Les chemins de fer de Provence, exploitant la ligne de 151 km de Nice à Digne, sont aujourd'hui exploités par Véolia-Transdev (Compagnie Ferroviaire Sud France) sous le régime d'une délégation de service public passée par la Région PACA qui l'a intégrée en 2007 à son offre ferroviaire régionale.

75 millions d'euros d'investissement ont été réalisés sur cette ligne, dont 55 pour la rénovation de l'infrastructure entre Nice et Plan du Var, et 20 pour l'acquisition de quatre autorails modernes AMP800 auprès de CFD.

La Région PACA a décidé de ne pas renouveler le contrat de délégation de service public et de passer la ligne en Régie, par le biais de la création d'un établissement public industriel et commercial. L'objectif affiché par la Région est manifestement politique : il s'agit de mieux contrôler les dépenses sur cette ligne et de prendre ses distances vis à vis d'un opérateur connaissant une vague de turbulences depuis plusieurs années, puisque Véolia et Transdev ont récemment fusionné alors même que la Caisse des Dépôts devrait monter sa participation jusqu'à 60% dans le capital du groupe.

L'enjeu est aussi en termes d'offre. Avec 258 000 voyageurs par an, la ligne se situe au milieu du gué : elle peut constituer une alternative aux transports périurbains dans l'agglomération niçoise, mais la desserte demeure insuffisante, malgré l'apport des nouveaux autorails, pour être suffisamment attractive : elle comprend 4 allers-retours de Nice à Digne et 24 navettes de Nice à Colomars. Le temps de trajet est considéré comme trop long (de l'ordre de 25 minutes de Nice à Colomars), quoique la circulation routière demeure dense et sujette à des aléas quotidiens.

En outre, le projet de troisième ligne de tramway, arrivant à Lingostière après avoir remonté la basse vallée du Var depuis Saint Augustin, pourrait constituer une concurrence sérieuse, d'autant plus que les territoires desservis par le train jusqu'à Nice sont relativement éloignés des centralités, et l'accès aux gares assez peu aisé du fait de la topographie.

Sur cette ligne, le train a malgré tout une carte à jouer, d'autant plus si les dispositifs tarifaires régionaux pouvaient être appliqués afin d'organiser une communauté tarifaire complète avec les trains de la SNCF, des Chemins de fer de Provence et le réseau Ligne d'Azur (bus et tramways). On en regrettera d'autant plus la disposition de la gare niçoise, située à 200 m du tramway, et dont l'accès nécessite la traversée du parking d'un supermarché.

Néanmoins, la Région ambitionne d'atteindre 500 000 voyageurs par an.