Alors que le TGV fête cette année à la fois le 30ème anniversaire de sa mise en service sur Paris - Lyon, le 10ème anniversaire de la ligne Méditerranée et le quatrième de la ligne Est, et alors même qu'en fin d'année ouvrira le premier maillon de la ligne Rhin-Rhône, le fleuron ferroviaire français voit sa cote en baisse : même le président de la SNCF rappelle que 90% des voyageurs quotidiens transportés par la SNCF ne sont pas dans des TGV mais dans des TER ou des Transilien.

D'après Villes et Transports, relayant certains propos de dirigeants de la SNCF, il y aurait un surplus de 150 rames TGV soit le tiers du parc. Propos particulièrement étonnant et qui pourrait ressembler à une stratégie visant à alerter sur la fragilité croissante de l'économie du TGV soulignée par le président de l'entreprise à maintes reprises depuis plusieurs mois, notamment avec la hausse régulière des péages d'utilisation du réseau et des coûts de maintenance des lignes à grande vitesse.

Il est possible que ce chiffre ne s'avère exact que si une refonte de la desserte TGV était engagée pour réduire les coûts et éliminer les dessertes déficitaires. S'il y avait réellement un surplus par rapport à l'offre actuelle, il est probable que les matériels les plus anciens seraient mis en garage bon état afin d'utiliser au maximum les rames Duplex.

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Dijon-ville, septembre 1999 - Trio de rames PSE : les premières d'entre elles ont passé le cap de la trentaine et affichent plus de 11 millions de km dans les bogies ce qui constitue un record puisque les BB9200 ont plafonné à 10,5 millions de km, mais en un demi-siècle !

Il y a manifestement de la part de la SNCF l'intention de mettre "les pieds dans le plat" quant à l'évolution du modèle économique du réseau ferroviaire français, entre tarification des péages, coûts de production, développement des dessertes et prix acquitté par le voyageur..