds, c'est "rien", par rapport au PIB Français ou à la dette publique, mais il faut tendre vers l'optimisation des moyens.
      Posté par T33b, 18 juin 2014 à 23:40
      • Vous pouvez comprendre ce que vous voulez, mais si vous croyez qu'à des voeux de 2013, la SNCF fait un accord avec Montluçon pour le nombre de desserte TGV à horizon d'un projet de LGV bien loin d'être approuvé, vous vous trompez grandement.
        je me répete, il s'agit de négocier l'electrification de Bourges Montluçon à court terme et dans l'hypothèse où les Corail Teoz de l'axe POLT auraient été remplacés par des TGV PSE recyclé, la SNCF promettait alors à Montluçon 2 AR "TGV" (sur ligne classique !)
        Cette hypothèse a été abandonnée au profit de matériel neuf : tant mieux. Ca ne change rien pour Montluçon dont j'imagine toujours que pour la SNCF, le niveau d'offre doit être de 2 AR. L'electrification peut rester pertinente s'il s'agit de matériel électrique pour profiter des hautes vitesses entre Paris et Vierzon et en anticipation du POCL. Si c'est du matériel bi-mode, néanmoins capable de faire du 200 ou 220 là où c'est possible, l'électrification sera dure à justifier. Encore une fois, quand bien même l'article parle de LGV, c'est juste un condensé du journaliste
        Posté par SP, 19 juin 2014 à 10:04
    • Mea culpa : 3 AR Paris - Clermont, ce serait la desserte directe. RFF parle de 12 à 13 AR, ce qui en revanche semble extrêmement ambitieux, surtout par rapport aux pratiques de l'entreprise ferroviaire.

      Mis à part ça, donc, hors de la logique "continuons de creuser le trou en faisant du tout TGV", point de salut. Mais est-ce qu'on augmente significativement la part de marché du rail sur Paris - Clermont en passant de 3h à 1h45 par rapport à un scénario où on passe de 3h à 2h40 compte tenu du fait que le train est déjà significativement plus rapide que la voiture ?

      Quant à comparer le coût des LGV au niveau de la dette publique... il vaudrait mieux prendre en compte leur impact sur la dette ferroviaire.

      Et pour l'horizon de saturation de la LN1, personne n'arrive à dire clairement quelle est la vraie limite et quand sera-t-elle atteinte, puisqu'en parallèle, l'opérateur unique enlève des trains...
      Posté par ortferroviaire, 19 juin 2014 à 09:06
      • Dans les prévisions de desserte du débat public, il n'était pas prévu de desserte directe (après, c'est de la froide rationalité économique, on pourra comprendre l'opérateur ou des élus qui voudront un train drapeau, mais commercialement, il ne se justifierait pas). Il était prévu 5 AR quasi direct (avec arrêt seulement à Vichy) et 7 AR "caboteur" (avec arrêt Nevers, Moulins et Vichy)

        Je ne sais pas ce qu'est la logique du "tout TGV", je ne sais pas dans quel pays elle s'applique. Je vois juste que ça ressort systématiquement des argumentaires de ceux qui ne veulent pas de TGV. Soyons sérieux, prenons l'ensemble des investissements ferroviaires, par exemple de 1970 à aujourd'hui et chacun constatera que les LGV n'en représentent pas la majorité. Prenons les trafics et on constatera que presque la moitié des passagers.km sont hors TGV (ce qui au prorata des investissements montre d'ailleurs bien que les LGV sont efficaces. Accessoirement, ça montre aussi la non-pertinence de l'argument "1 passager sur 10 voyage dans un TGV" (c'est vrai, mais c'est pour parcourir plus de km, donc ça mérite de pondérer).
        C'est vous qui êtes dans un schéma binaire stérile "tout TGV ou 0 TGV". Eh bien on peut faire les 2, mais pour ça, il faut sortir de la logique austéritaire et de l'allergie à la dette.

        Bien sur que oui, cela a du sens de comparer le cout des LGV à la dette publique et non à la dette ferroviaire. Il en a été ainsi de la construction du réseau ferroviaire, y compris par les compagnies privés, dès qu'il s'est agit de faire des lignes au delà des axes rentables, l'Etat a pris en charge le cout du gros génie civil, et les compagnies ferroviaires ne supportait (via les usagers) que le couts de la superstructure. Les 1ères LGV qui ont pu intégralement se financer par l'usager sont l'exception. Néanmoins, toutes les LGV financent largement leur superstructure (et souvent bien au delà). Il faut séparer dans la dette ce qui a une perspective d'être amorti, de ce qui ne peut pas l'être. Quand on dit, la dette ferroviaire provient des LGV, c'est inexact (à l'exception partielle de la LGV nord). En réalité l'Etat a toujours subventionner le réseau, mais avec les LGV il s'est dit "c'est bon, je n'ai plus besoin des petites ligne non rentables du réseau existant", donc j'arrête de les subventionner. Il s'en est suivi le manque d'entretien qu'on connait, ce qui aurait pu avoir du sens dans une logique de fermeture, mais comme ça n'a pas été fait, il a bien fallu engager des dépenses, et voilà d'où elle vient la dette ferroviaire. Les LGV remboursent leur dette (entre 2030 et 2040, les dépenses engagées pour la LGV med auront été remboursées). Et je précise que je suis archi contre la fermeture des petites lignes, et donc pour les subventionner, mais de toute façon, il faut le faire LGV ou pas, sinon, elles ferment (sauf que sans LGV ça se voit encore plus car il ne resterait quasiment plus rien du réseau ferroviaire : les LGV sont un alibi pour fermer, pas une cause)
        Donc ça a du sens de comparer le montant des investissements pour équiper le pays à la dette publique. Pour bien montrer que ça ne va pas bousculer les équilibres (on ne parle pas d'un plan de milliers de milliards, mais de 80 milliards, soit la fraude fiscale d'une seule année) !
        Mieux que ça, vu qu'il s'agit d'équipements pour des siècles, ça justifie de comparer à la part de la richesse du pays sur 50 ans qu'il faudrait y consacrer. Quand chacun aura compris que ça ne représente qu'un pouième de pourcentage, on pourra alors discuter rationnellement des choix d'investissement les plus efficaces par euro investi sans que ne s'oppose systématiquement les cabris sur "la dette, la dette, la dette !".
        Car si 12 milliards de POCL, c'est trop, pourquoi 6 milliards de THNS, ça ne serait pas déjà trop aussi (vu que "la dette, la dette, la dette !") ? Peut être que 1 milliards, c'est même déjà trop. Peut-être meme qu'il faut désinvestir et fermer des lignes vu que "la dette, la dette, la dette !"

        augmentation part de marché du rail
        3h, 2h40, 1h45

        Vous demandez : "est-ce qu'on augmente significativement la part de marché du rail sur Paris - Clermont en passant de 3h à 1h45 par rapport à un scénario où on passe de 3h à 2h40 compte tenu du fait que le train est déjà significativement plus rapide que la voiture ?".
        Ce qui est sur, c'est qu'on augmente la part du rail de 8% avec POCL sur les liaisons du Grand Centre (ou alors vous allez contester les bureaux qui font ces études, moi je n'en suis que spectateur/lecteur). Mais puisque selon vous, le train est déjà significativement plus rapide que la voiture, le rendre un chouia plus significatif avec 2h40 au lieu de 3h pourrait donc ne rien changer ?? Toute votre analyse repose sur l'idée qu'il y aurait un seuil dans les gains de temps au delà duquel, il n'y a plus de gains de passagers. Mais quelle étude appuie ce raisonnement ? La réalité est que chaque individu fixe son seuil différement (selon son "amour" relatif du train ou de la voiture (il y a des passionés qu'un train lent ne rebutera jamais, et des pro-bagnoles qui même avec des temps ferroviaire hyper réduit ne prendront jamais le train), de son éloignement des gares de départ et d'arrivée, du besoin plus ou moins fort qu'il a d'avoir une voiture à l'arrivée). Et au global, on a un report modal continue en diminuant les temps de parcours.
        Et vu qu'on est loin, même avec POCL et à fortiori aujourd'hui, de 100% de part modale ferroviaire, ça veut dire qu'il y a toujours des gains potentiels (ce qui ne veut pas dire linéaire). Sauf à considérer qu'une forte proportion d'usager sont irréconciliables avec le train (pourtant sur des OD performantes, la voiture devient largement minoritaire, donc cette hypothèse ne me semble pas validée).
        J'en veux pour preuve que dans l'étude POCL des différents scénario et variantes de raccordement, il y a des différences de report modal (conduisant parfois à faire circuler des trains supplémentaires) selon que Paris Clermont se fasse en 2h05 (scenario ouest), 1h55 (médian) ou 1h45 (médian avec interco auvergne rapprochée (au nord de SGDF, plutôt qu'au nord de Moulins).

        La question se pose ensuite des couts pour accéder à ces gains. Cela mériterait donc déjà de savoir ce qu'il en coute de faire Paris Clermont en 2h40. Et de ne pas avoir la mauvaise foi de comparer ça aux 12 milliards de POCL qui n'ont pas pour seul objectif de mettre Paris à 1h45 de Clermont. Sur l'ensemble des objectifs du POCL (liste non exhaustive : doubler la LN1, améliorer les temps de parcours Paris SudEst, libérer le RER C, améliorer significativement les temps Paris-Grand Centre (dont Clermont), faire transiter des intersecteurs par le Grand Centre pour améliorer les temps de parcours vers les grande villes de l'ouest, du nord et du sud Est), on peut dire que l'objectif d'améliorer radicalement l'axe Paris Clermont représente (au pif) 2 Milliards d'euros (et pour que ça fasse 12, on dira, toujours au pif, que l'axe POLT+Bourges et Montluçon représente aussi 2 milliards d'euros, l'objectif RER C représente 1 Millard d'euros, que l'objectif des intersecteurs via le Grand centre représente 1 milliards d'euros, que le doublement de la LN1 représente 3 milliard d'euros et l'amélioration des temps de parcours Paris Sud est 3 milliards d'euros. Si chacun de ces objectifs justifie l'investissement correspondant, alors POCL est justifié). Et si on veut théoriser ce cout, on considère que c'est une fraction du cout d'une des sections de l'axe principal emprunté (Paris Saincaize ou Paris Moulins ou Paris SGDF selon les variantes) et les raccordements
        La question est donc maintenant de savoir ce qui est possible de faire si on ne traite que l'axe Paris Clermont. Si le résultat doit etre un temps de parcours de 2h40 soit 1/4 des gains de POCL, il parait logique de n'y engager qu'une fraction de ces 2 milliards. Une section de Ligne Nouvelle (fut-elle à seulement 250 km/h) entre Bretigny et Montargis ou Gien dépasse ce budget (elle ne peut donc s'envisager que si elle est mutualisée avec un autre objectif comme le POLT ou le doublement de la LN1). Il faut oublier tout autre section significative de LN (RFF avait envisagé un barreau GV entre le nord de Gien et le nord de Nevers (pour profiter à toutes les villes desservies), mais il en couterait 1.4 Md€ pour gagner 22 min. Il reste quelques shunts envisageable et des relèvements de vitesse. Une étude reprenant le schéma directeur de la ligne indique que pour 800 millions d'euros, il est possible de gagner 20 min. Soit 25% des gains potentiel, pour 40% du cout que POCL consacre à cet axe. Le bilan ne parait donc pas favorable à cette solution intermédiaire.


        Pour la saturation de la LN1, j'imagine que l'opérateur actuellement ne retire pas les trains en pointe, mais en heures creuse (là où il manque d'usagers pour les remplir). Donc qu'est-ce que ça change aux perspectives de saturation ? Et puis on parle pour POCL de quelque chose entre 2030 et 2050... alors la conjecture de 2013 à 2014, c'est pas ça qui importe.
        Enfin POCL se justifie qualitativement par la saturation de la LN1 et le besoin à long terme de doubler l'axe. Mais si vous prenez le bilan socio économique de POCL, vous constatez que c'est un projet rentable y compris sans prendre en compte les avantages de la désaturation (c'est à dire que les gains pour la desserte du territoire Grand Centre et l'amélioration Paris SudEst justifient son cout). La construction des hypothèses de desserte ne valorise pas la suppression de l'écrètement du trafic du à la saturation(c'est à dire que le nombre de TGV entre Paris et le Sud est est supposé constant, hors effet des gains de temps. Le nombre de train en heure de pointe sur Paris Sud Est est considéré identique selon que POCL soit réalisé ou non. Les nouveaux trains sont considérés être positionnés hors pointe).
        POCL est donc un projet qui peut se permettre d'être réalisé avant que la saturation ne soit effective (et de toute façon, la saturation, c'est pas "binaire" saturée/pas saturée, c'est progressif) et donc répondre à cette saturation par anticipation
        Posté par SP, 19 juin 2014 à 12:36
        • Disons qu'on conteste votre raisonnement d'appliquer le TGV à tous les territoires...
          Il y a d'autres solutions (intermédiaires) qui méritent d'être approfondies.
          Bien sûr que le TGV peut être pertinent à certains endroits : PACA, Toulouse, etc.
          Et il est tout aussi vrai que les arguments "1 passager sur 10" sont trop simplistes (Il vaut mieux parler en passagers-km).

          Il n'y a pas de logique "austéritaire" à vouloir optimiser les moyens pour mettre en place une desserte rapide et fréquente le plus tôt possible. Le THNS (je préfère ICGV en fait) est un système qui permet et la desserte des gares intermédiaires et des fréquences élevées, le tout pour un prix raisonnable.
          De plus, une simplification des dessertes (comme aujourd'hui sur Paris - Clermont, pas sur le POLT -desserte assez complexe-) avec une train par heure (ou toutes les deux heures) desservant systématiquement les mêmes gares peut attirer une clientèle qui pourrait être rebutée par des horaires complexes sans logique apparente (même s'il y a une logique technique ou économique derrière).
          Il y a une erreur récurrente dans vos arguments : la ligne nouvelle de sortie de l'IDF, d'après ce que j'ai compris, devrait suivre le tracé de la variante III (desservant Orly, potentiel de desserte directe de l'aéroport "Orly Express") de la LGV POCL, qui démarre à Ivry (juste après le Boulevard Périphérique). Et pas à Brétigny (parfaitement inutile !).
          Donc elle remplirait les critères de "libération" du RER C.
          De plus, ce n'est pas 2h40 mais 2h30 pour un Paris - Clermont, soit un gain de temps réel de 1h (seul 1 train par jour et par sens met 3h -le matin vers Paris et le soir vers Clermont-).
          Et pour le POLT, les gains de temps sont équivalents (Paris - Châteauroux : 1h25 avec POCL médian via Bourges GN -sans arrêt-, 1h30 avec THNS).
          Donc tous les critères sont plus ou moins correctement remplis :
          - Amélioration des dessertes du Grand Centre -complètement (1 trains/h minimum sur la majorité des axes !)-
          - Paris - Clermont en 2h -partiellement atteint (50% par rapport au direct quotidien, 66% par rapport aux trains "lambda")-,
          - Raccorder Orléans au réseau TGV -déjà fait !-
          - Itinéraire alternatif à la LN1 -rempli si Paris - Lyon atteint en moins de 3h (2h45), grâce à un tarif plus faible-
          - Permettre une relation GV entre Clermont et Lyon -presque complètement (1h40 au lieu de 1h20)-

          Il n'y a pas de binarité "GV / pas GV", il y a simplement recherche d'un compromis crédible entre échelle de réalisation (le plus tôt est souhaitable), coût, desserte et vitesse.
          L'échéance à long terme (vraisemblablement 2035~2040) de saturation de la LN1 peut être repoussé au fur et à mesure des évolutions techniques (Duplex plus capacitaires, Cantonnement mobile, etc.)... donc faut voir !
          Posté par T33b, 19 juin 2014 à 15:58
        • Donc il faudrait à la fois construire les LGV prévues dans le SNIT et moderniser le réseau classique et se moquer de l'augmentation de la dette qui n'est absolument pas un problème ? Si vous semblez si moteurs sur cet axe d'argumentation, allez le vendre au Ministère des Finances. Après, on reviendra parler de chemin de fer.
          Posté par ortferroviaire, 19 juin 2014 à 15:58
          • NON EVIDEMMENT, ne vous fâchez pas. Mais si on doit construire des tronçons de LN autant le faire aux normes LGV sur les axes planifiés pour cet objectif dans le SNIT. Par exemple, cela ne serait pas le cas sur LNPN car les distances entre villes sont trop courtes et la destination la plus lointaine est Cherbourg (300km à vol d'oiseau) avec un potentiel de trafic assez faible. Ce n'est pas pour cela qu'il faut faire tout le SNIT.
            Pour la dette, les allemands et les anglais, dont on parle moins, l'ont réintégré dans la dette du pays ou la garantisse et l'ont effacé du passif du gestionnaire du réseau (http://www.theguardian.com/business/2013/dec/17/network-rail-public-body-uk-national-debt). De toute façon, Bruxelles risque un jour de mettre tous le monde d'accord en réintégrant les dettes des institutions à caractère public dans la dette des états.
            Et quelle est la dette du réseau routier financé par l'état (nos impôts)?
            Posté par DEMADE, 19 juin 2014 à 17:38
          • Il n'y a malheureusement pas de dette du réseau routier, car elle a été mutualisée avec celle de la Nation... (ou des départements)

            Bien sûr qu'il faudrait que l'Etat récupère la dette de RFF (une quarantaine de Mds), qui lui coûte près de 1,4 Md par an... mais l'Etat est encore intoxiqué au lobby automobile (qui coûte vraiment cher celui-là)... donc c'est pas près de se faire...

            Déjà il faudrait rendre toutes les autoroutes et voies rapides payantes : il est inconcevable que le français lambda (y compris le gamin de 10 ans qui paye la TVA en s'achetant des bonbons !) paye pour des routes inaccessibles par définition aux piétons...
            Posté par T33b, 19 juin 2014 à 17:48
          • "Et quelle est la dette du réseau routier financé par l'état (nos impôts)?"
            C'était une joke !!
            Posté par DEMADE, 19 juin 2014 à 17:54
          • Oh, elle doit bien exister ! Simplement elle n'est pas distincte de l'Etat Central ! (cas des autoroutes gratuites)
            Posté par T33b, 19 juin 2014 à 17:56
        • Avec près de 50 % de passagers km en TGV, sur quoi se base t-on pour dire que les LGV sont efficaces ? J'attends là-aussi plus d'arguments notamment pour le cas CF ?

          Avec POCL, il y aurait 12 AR par jour, soit, mais combien sur CF ? Ah oui, c'est sûr ! Il y aurait nécessairement un accroissement de trafic en allant plus vite ! J'attends surtout de savoir pourquoi aujourd'hui, les usagers qui font Paris - CF ou départ-arrêt intermédiaire utilisent leur voiture...

          Quel report modal vers le TGV en allant plus vite ? Pour le cas de CF, il faudrait plutôt se demander pourquoi Air France ne propose que 5 AR par jour sur CF et 2 AR sur Limoges seulement en semaine avec des avions ne dépassant pas 150 passagers et surtout pourquoi easyJet ne propose pas de vol vers ces destinations. J'ose imaginer que ces bassins de vie n'offrent pas de potentiel économique suffisant pour justifier de telles dessertes. Avec de telles liaisons et des villes pour la plupart de taille moyenne, il y aura donc très peu de report modal potentiel depuis l'avion.

          Une augmentation de 8 % de la part du rail avec le TGV pour le centre ? Sur quels indicateurs ? Quelles garanties sont apportées aujourd'hui que le temps de parcours réduit vers CF pour que les tarifs actuels restent les mêmes ? Aucune ! Il est évident que les tarifs des billets pour CF par POCL seront plus élevés que ceux d'aujourd'hui, le tout avec des dessertes aménagées de telle sorte que les recettes par siège et par km soient les plus optimales. Cela risque d'aboutir à un écrémage des sillons et des fréquences réduites sur CF, voire les arrêts intermédiaires. Peut-on parler de progrès social pour les usagers avec des trains plus rapides mais moins fréquents et plus chers ? Sujet bien sûr traité que très partiellement lors du débat public...

          Le problème vient aussi de la politique commerciale TGV. La réservation est obligatoire et il n'est pas possible de changer de train pour partir plus tôt ou plus tard sans changer de billet avec des sommes forfaitaires supplémentaires. La possibilité de prendre les trains encadrant à partir du train réservé à été supprimée et n'est réservée qu'à l'offre TGV Pro qui n'aurait pas eu de franc succès. Le système de tarification par le Yield Management pénalise les usagers qui ne prennent le train qu'à la dernière minute ou qui doivent changer de train le jour J. IDTGV fait encore mieux, l'usager qui ne part pas de la gare indiquée même en montant à une gare intermédiaire paiera une amende de 35 € ! Avec de telles conditions tarifaires, comment vont réagir les usagers ?

          Je lis que RFF aurait annoncé que le niveau des péages de la LGV SEA seront différents des autres LGV, mais sans en dire davantage.

          Faire une LGV par anticipation d'une saturation de la LN1, c'est original comme argument. Les TGV Paris-Lyon en heures creuse sont en US Duplex quand les HP sont en UM, dont la cadence monte même à la 1/2 h sur 17-18h. Je vois mal aujourd'hui comment peut-on cadencer 1 TGV tous les 1/4 h ! Le seul moyen est d'augmenter

          Pourtant, la cause des retards est clairement identifiée. 72 % des retards proviendraient de l'insertion des TGV retardés provenant des lignes classiques. Le nœud ferroviaire de Lyon est très chargé et la projet POCL n'est pas en charge de traiter ce sujet et rien n'a été bouclé aujourd'hui. Un autre irrégularité vient aussi de la grande ceinture à Valenton pour transiter à Massy, ce qui justifierait là, la LGV interconnexion sud. D'autres irrégularités viennent de la LN5 vers Marseille, là où la LGV ne sera pas dédoublée. Si on met plus de TGV sur Lyon, je me demande si l'infrastructure sera en mesure de supporter cette croissance. Mais RFF n'a pas souhaité étudier davantage pourquoi autant d'irrégularité des TGV sur ligne classique, on se demande pourquoi...

          Le seul report massif qu'il y a eu ces dernières années sur le LN1, c'est le report des Lyria pour Zurich depuis Paris Est et les Paris-Mulhouse dont l'Intercité qui partait de Paris Est ne va plus que jusqu'à Belfort. Quand aux trains Paris-Barcelone, il s'agit simplement d'un prolongement des mission vers Perpignan. Même si on réalise la LGV de bout en bout vers Barcelone, il faudra aller en 5h35 vers cette destination depuis Paris. Je doute qu'on puisse massivement attirer des voyageurs en avion vers le TGV. Aujourd'hui, il n'y a pas de programmé de sillon supplémentaires sur la LN1 excepté une liaison Lyria vers Genève partant de Gare de Lyon à 6h11 le matin (en dehors des heures de pointe!). A moins que quelqu'un soit mieux renseigné que moi...

          Oui la LGV PACA est justifiable économiquement mais vu sont coût, ce sera long pour la réaliser...même si les principales liaisons aériennes en France aujourd'hui se font vers Toulouse (ce qui ici justifie la LGV sans problème) et Nice. Là, on pourrait tenter de faire un peu de report modal, à voir...mais si la LGV est réalisée
          Sachant qu'il circule déjà 1 TGV toutes les heures sur Paris-Nice (2 h en HC) sans parler des TGV vers Bruxelles et vers Genève, le trafic est déjà nettement plus important que vers le centre de la France vu qu'on ne parle pas du même bassin de vie.

          En fait, la ligne POCL serait justifiée par anticipation de la saturation de la LN1 qui dépend de la croissance et de la construction des LGV qui généreraient des flux supplémentaires. Il est aujourd'hui difficile de mesurer quand la LN1 serait saturée sans qu'on sache exactement le seuil de saturation et les améliorations possibles comme l'usage plus important des UM (les Lyria utilisent des UM vers Genève et Zurich ?), l'ERTMS 3 avec 19 trains/h...). Pour 12 Mds d'€, c'est un peu beaucoup, non ?

          En guise de saturation, l'activité TGV est depuis l'année dernière en stagnation voire en repli, sachant que la SNCF aurait même affirmée que les TGV intersecteur ne seraient pas rentables (recettes plus faibles) et qu'il y aurait en projet de la écrémer.

          Avec 7 AR Paris - CF, je vois mal comment peut-on dire que la POCL serait rentable. En fait, on souhaite faire basculer un max de TGV sur le POCL pour rentabiliser la ligne avec que la seule desserte du centre de permettra pas de le faire. Ensuite, mesurer un gain économique de vitesse de 4 milliards d'€, sans savoir d'où il viennent et sans savoir si on augmentera la part modale ferroviaire, on pourrait alors penser à une perte possible !

          Si on fait une ligne en tunnel depuis Ivry avec un tunnel à 250 km/h jusqu'à Montargis zone de raccords (traiter le cas du passage par Orléans pour le POLT), le tout avec amélioration de l'existant aussi bien sur CF que Limoges (Tenter le 220 des Aubrais à Vierzon voire jusqu'à Châteauroux et augmenter les tronçons 220 sur CF), on a largement du gain d'une heure sur les deux itinéraires avec sans TGV mais avec le THNS. Si on faisait le POCL, au delà de la Sologne (déjà coupée par l'A71!), le TGV ira sur ligne classique donc gain plus limité qu'on l'imagine tout comme sur CF. Pour Montluçon, l'électrification quelque soit le type de projet retenu sera inéluctable!

          RFF a éludé le principe du THNS au motif que même à 7 milliard d'€uros, le gain est trop faible sans savoir qu'est-ce qu'il intègre dans le cout global malgré que le projet THNS soit 2 fois moins cher que le POCL pour des résultats quand-même probants. Il y a de quoi rester sur sa faim sachant que RFF n'avance pas d'argument probant pour justifier la non-étude de ce scénario ! RFF ne sait justifier que les LGV ?

          Un THNS Paris-Lyon en 3h10, c'est parfaitement défendable économiquement. Il a été évoqué le cas du TER Bercy-Lyon qui met 5h00 de trajet en s'arrêtant à toutes les gares. Il serait saturé et il est impossible de savoir quelle est la proportion d'usagers faisant du Paris-Lyon. Pour moi, il est nécessaire de savoir s'il y a une demande réelle d'un train certes plus lent, mais moins cher pour Paris-Lyon. Il est regrettable que RFF ne se soit pas davantage penché sur le sujet. On pourrait alors voir si on pourrait écrémer des TGV Paris-Lyon sur ce scénario.

          Le THNS, c'est aussi améliorer la transversale Nantes-Lyon. Oui, mais le POCL en parle aussi. Oui, mais vu le coût de ce projet, il risque d'y avoir pas de travaux sur l'existant à part électrifier la ligne Bourges-Montluçon et laisser le reste dans son état actuel en réalisant seulement la partie LGV. En combien de temps on ferait le parcours Nantes-Lyon en POCL ? Si c'est la même durée, alors le POCL ne peut justifier économiquement un tel investissement sans gain de temps pour du 320 sur une portion du parcours vu que le Nantes-Lyon devra se faire par Angers-Tours-Vierzon-Bourges-Saincaize-Roanne donc l'essentiel en ligne classique !

          Le bassin de vie du centre de la France est plus petit que celui de Toulouse ou de la région PACA et nécessite la dessertes de villes moyennes dont le TGV semble difficilement pouvoir répondre (moins d'arrêts que possible, maximisation des recettes d'exploitation pour les péages, écrémage des sillons pour faire rouler des trains bien remplis...). Les usagers risquent d'être déçus pour certains de voir un service qui ne répond pas vraiment à ses besoins (fréquence, souplesse de réservation, tarif non discriminatoire selon l'avance de réservation et maintenu au plus bas que possible, prestations identiques au TGV...).
          Posté par Altos, 19 juin 2014 à 19:22
  • @ortferroviaire, pas forcément toutes les lgv du snit : poitiers limoges on peut enlever grace à pocl, bearn, j'en serais pas un fervent partisan, toulouse narbonne ne me parait pas urgent et le beo complet n'est pas utile compte tenu du reseau existant (mais courtalain chateauneuf orleans, ca se discute). Rhin rhone sud, j'enleve aussi.
    En gros, je pense qu'il faut paca, lnmp, lyon turin (et tout ça implique pocl), gpso, lnpn, lnobpl (mais ca, c'est le dernier et car je suis breton et j'ajouterais à ce projet nantes-angers)
    Et oui, il faut faire ça ET entretenir le réseau existant ET moderniser le réseau existant partout où c'est nécessaire et utile ET rouvrir des lignes. Ca a bien été fait pour la route et j'ai jamais vu qu'on mettait en balance la création d'une autoroute avec la fermeture d'un chemin vicinal !
    Il y faut des moyens mais c'est une infime fraction de la richesse nationale. C'est necessaire pour la transition ecologique et benefique pour la société.

    Vous avez le droit de préférer à cela la logique austéritaire, mais alors vous ne pourrez que patauger dans le chemin de fer du pauvre. L'argent qui n'ira pas au chemin de fer ira à la voiture. Et la société sombrera avec.
    Et non la dette n'est pas un problème si on ne la met pas au service des marchés financiers mais au service du pays.

    @t33b, non je ne dis pas que le tgv est pour tout les territoires. Mais je dis que quand, c'est possible, c'est mieux, or là il y a l'opportunité d'adosser la desserte tgv du grand centre grace à un grand projet national qui dépasse ce territoire : le doublement de la ln1.
    Pour limoges toulouse, clermont nimes, clermont beziers, clermont toulouse, nantes limoges, pertuis briancon, nice grenoble etc... Vous ne m'aurez jamais entendu y préconiser des lgv : pourtant il faudrait des trains !!! C'est là qu'il faudrait deployer le concept thns, non pas pour remplacer des projets de tgv pertinents (pour des liaisons qui auront de toute façon le train) mais pour amener le train là où il est scandaleux qu'il ne soit pas.

    Mais c'est l'erreur éternelle des ecolos de se tromper de cible (ie les energies renouvelables pour sortir du nucleaire alors que ca devrait etre pour sortir de fossile, le thns pour sortir du tgv alors que ca devrait etre pour sortir de la voiture)
    Meme sur un axe comme aubagne toulon, je ne suis pas favorable à une lgv ni une ln dès lors que c'est trop compliqué, qu'il existe une solution sur le réseau existant et que la dépense de cette ln est hors de proportion avec les gains de temps (pourtant les ecolos sont pour, comme quoi les arguments sur le cout ou la priorité à l'existant sont à géométrie variable...)

    Pour le grand centre, ameliorer la desserte rapidement, cela signifie phaser pocl et les relevements de vitesse là où circuleront toujours des tgv. Qu'on exploite ça en thns en phase intermediaire, peu importe (de toute facon, pour aller à lille ou marseille depuis le territoire grand centre, il daudra bien du tgv)

    Pour la sortie de l'idf, je disais une ln bretigny gien dans une logique d'economie car de toute façon, tant qu'il n'y a que les trains radiaux du territoire, ca passe comme aujourd'hui. Sinon, il faut rajouter quelques milliards, ce qu'evidemment les ecolos ne font pas (tout en s'en appropriant les avantages)
    A noter aussi que c'est forcément à gien qu'aboutit cette ln, pas montargis (lors de la construction des scenario pocl, il y en avait 1 encore plus à l'est que le scénario est (et qui ne desservait rien du centre), mais il y a une zone entre les 2 qui ne peut etre franchie)

    Pour les gains de temps, je ne fais aucune confiance aux annonces des ecolos (quand on voit ce qu'a fait claraco sur bordeaux toulouse ou que le thns annonce 1h30 sur marseille nice desservant toulon st raphael (sic) cannes (re sic) avec des bouts de ln aubagne toulon et est var sophia nice (qui exclue de fait st raphael et cannes de ces dessertes rapides), et que rff annonce 1h46 dans son projet équivalent (avec pourtant du 270 km/h là où le thns prétend plafonner à 250)

    Erreur dans votre propos, le scenario pocl median ne prevoit pas de gare nouvelle pour bourges (donc vous l'inventer et ensuite vius hurlerez que c'est nul le tgv car il y a des GN)
    Il est impossible que le thns fassent mieux sur paris chateauroux que le pocl pour les tgv via vierzon puisque la seule difference, c'est sur la ln paris orleans a l'avantage du pocl puisque v320 pour pocl contre v250 pour thns

    Et paris clermont en 2h30, c'est forcément sans arret donc, ca ne peut pas etre comparé aux 3h30 avec arret actuel.
    Ce que permet pocl entre paris et giens c'est un gain de 35 min. Donc en thns, c'est forcement moins, disons 30 min. Prétendre gagner 30 autre min entre gien et clermont, c'est mensonger : au mieux, ce sera 10 (en incluant des shunt tels que randan et saincaize)

    Un train par heure sur la majorité des axes, c'est ce que fait pocl, sauf montlucon mais on voit pas pourquoi thns ferait mieux ! Par ailleurs en thns, on voit pas comment bourges pourrait avoir une bonne desserte ( car toujours desservi en impasse alors qu'avec pocl, bourges est desservi au passage sur paris montlucon et paris chateauroux limoges.

    Quand a l'itineraire alternatif paris lyon en 3h, outre que le calcul du temps de parcours serait à revoir, il me fait bien rire ! Et puis pourquoi serait il moins cher (vu qu'il necessite 2 ln plus chères que ce qu'a couté la ln1 deja amortie !!). Donc les trains seront nettement moins bien rempli et certainement pas plus frequent

    C'est la lgv pocl qui permet au territoire grand centre d'avoir des trains rapides donc rempli donc frequent donc pas chere et sans subvention d'exploitation. Il ya 17 ar paris marseille tgv aujourd'hui. Il y en avait combien avant le tgv ??? Le nombre de relations diurne est deja forcement contraint par des horaires de depart et d'arrivée "de jour"

    Effectivement, il n'y a pas de binarité gv/pas gv. C'est vous qui le pensez pour les territoires où vous estimez qu'il ne faut pas de gv. Et j'ai un scoop pour vous : la gv a toujours été phasé. L'itinéraire actuel paris lyon s'est fait en 3 étapes; il y a eu 3 autres etapes pour rejoindre marseille et nimes.
    Il faudra 3 etape pour paris toulouse (tours puis bordeaux, puis toulouse) etc...
    On peut tres bien phaser pocl puisqu'il est reconnu que c'est le schéma de long terme pertinent, quitte à ce que les étapes intermédiaires soient "sous rentables" (c'est bien le cas en paca ou desaturer les noeuds marseillais et nicois edt necessaire mais n'a aucune rentabilité)
    Posté par Sp, 19 juin 2014 à 17:45
    • @Sp
      Pour le THNS, il est évident qu'il faut le développer sur tout le territoire (comme le proposait la FNAUT, voir le SD IC, très instructif). Mais personnellement j'ai plus une approche anti-covoiturage/voiture (j'estime que le covoiturage est une connerie sur les longues distances, vu que le report se fait du train vers l'automobile) : il faudrait ainsi proposer des liaisons "à bas prix" entre grandes villes desservant les villes moyennes intermédiaires au passage, avec un vitesse commerciale supérieure à la voiture, avec des tarifs faibles (de l'ordre de 7~8 ct le km) qui décroissent en fonction du nombre de passagers (mini-groupes et groupes comme sur les IC). Ces bas prix sont obtenus grâce à un matériel suffisamment capacitaire (minimum 500 pl., donc un Coradia V200), avec une 1ère classe réduite au minimum (quelques dizaines de places), et une circulation sur ligne classique.
      Cela permettrait aux personnes non pressées de prendre le train (au lieu de la bagnole), et de desservir des villes intermédiaires (exemple d'un Bordeaux - Lyon : desserte de Libourne, Périgueux, Thiviers, Limoges, Guéret, Montluçon, Gannat/SGDF, Roanne). Par contre il faudrait moderniser le réseau pour obtenir du V160~V220.
      Avec suffisamment de fréquences (1 train par heure pour les relations de moins de 300 km, toutes les 2h entre 300 et 700 km, non cadencé mais coordonné au-delà de 700 km -avec des trains de nuit dans ce cas-), on pourrait créer un véritable réseau maillé, augmentant la part modale du train sur les liaisons province-province notamment (sur lesquelles le train est pratiquement inexistant -comparé au trafic potentiel- en dehors de quelques axes).
      Et si ces trains sont remplis (85~90%), c'est le jackpot !

      Excusez pour le Paris - Châteauroux, j'ai ajouté GN en trop (le temps de parcours donné sans arrêt intermédiaire est correct par contre).
      Pour les temps de parcours, j'ai recalculé intergare par intergare les temps donnés par les écolos, et j'ai trouvé des temps de cet ordre là (j'ai pris en compte une accélération maximale de 1 m/s², à comparer au 0,72 m/s² du Shinkansen -qui accélère bien-. Pas de données pour le TGV).

      Le problème des fréquences est que les gares intermédiaires (et mêmes les "grandes") disposent d'une desserte trop faible pour être attractive, le schéma d'exploitation est assez "bordélisé"...
      Pour Paris - Clermont, on a les 7 A/R actuels convertis en TGV avec arrêts Nevers GN, Moulins et Vichy, plus 5 A/R avec arrêt Vichy uniquement. Donc ça fait quoi ? un TGV toutes les deux heures "omnibus" (et encore si c'est cadencé), plus deux renforcements avec TGV quasi-directs le matins, un le midi et deux le soir ?
      Donc ma conclusion est qu'on arrive à 12 A/R par jour, mais que le cadencement n'est toujours pas d'un train par heure.
      Ces 5 A/R seront certainement pour les "pendulaires" (à 1h45 de Paris, pourquoi se priver ?)...
      La desserte d'Orléans sera cadencée à l'heure, demi-heure en pointe (mais Orléans est une banlieue de Paris, donc ça ne compte pas).
      Le reste du POLT ? 8 A/R Paris - Châteauroux, 5 prolongés à La Souterraine, avec LGV Potiers - Limoges.
      Donc peut-on espérer un train par heure (en gros 15 A/R) "omnibus" (Vierzon/Bourges, Issoudun, Châteauroux, La Souterraine, Limoges, Brive/Périgueux) sans l'autre LGV?
      Avec des A/R supplémentaire (3~5) au-delà de Brive (Souillac, Gourdon, Cahors, Caussade) ?
      Et des services IC supplémentaires entre Limoges et Toulouse (pour pouvoir faire l'aller-retour dans la journée)?
      Posté par T33b, 19 juin 2014 à 19:20
  • Bon alors "on se calme et on boit frais à Saint Tropez" et on essaie de se résumer en quelques lignes !

    Il y a globalement accord pour dire que l'offre classique a été malmenée volontairement par l'opérateur pour gonfler artificiellement le bilan de ses TGV, qui pour autant connaissent aujourd'hui une situation économiquement difficile car entre le renchérissement de l'usage de l'infrastructure et la conjoncture sur le trafic à laquelle s'ajoute une sensibilité croissante du public au prix par rapport au temps, le trafic stagne voire régresse sur certaines lignes.

    On peut aussi noter une convergence sur le fait que la fin de vie des Corail doit poser la question de ce qu'on fait pour les remplacer et que cela interroge mécaniquement la politique ferroviaire globale et l'équilibre à trouver entre les axes classiques à performance accrue (200 mini, 220 en optimum, 250 si économiquement plausible), et les axes sur lesquels la LGV à 320 garde sa pertinence.

    Mais après, quels champs d'application et surtout quels moyens mobilisables dans des scénarios contrastés : à moyens constants (c'est à dire peu de choses), avec un premier équilibrage des budgets en faveur du rail, et un second encore plus radical (livre ouvert !). Cela dit, il faudrait quand même considérer qu'on fait de l'infrastructure pour proposer un service qui répond à un besoin, et qu'il ne faut pas auto-générer un besoin pour justifier une infrastructure. Enfin, qu'on ne peut défendre un scénario qui conduit à investir assez fortement pour améliorer des lignes classiques si 10 ans après la fin des travaux, on a une LGV qui fait "aspirateur" à trafic. Il y a des règles économiques définies pour l'évaluation des projets. On peut faire fi de beaucoup de choses, mais pas d'un certain bon sens (on ne roule pas les fenêtres ouvertes quand on met la climatisation)

    POCL est pénalisée par l'incertitude concernant l'horizon réel de saturation de la LN1 qui dépend des solutions techniques pour augmenter sa capacité. On peut dire la même chose pour la sortie de Paris, selon l'évolution de l'exploitation du RER C et la capacité à tenir un débit de 14 sillons homogènes / heure / sens sur les voies principales. La posture qui veut qu'on ne saura pas faire mieux est extrêmement peu confiante en l'avenir de la technique (sauf quand il s'agit du TGV).

    PACA doit sortir de l'ornière technique et politique pour revenir sur de bons rails, pas forcément à très grande vitesse, mais dans un objectif d'abord ciblé sur la capacité à développer une offre RER autour de Marseille et du littoral azuréen et ensuite sur la performance de la liaison Marseille - Nice.

    LNPN est prioritaire entre Paris et Mantes et dans la traversée de Rouen car cela rejoue à la fois sur la capacité du RER E et sur l'essor de l'offre périurbaine autour de Rouen, en plus de favoriser une augmentation de capacité, une baisse du temps de parcours et une régularité accrue.

    Lyon - Turin, c'est encore plus complexe : le projet a été monté à une époque où le fret était assez dense sur la Maurienne, et avec des perspectives qui allaient conduire à la saturation. Donc il y avait de la cohérence à conjuguer une augmentation de la capacité fret et la mise en oeuvre de liaisons à grande vitesse transfrontalières. L'effondrement du fret et la concurrence des itinéraires via la Suisse ne permet plus de tenir le même discours.

    Bordeaux - Toulouse a du sens car elle montre qu'on s'occupe aussi des transversales car c'est au moins autant pour la liaison Paris - Toulouse que Bordeaux - Marseille - Nice qu'elle serait justifiable. Pour Bordeaux - Espagne, la ligne classique "montée en gamme" pourrait avoir du sens.

    Par contre, Poitiers - Limoges et Béarn - Bigorre... no comment !
    Posté par ortferroviaire, 19 juin 2014 à 22:10
    • Globalement d'accord.
      Je rajouterai la barreau d'interconnexion sud en IdF.
      Quant à la confiance dans les progrès sur l'infra (Construction+Maintenance+Exploit) cela vaut AUTANT pour les RER,LC et LGV. Je crois que ce domaine à trop longtemps été laissé pour compte au profit du matériel et que les marge de progrès y sont les plus grandes pour le système ferroviaire. J'ai trouvé ceci pour appuyer mon propos (http://infoscience.epfl.ch/record/147967/files/EPFL_TH4697.pdf). Thèse de doctorat à L'EPFL de 2010.
      Bonne Lecture !?!
      Posté par DEMADE, 20 juin 2014 à 11:01
  • Concernant le barreau d'interco sud-Idf, paradoxalement, c'est peut-être moi qui vais donner un avis plus mitigé, mais je pense qu'il peut être repensé compte tenu des autres projets, notamment POCL. Il était nécessité par le souhait d'un grand développement des TGV intersecteurs par le sud-idf. Mais
    1 - cette tendance n'est plus confirmée, au contraire
    2 - le projet Massy Valenton va déjà permettre une augmentation de la capacité et de la robustesse
    3 - POCL permet le report des Nantes Lyon totalement hors idf.
    4 - Concernant les Normandie-Lyon et Rennes-Lyon, avec POCL, ils n'ont qu'une partie de l'itinéraire Massy Valenton à parcourir
    5 - certains Lille-Tours-Bordeaux pourraient être reportés par Orleans et Blois (c'est un peu plus long mais pas tant que ça, surtout si on compare au scénario C de l'interco sud qui rallonge ces trajets. mais relier Orléans à Bordeaux par TGV n'est pas idiot (et je trouvais curieux que mes contradicteurs aient à se plaindre de ce point)

    Bref la croissance des circulations sera possible par Massy Valenton (mais jusqu'à 3 TGV/h par sens, sachant que 4 sont possibles à condition d'alléger les heures encadrantes, donc c'est assez souple), et le surplus d'offre s'il est nécessaire peut emprunter totalement ou partiellement d'autres itinéraires.
    Donc l'objectif des déplacements de région à région est ainsi rêglé (le THNS le rêgle de la même façon, mais que Eva Sas qui soutient le THNS soutiennent aussi l'interco sud ne manque pas d'ambiguité !).
    L'autre objectif majeur, et sans doute principal, c'est de desservir le sud de l'idf. Mais pour ça, on pourrait très bien considérer, en phasant
    - d'équiper une des gares de Massy Valenton pour l'accueil des TGV (avec connexion à Orly par Val (ajout d'une station ou prolongement) ou tram selon la gare choisie)
    - puis faire le tunnel de Massy à l'ouest de cette gare quand 2 voies nouvelles seront nécessaire
    - puis à l'est, quand vraiment TGV et fret ne peuvent plus cohabiter (et là j'ai nettement l'impression qu'on est loin d'une telle échéance), faire les 2 voies supplémentaires de cette gare à Valenton (en tunnel ou surface ou jumelage), voire Sénart
    Mais dans tous les cas, concernant Sénart, la desserte vers le Sud-est pourrait être assurée par le détournement de quelques TGV radiaux par cet itinéraire (et ça pourrait commencer par les liaisons fragiles, qui y trouverait une bonne occasion d'être mieux remplie). A long terme, cette gare pourrait alors servir de correspondance entre TGV radiaux et intersecteurs
    Posté par SP, 20 juin 2014 à 13:48
  • L'interco sud actuelle force le mélange entre RER C, Fret et TGV... cela ne me semble pas très sain, surtout qu'à terme le RER C sera remplacé par un tram-train sur cette section (Massy - Les Saules), avec fréquences attendues probablement plus élevées que celle proposées par le RER C aujourd'hui (10 minutes contre 15/30 aujourd'hui). Sachant que le RER C serait toujours en circulation entre Pont de Rungis et Les Saules, on aurait pratiquement 10 trains omnibus par heure.
    C'est gérable, à condition d'avoir des RER/Trams-Trains performants, sinon on risque d'avoir un problème de différentiel de vitesse (80~100 km/h de moyenne pour un TGV, contre 46 km/h actuellement pour un RER). Surtout qu'il y a déjà des problèmes aujourd'hui, alors qu'il n'y a que 4 trains par heure...
    Bon, déjà le projet Massy-Valenton règle le grave problème du cisaillement au niveau de raccordement de Massy, donc faut voir.

    Par contre, des TGV radiaux à Sénart, ça me paraît peu possible... Les voies directes de la PLM sont saturées (en HP) entre Melun et Paris, avec des circulations sans arrêt à Lieusaint (Sénart). Cela représente environ 15 trains par heure (TER, Transilen, IC).
    Posté par T33b, 20 juin 2014 à 19:42
    • Il y a déjà quelques TGV radiaux qui empruntent cet itinéraire. A voir comment cela s'intègre dans le cadencement, mais un sillon horaire ou aux 2h parait possible, éventuellement en évitant la pointe.
      Posté par SP, 09 juillet 2014 à 00:48
      • Je les avais vu dans les études du débat public sur la LGV POCL, mais je n'arrive pas à mettre la main dessus ! (Ce doit être un trajet assez "pittoresque" -dans le sens qu'on remonte aux années 80- pour un ferrovipathe comme moi :) )

        Evidemment, des dessertes de la banlieue parisienne par des TGV radiaux peut être intéressante (report de passagers de la voiture), mais il y avait déjà eu une expérience sur un TGV Melun-Marseille (desservant le PLM jusqu'à St-Florentin) avec un A/R journalier... or celui a été supprimé (et remplacé par 5 A/R en Corail réversible + BB7200). Car trop cher (alors que le péage payé à RFF sur la LGV Sud-Est bénéficiait du "coefficient intersecteur", revenant de fait à une réduction de 32%)
        Après ce n'est pas exactement pareil, c'est vrai...
        En effet en heure creuse il y a un peu de place (env. 5 à 6 trains voyageurs par heure), mais il faudra procéder à des travaux en gare de Lieusaint-Moissy pour ajouter des quais sur la LGV, et déplacer/modifier la zone de transition entre le PLM et la LGV (passage au cab signal, 25kV alternatif LGV). Et pour avoir une largeur de quai suffisant, il faudra même reconstruire deux pont-routes et ripper les voies vers l'est en zone contrainte (proximité du PLM).
        Donc la faisabilité devra être soigneusement étudiée, ainsi que l'opportunité d'un tel projet.
        Posté par T33b, 09 juillet 2014 à 01:23
        • Ca m'est arrivé plusieurs fois sur le dernier Paris Nice évite Marseille du dimanche soir, mais je ne saurais dire si c'est un itinéraire normal ou perturbé. Peut-être s'agit-il d'une solution de secours quand un TGV IS est trop désheuré sur Valenton-Coubert.

          Le Melun Marseille supprimé à cause d'un péage trop cher sur LN1, c'est stupide s'il n'est pas en heure pleine. Car l'important est qu'il paye son cout marginal. Tant pis s'il ne peut pas payer son cout complet, du moment qu'il permette de desservir le territoire, sans rien couter à la société : au final, des collectivités subventionne un TGV... pour payer un surcout de péage servant à subventionner le réseau !
          On n'est pas dans une logique rationnelle... mais dans la logique désintégré du système actuel.
          C'est la marge globale de l'ensemble des TGV qui doit servir à payer le cout fixe du réseau, et pas chaque TGV pris isolément
          Posté par SP, 09 juillet 2014 à 01:42
          • Je pense que c'est plutôt un itinéraire de secours (remarque je suis déjà sorti de la LGV à St-Florentin une fois !).

            A quand une "redevance sur les marges des TGV" ? Ça serait pas mal... En contrepartie de la suppression de la prise en compte du "coût complet" du réseau dans les péages LGV.
            Et on pourrait étendre cette redevance à toutes les activités voyageurs non conventionnés (Thello par exemple, qui ne couvre pas "son" coût complet sur ligne classique).
            Mais le préalable à tout cela serait déjà le transfert de la dette ferroviaire (qui coût en gros 1,5 Mds d'euros) à l'Etat (ce n'est "que" 2% du PIB). L'Allemagne, qu'on nous montre à longueur de journée comme l'idéal à atteindre, est pour une fois un exemple pleinement justifié ! (Elle l'a fait !)
            Posté par T33b, 09 juillet 2014 à 02:02
  • Pour les temps de parcours, j'ai recalculé de manière la plus précise possible (en tenant compte de l'accélération/décélération, de l'arrivée sur Paris, etc.) les temps de trajet proposé par THNS. J'ai pris l'hypothèse d'un train V250 avec un taux d'accélération/décélération élevé (0,9 / 1 m/s² respectivement).
    Voici ce que j'obtient, en conservant le schéma de desserte actuel (hors ajustements dus au cadencement, mais marge de régularité incluse -3' aux 100 km sur LC-) :
    - Paris - Montargis "direct" (sans arrêt) : 00:43
    - Paris - Nevers "omnibus" (à 8 arrêts) : 01:50
    - Paris - Nevers "direct" (sans arrêt) : 01:13
    - Paris - Clermont "express" (à 5 arrêts) : 02:26
    - Paris - Clermont "direct" (sans arrêt) : 02:05
    Le schéma de desserte actuel, c'est un service Paris-Nevers à 8 arrêts (dont Montargis) et un service Paris-Clermont à 5 arrêts (à partir de Nevers).
    Je vous indiquerai les autres estimations (POLT, Roanne, etc.) demain.
    Posté par T33b, 21 juin 2014 à 00:52
    • Un matériel V250 avec des accélérations aussi élevées semble relativement difficile à obtenir, ne serait-ce que pour de simples questions physiques : les matériels à haute vitesse ont forcément des rapports d'engrenages plus longs donc une moindre capacité d'accélération. De toutes façons, en France, on ne trace pas les horaires à 100% des performances maximales du train, ou alors on le fait en augmentant la marge de régularité. En Suisse, on trace à performances maximales et avec une marge allant jusqu'à 10% "ciblée" sur les secteurs critiques et autour de 5 à 7% ailleurs.
      Posté par ortferroviaire, 22 juin 2014 à 08:29
      • 0,85 m/s² semble plus réaliste en effet. En attendant, cette accélération serait supérieure à celle des matériels TER actuellement en cours de livraison (Régiolis, Regio2N), et même les matériels métro fer (0,7 m/s² d'après la RATP).
        Pour les marges de régularité, j'ai pris les normes RFF : 3' aux 100 km sur LC (marge exceptionnelle certes), et 5% sur LN.
        Posté par T33b, 22 juin 2014 à 16:36
      • J'ai trouvé ce document : http://data.over-blog-kiwi.com/0/57/17/95/20140113/ob_a7fd8c_vie-du-rail-1er-janvier-201.pdf

        On parle du principe Intercité et du matériel roulant justement où les constructeurs ferroviaires ne voient pas l'intérêt de concevoir un nouveau matériel.

        Il existe déjà des TER 200, les Z21500 seule automotrice à ce jour capable d'atteindre de telles vitesses. En revanche, je ne connais pas leur capacité d'accélération Dans ce cas, il deviendrait possible de faire des Autmotrices dérivées des Caradia Liner pour en faire des automotrices aptes à du 200.

        Ce qui est certains, c'est que ces Intercités doivent obligatoirement atteindre une capacité d'accélération supérieure aux TGV. Reste à connaitre le potentiel...
        Posté par Altos, 22 juin 2014 à 18:50
        • Les constructeurs ont quand même une vision un peu fermée : certes les trains régionaux, adaptés, peuvent faire leurs preuves, mais dans ce cas-là il n'y aura pas "d'image de marque" pour les Intercités. Ils deviendraient simplement des "TER accélérés"...

          Il manque de plus la question de l'opportunité de monter à V250 (au lieu de V200/220), qui intéressent le centre de la France, mais qui peuvent aussi intéresser les région PACA et Nord (périurbains/inter-villes circulant sur des portions de LGV/LN), ainsi que certaines relations transversales (Bordeaux - Lyon, Rouen - Orléans, Rouen - Lille, Luxembourg - Dijon - Lyon, etc.).
          Posté par T33b, 22 juin 2014 à 19:53
  • Un dossier dans La vie du rail en coopération avec EELV. Pour Paris-Clermont, POLT et autre intercités (ex-grandes lignes), le "THNS" reste virtuel (appel d'offre en 2015?)
    Alors pour les sections de LGV prévues cela semble être du domaine du rêve...
    Posté par cg63, 21 juin 2014 à 10:40
  • Par rapport à des discussions qui ont eu lieu sur d'autres thread, il ressort que hors investissement initial dans l'infrastructure, les couts d'exploitation d'un TGV sont inférieurs à ceux d'un intercités (énergie+entretien+main d'oeuvre pour le matériel+amortissement pour le matériel+cout marginal d'utilisation de l'infra (pour son exploitation, son entretien et son renouvellement hors cout fixe)),
    et que tout deux sont inférieurs au cout d'usage d'une voiture, y compris en covoiturage.

    C'est donc la prise en compte du cout fixe du réseau qui vient perturber les comparaisons.
    - payer la dette ferroviaire.
    - payer un cout complet du réseau ferroviaire sans prendre en compte les avantages socio-éco pour la collectivité du report modal ferroviaire
    - payer des investissements par l'usager quand ils ne sont à réaliser qu'une seule fois
    Posté par SP, 09 juillet 2014 à 01:32
  • Complément d'info sur le tracé de "l'alternative" : http://www.lamontagne.fr/limousin/actualite/departement/creuse/2014/07/05/le-retour-du-y-renverse-une-etude-renversante-pour-la-desserte-ferroviaire-de-clermont-ferrand-et-de-limoges_11072233.html
    (Par contre aucune trace de l'étude de Stéphane Etaix, quoique mentionnée à de multiples reprises depuis 2011)
    Posté par T33b, 09 juillet 2014 à 01:47
  • Je n'ai rien d'autre à dire que le plan com du THNS est bien fichu.... pour beaucoup de désillusions quand chacun comprendra ce qu'il contient : beaucoup de fumée et erreur d'interprétations.
    Tout est basé sur des couts d'investissements moindre : il n'en est rien, c'est juste un phasage.
    Des couts d'exploitation moindre : cela est faux. Un Paris Lyon moins cher en 3h par une infra à 6 milliards d'euros comparé à un Paris Lyon en 2h sur une infra déjà amortie (la LN1), c'est juste impossible !

    Sur la forme : "l'étude indépendante" qui est passée, c'est celle d'EELV !! waw, très indépendant. Il y a souvent une curieuse définition de l'indépendance pour ces "écologistes" (entre guillemet)

    Mais la meilleure révélation de l'article, c'est que "Stéphane Etaix n'est ni polytechnicien ni cheminot, il collabore au journal La Vie du rail et avec le cabinet toulousain Robert Claraco, ". Claraco, ceux qui ont fait des estimations de temps de parcours sur Bordeaux-Toulouse assez surprenante.... Ca me suffit pour ne pas prendre l'étude au sérieux.

    C'est dommage, car son intérêt serait de montrer qu'il est possible de phaser POCL, c'est à dire réaliser les sections de Ligne Nouvelles utiles à la desserte du territoire Centre+Limousin+Auvergne sans attendre la saturation de la LN1. En gros, le Y renversé Brétigny-Gien+ barreau vers les Aubrais, et Roanne-Lyon, tous les relèvements qui resteront utiles même quand POCL sera en service. On peut même envisager avec plus d'ambition de faire descendre la LN jusque Saincaize et réaliser le barreau vers Bourges, et Bourges-Issoudun.
    Ca n'est évidemment pas à ces territoire de payer l'insertion en Idf, donc si Idf ne veut pas payer les 2 voies nouvelles entre Austerlitz et Bretigny, les TGV du territoire ne feront qu'utiliser les voies et sillons actuellement empruntés par les corails du territoire

    Ce schéma permet la desserte radiale et intersecteur du territoire comme dans POCL (avec sans doute pas les 12 AR Paris Clermont mais une dizaine, et peut-être un peu moins d'intersecteurs, mais à la marge). RFF le considère non rentable, pourtant le recul de l'échéance de saturation de la LN1 (du au recul des échéances de LN PCA et LNMP et Lyon Turin) mériterait de réétudier la question.
    Surtout la mise au même niveau de calendrier de Poitiers Limoges et POCL justifierait de ne pas considérer Poitiers Limoges réalisé dans la situation de référence de POCL. L'apport du trafic du Limousin serait alors une justification du phasage de POCL. A contrario, intégrer POCL à la situation de référence de Poitiers Limoges condamnerait cette LGV (il ne serait pas justifié d'investir autant pour simplement faire passer de 2h30 (avec POCL) à 2h le parcours Paris Limoges)

    Après, j'ai confiance dans la capacité de retournement de veste et d'avalement de couleuvre des écolos pour que, si RFF et l'Etat s'engage dans cette voie, ils diront "c'est grâce à nous"
    Posté par SP, 09 juillet 2014 à 02:17
  • Dans l'étude, il y a quand même, outre le Y renversé, une LN entre les Aubrais et Vierzon, pour doubler à V220 une ligne existante déjà à V220.
    On sent poindre pour le cabinet Claraco, la volonté de renvoyer une LGV Bordeaux Toulouse à laquelle il s'oppose (pour l'axe Paris Toulouse) ailleurs que chez eux : c'est illusoire.
    Et puis pour des écologistes, franchir la Sologne avec une nouvelle infra ferroviaire, alors que les études sur POCL recommandent de ne pas le faire, c'est curieux.
    C'est aussi curieux que les Aubrais ne seraient même pas desservis sur le réseau existant, mais "en perpendiculaire", et qu'il y ait ensuite besoin d'un raccordement vers Tours...
    On se demande aussi pourquoi la partie ouest du Y renversé descend jusque Vierzon.... et pourquoi celle à l'est s'arrête à Montargis... surtout au prix d'un tel angle droit, ça ne couterait pas plus cher d'aller à Gien.... mais surtout par équité Saincaize.
    Le problème de ce projet, c'est que comme les défunt TGV Limousin ou Auvergne, il échouera s'il n'est pas adossé à un projet dont les enjeux dépassent le territoire concerné. Et c'est là la grande chance de POCL !

    Un petit sourire aussi en voyant les contraintes sur le matériel roulant. Il doit donc avoir une forte accélération, rouler à 250km/h.... et être bimode pour assurer les service de l'aubrac et du Cévénol sans rupture de charge...

    On a surtout l'éternel mensonge répété "La grande vitesse (> 250 km/h) coute très cher et ne couvre plus ses coûts." : des preuves ! des preuves ! des preuves !
    Posté par SP, 09 juillet 2014 à 02:37
  • Qu'il y ait des points discutables dans l'étude, c'est un fait, et c'est plutôt sain de pouvoir avoir un débat. Oui, il y a des sujets critiquables, comme ce fut le cas pour la contre-étude sur Bordeaux - Toulouse et comme c'est le cas pour un train à 250 km/h bimode aux accélérations de RER. Par contre, si vous pouviez rationaliser vos écrits de sorte à rendre votre propos à la fois plus concis et plus compréhensible, ce ne serait que plus bénéfique.
    En outre, vous continuez à faire abstraction du fait que l'investissement pour accomplir votre vision est aujourd'hui difficilement à la portée de la collectivité, qui n'est pas en capacité de faire les choix que vous jugez indispensables. Il faut donc arriver à passer du raisonnement "en absolu" qui peut être exact, mais avoir raison n'est pas forcément suffisant.
    Au reste, un bilan financier de la LGV Est est en cours : il semblerait que les prévisions de trafic en nombre de voyageurs se soient révélées exactes, mais avec un nombre de trains moindre (effet Duplex que la SNCF va reproduire sur SEA) et avec des coûts de maintenance plus élevées que prévus. Il serait un bon étalonnage de la réalité économique.
    Posté par ortferroviaire, 09 juillet 2014 à 12:17
  • @SP
    Il est évident que le tronçon Orléans - Vierzon n'est pas forcément nécessaire, sachant que c'est (pratiquement) une ligne droite, un doublement sur place devrait être réalisable (il est nécessaire de disposer a minima d'évitements pour les trains TER et Fret, voire d'une 3e voie).
    Et d'ailleurs c'est pour ça que les écologistes ne reprennent pas toutes les propositions de cette étude et ne garde que le "Y" jusqu'à Orléans et les aménagements sur le réseau classique.

    Pour le matériel roulant, il est évident qu'il y a trop de contraintes posées (incompatibilité probable entre perf. d'accélération et traction diesel-électrique dans les zones non-électrifiées), même si les industriels/la SNCF sont capables d'audace quand ils en ont envie (TGV atlantique pendulaire, RTG Pendulaire, X72500 Pendulaire, etc.). Il vaut mieux électrifier les lignes plutôt que de faire du bi-mode pour les matériels Grande Vitesse (voir l'exemple de Nantes - Sables d'Olonne), même si pour le Cévénol et l'Aubrac ça serait dur... Il faudra voir avec les Coradia Liner V200 d'Alstom...
    Et personnellement, je pense que le pendulaire n'est pas vraiment nécessaire en France (l'étude de Stéphane Etaix le note aussi).

    @ortferroviaire
    Il faudrait suivre le raisonnement en coût par minute gagnée, comme cela s'est fait lors du choix entre une LGV Mâcon - Genève et la rénovation de la ligne du Haut-Bugey.
    Le TGV Est a clairement dépassé les prévisions de trafic voyageur (l'objectif de 2010 a été atteint en 2009), mais la SNCF a clairement signifié que la liaison n'était toujours pas rentable (pour elle !). Mais le trafic est en baisse depuis 2012... et les Duplex entrent en piste, ce qui générera moins de péage pour RFF même si le trafic voyageur augmente (ce qu'il ne semble pas faire).
    Posté par T33b, 09 juillet 2014 à 13:15
    • Haut Bugey n'est pas forcément un bon exemple car c'est plutôt devenu "Haut Budget" pour in fine ne pas arriver à l'objectif de 3 heures.

      Il faut repartir des fondamentaux : identification du besoin fonctionnel, définition du schéma d'exploitation, déclinaison en un programme d'opération. L'essentiel est donc de bien cerner - et sans trop d'oeillères - le besoin fonctionnel, et, encore une fois, sans forcément chercher la performance absolue ("aller aussi vite que possible") mais en allant chercher la performance relative, "aller aussi vite que nécessaire", au sens de l'investissement minimal qui permet de maximiser le gain de trafic. C'est sur cet élément là que se fera l'arbitrage entre une approche purement LGV et une approche nouvelle.

      Encore une fois, l'étude présentée par les élus écologistes n'est pas exempte de tout reproche. Mais elle a un mérite : montrer qu'il y a de la place entre le TGV et le TER contrairement à ce que certains veulent bien dire !
      Posté par ortferroviaire, 09 juillet 2014 à 14:43
      • J'ai lu l'interview d'un élu genevois qui réclame le remboursement de la participation de la Suisse à ce projet... c'est vrai que les normes franchouillardes sur les passages à niveaux (merci M. Bussereau !) sont vraiment exaspérantes...

        Le coût par passager ferroviaire "gagné", voilà un bon indicateur ! Et surtout il faudrait mieux prendre en compte la sensibilité "prix" dans les études de trafic, car elle semble fortement s'accroître depuis plusieurs années, et la crise de 2008 n'a agi que comme un catalyseur à l'augmentation de cette sensibilité (les premières compagnies aériennes low-cost ont été crées pendant des périodes de croissance économique).
        Posté par T33b, 09 juillet 2014 à 15:22
        • La sensibilité au prix plus forte serait un argument pour moins faire contribuer l'usager au cout complet du réseau, mais ne justifie pas de faire de l'IC plutôt que du TGV là où le TGV est possible, car celui-ci est alors moins cher à exploiter
          Posté par SP, 10 juillet 2014 à 00:48
  • La collectivité, est en mesure de faire le choix de tolérer une fraude fiscale de 80 milliards d'euros par an, de subventionner l'éolien à hauteur de plusieurs milliards d'euros par an, d'accorder plusieurs dizaines de milliards d'euros de baisse de charges aux entreprise.
    Pourquoi ne pourrait-elle pas faire le choix d'investir quelques milliards d'euros dans le réseau ferroviaire ? A fortiori quand les indicateurs socio-éco montrent que c'est rentable pour la collectivité (ça n'est donc pas un "cout" sur le long terme). Et que ça permet surtout au système ferroviaire d'atteindre l'équilibre financier dans son fonctionnement (voire une certaine profitabilité)

    Dans tous les cas, la collectivité ne souffre pas d'un trop plein de planification à long terme. Donc si on s'accorde que sur le long terme certaines LGV sont nécessaires ou utiles (et donc les contraintes budgétaires ne se traduisent que par un allongement dans le temps de l'horizon de réalisation), il convient que les opérations d'amélioration du réseau classique en tienne compte, et de ne pas faire d'investissement onéreux qui seraient perdus quelques années plus tard. Dans le cas de POCL, il y a de toute façon bien des opérations à faire, qui ne seront pas superflues même avec POCL, et dont certaines sont même inclus dans le programme de POCL.

    Le bilan trafic de la LGV est montre que l'effet fréquence n'est pas aussi important qu'on veut bien le croire. Il montre par contre l'absurdité de dissocier le transporteur du gestionnaire d'infra.
    Les couts de maintenance sont plus élevés, nous verrons de combien : ils ne sont pas non plus la référence de l'ensemble du réseau LGV. Peut-être qu'il faut renoncer au V320 sur cet axe (Paris Lyon se contente bien de V270 sur certaines sections). Il faudrait voir la part de cout fixe dans ces couts : le trafic total LGV est n'est peut-être pas suffisant pour du V320. Finalement, réaliser la phase 2 pourrait servir à revenir à du V300 pour diminuer ces couts.
    Mais attention à ne pas confondre les couts passés aux cout futurs comme disaient demade. Et si la LGV est sert à optimiser les couts d'infra pour BPL et Tours Bordeaux, c'est très positif.

    @T33b, je ne suis pas sur que sur Orléans Vierzon, l'ensemble des trafics, même à terme avec POCL justifie des voies supplémentaires : on sera à un sillon TGV (ou IC) par heure (alternance de TGV Paris Chateauroux desservant Vierzon et de Lille Marseille desservant Bourges). Il y a largement de quoi proposer une offre fournie s'il le faut (mais aura-t-on besoin de plus de 2 TER/h ?) et de laisser de la place au fret

    Sinon, mieux que le cout par passager gagné, le cout par passager.km gagné. Et cela montrerait bien que POCL est nettement plus économique que tous les autres projets alternatifs.

    Évidemment qu'il n'est pas pertinent de vouloir toujours aller aussi vite que possible. En attendant, il serait malencontreux de ne pas le faire quand c'est facilement possible, ou quand une mutualisation d'objectif le permet à moindre cout pour chacun des objectifs.

    Qui nie qu'il n'y a de la place entre TER et TGV ? Certainement pas moi. Je suis même d'avis qu'il y a des TER qui ne devrait pas en être. Mais arrêtons d'opposer 3 modes ferroviaires qui ont chacun leur pertinence. Et de refuser le TGV à des liaisons qui le justifient, pas forcément pour demain, mais dans les décennies à venir
    Posté par SP, 10 juillet 2014 à 00:46
    • @SP
      Vaste sujet que la gestion des finances publiques !
      On pourra aussi disserter (et là plus de 4h sont nécessaires !) sur la "subvention" implicite dont bénéficie le transport routier (fret&voyageur), qui prouve une fois de plus que le plein de carburant est encore trop peu cher (même à 1,50 le litre !) pour combler le déficit abyssal du réseau routier !

      Pour le choix de la Vmax, il faut placer correctement le curseur... cependant un V250 peut bénéficier de performances d'accélération/décélération plus élevées qu'un TGV V300/V320/V350 (et encore plus si la motorisation n'est pas répartie comme sur les TGV de la SNCF). L'intérêt d'un ICGV est de pouvoir desservir plus de villes intermédiaires (inter-gare moyenne de l'ordre de 50 km) ce que ne peut faire un TGV (ou alors il perd beaucoup de temps).
      L'éventuel avantage de fréquences plus élevées par TGV se fait vis-à-vis de Paris, mais pas pour le reste : comparez les deux scénarios, et vous verrez que des villes moyennes du Grand Centre bénéficieraient de plus de trains vers les grandes métropoles de province (Lyon surtout) dans le scénario THNS.
      En outre la LGV POCL ne serait intéressant pour les villes du Sud-Est (Nice, Barcelone, etc.) que si les TGV circulent à V360 (25 minutes de gain de temps selon la SNCF). Même à V320, le gain est réduit (de l'ordre de 10 minutes).

      Pour la ligne Orléans - Vierzon, il est vrai qu'on peut jouer sur des coupes-accroches pour réduire le nombre de sillons nécessaires (par exemple un Paris-Brive omnibus et un Paris-Montluçon). Mais le différentiel de vitesse entre les ICGV (V220/250, soit une Vmoy d'environ 180~200 km/h) et les TER omnibus (V160/200, avec une Vmoy de 91 km/h aujourd'hui pour les plus lents) risque d'être difficile à tenir, surtout si on veut insérer des trains de fret dans la grille (MA100, ME120, ME140 voire ME160).
      Des évitements à l'approche des gares (2 km en amont) semblent nécessaires a minima pour permettre le dépassements des trains "lents" par les plus rapides, sans gêne pour ces derniers et en minimisant le temps d'attente pour les plus lents.
      Posté par T33b, 10 juillet 2014 à 01:45
  • Sur la Vmax, les études sur le projet PACA sont intéressantes puisque les intergares sont proches 40 à 50km, et les 2 types de sillons sont prévus, TGV (jusqu'à 270 km/h) et TERGV (à 220) : les TGV sont tracés plus rapidement, et malgré des séquences de freinage accélération moins performante et 3 min de stationnement en gare contre 1 pour les TERGV, les TGV sont plus rapides de bout en bout (et de toute façon, la question ne se pose pas trop car entre Paris et Marseille, ça sera des TGV).

    L'avantage de fréquence TGV, ça n'est pas que Paris. Combien de TGV Marseille-Lyon ? Beaucoup, et beaucoup plus qu'il n'y avait d'intercité. Combien de Dijon-Mulhouse ? etc...

    Pour comparer le scénario THNS, encore faudrait-il qu'il existe sur une base crédible. Et pas dire forfaitairement "ça sera tant de train", sans aucune étude sur leur remplissage (car alors on peut dire pareil pour le TGV). De toute façon, le cercle vertueux sera toujours, temps de parcours plus court = fréquence plus élevée. Et tant qu'un certain niveau de fréquence quotidienne n'est pas atteint (de type 1 train par heure), il n'y aucune raison d'engager du matériel trop capacitaire).
    Avec POCL, les villes du grand centre bénéficient de 8 TGV intersecteurs vers Lyon. Et pourtant, RFF ne prends pas en compte le potentiel de Bordeaux Lyon via Orléans. C'est beaucoup mieux que l'offre actuelle intercité. Et je doute qu'une offre intercité puisse atteindre ce niveau et un remplissage correct (une étude récente indiquait qu'il y avait le potentiel pour 4AR Nantes Lyon)

    Même à V320, POCL est intéressant pour le Sud Est. Gagner 10 min, c'est refaire passer Marseille sous les 3h, y compris avec un arrêt intermédiaire.

    Orléans Vierzon, avec POCL ne supporte que la moitié des Paris Chateauroux Limoges et quelques intersecteurs. 1 sillon par heure est largement suffisant, et il est possible de tracer TER et fret sans qu'il y ait de conflit ni besoin de dépassement. Sans être au block, on peut facilement tracer 8 sillons par heure (espacé de 7 min). le fret évolue à la vitesse moyenne d'un TER. Et un sillon GV, au max va consommer 3 sillons (si on suppose qu'il fait le parcours 18 min plus rapidement que le TER omnibus). Avec 2 sillons TER aux 30 min, il y a de quoi tracer 3 sillons fret. Ca devrait aller quand même non ?

    Je veux bien qu'on me fasse la leçon sur "ça serait bien mais ça coute trop cher", mais de grace, évitons quand même de programmer des voies là où ça n'est pas utile
    Posté par SP, 10 juillet 2014 à 02:08

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