15 février 2013

La DB veut concurrencer Thalys

C'est un sujet récurrent de l'Europe ferroviaire : la DB réitère ses déclarations quant à l'appétit suscité par les liaisons assurées sous la bannière de Thalys. Depuis la mise en service des relations à grande vitesse entre Paris, Bruxelles, Amsterdam et Cologne, la concurrence aérienne a été sérieusement écrémée sur ces relations. On pourrait presque en dire autant du porte-monnaie des voyageurs vu les prix demandés sur certaines relations Thalys, notamment entre Paris et Bruxelles (jusqu'à 130 euros un dimanche matin !)

Ces dessertes jouissent d'un potentiel de trafic encore important et la DB envisage de se retirer du GIE Thalys pour créer ses propres relations sous sa propre marque et avec son propre matériel roulant. On peut supposer qu'il s'agirait d'employer les nouveaux Velaro D (alias ICE4) dont l'homologation est encore attendue.

La DB lorgne également sur les relations avec Londres pour concurrencer Eurostar : l'homologation du Velaro dans le tunnel sous la Manche, objet de longues palabres procédurières, constitue potentiellement un atout pour l'entreprise allemande...

En revanche, la DB privilégie la coopération avec la SNCF sur les liaisons Paris - Francfort, Paris - Stuttgart et Paris - Munich, qui demeurent plus limitées et surtout manquant de compétitivité face à l'avion.

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06 février 2013

Reims - Troyes, un jour en train ?

La Région Champagne Ardenne, est principalement orientée nord-sud géographiquement parlant alors que les flux sont plutôt est-ouest sur les axes menant à Paris. Ses principales agglomérations ne sont pas toutes reliées entre elles. Charleville est connectée à Reims, Reims à Chalons, mais Troyes reste à l'écart : située sur l'axe Paris - Bâle, il n'existe plus de liaison ferroviaire entre cette ligne et l'axe Paris - Strasbourg, quoique l'infrastructure existe toujours et demeure en principe utilisée par quelques convois de fret entre Chalons sur Marne et Charmont. Aujourd'hui, la liaison voyageurs est assurée par autocar.

Il faudrait investir jusqu'à 450 millions d'euros pour rétablir une continuité ferroviaire pour le service aux voyageurs entre Reims et Troyes, en pratiquant une vitesse de 110 km/h en ligne, contre 50 actuellement, sur la ligne de Chalons à Troyes. Il s'agit d'un coût maximaliste, quelque peu dissuasif, mais qui intègre plusieurs éléments qui peuvent apparaître quelque peu facultatifs :

  • le doublement de la ligne Chalons sur Marne - Troyes est évalué entre 100 et 150 millions d'euros : on peut douter de sa pertinence dans le cadre d'une desserte au mieux cadencée à l'heure. L'infrastructure actuelle, réservée au fret, est à double voie entre Chalons et Nuisement, puis à voie unique jusqu'à Charmont. Quelques points de croisement en gare, ou un évitement long dynamique, peuvent probablement suffire à l'écoulement des circulations.
  • l'électrification représenterait un investissement de 100 millions d'euros : compte tenu du nombre de circulations, elle ne revêt pas réellement de caractère prioritaire, d'autant que les matériels TER modernes sont bimodes.

Ainsi, un scénario de réouverture minimaliste, préservant les conditions essentielles d'exploitation, pourrait être limité à 250 millions d'euros. Pour autant, serait-ce suffisant pour justifier une exploitation ferroviaire ? S'il est vrai que les deux principales agglomérations champenoises, Reims et Chalons, ne sont pas ferroviairement reliées à Troyes, le niveau de trafic attendu permet-il d'atteindre un bilan socio-économique suffisant pour crédibiliser l'hypothèse d'une réouverture ?

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