C'est la dernière annonce du ministre des transports, par ailleurs élu du boulonnais. Lors de la réunion Etat - Région Picardie - SNCF sur l'avenir de la liaison Intercités Paris - Amiens, le ministre a présenté l'accord intervenu entre les deux autorités organisatrices pour fusionner les offres TER et Intercités sur Paris - Amiens dans une nouvelle grille qui sera mise en oeuvre en décembre 2013. Il a également été annoncé que l'Etat prendrait une décision sur le renouvellement du matériel roulant de cette ligne afin de succéder aux voitures Corail. Ainsi, la Picardie est présentée comme "pilote dans la nouvelle gouvernance des trains du quotidien" (ce qu'on peut traduire par "les deux copilotes vont enfin se coordonner").

Et c'est donc à cette occasion que le ministre a glissé cette petite phrase sur l'électrification entre Amiens et Rang du Fliers de sorte à boucler l'électrification de la ligne Amiens - Calais, et à terme Amiens - Calais - Dunkerque. L'idée est vue sous l'angle de la constitution d'un itinéraire "bis" électrique entre la mer du Nord et l'axe menant à Paris en évitant le noeud ferroviaire du bassin minier (triangle Lille - Douai - Lens).

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Abbeville, 25 avril 2009 - La BB 67540 emmène un Corail en direction de Paris. La durée de vie résiduelle de ces compositions demeure en discussion : l'annonce du projet d'électrification semble signifier un tournant, mais sera-t-elle suivie d'effet ? © transportrail

En outre, en éliminant le recours à la traction thermique, l'opération pourrait simplifier la question du renouvellement du matériel Intercités : sur Paris - Amiens, le besoin de capacité tend à mettre en bonne position le Régio2N, alors qu'entre Amiens et Calais, le hiatus thermique plaçait jusqu'à présent en position favorable le Régiolis bimode. Or le Régiolis bimode ne pouvait proposer une capacité suffisante sur la section Paris - Amiens.

L'électrification pourrait alors éviter la scission de la desserte directe Paris - Amiens - Calais et le recours à du matériel automoteur permettait de moduler la composition en ôtant une rame à Amiens, la section Amiens - Calais ne justifiant nullement l'expédition de trains de 1000 places.

Reste une inconnue : qui paie quoi ?