Pas moins de 57 collectivités locales doivent au total apporter 1,47 MM€ de contribution au financement de la ligne TGV Sud Europe Atlantique, et l'actualité récente ne facilite pas l'avancement de ce projet de plus de 7 MM€ .

Trois départements (Landes, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Atlantique) ont suspendus leur décision de signer la convention de financement suite aux élections cantonales pour des questions de délais de réunion des assemblées départementales. Celui de la Dordogne refuse de financer le projet, de même que l'agglomération d'Arcachon et les villes de la côte Basque compte tenu de leur opposition au projet de prolongement vers la frontière. L'Etat compensera leur non-participation.

Midi-Pyrénées a conditionné 30% de sa contribution à l'engagement des travaux de la section Bordeaux - Toulouse. Poitou-Charentes refuse de financer le projet, et propose en échange un prêt de 95 M€  à l'Etat.

Position mitigée des Hautes-Pyrénées, tandis que le Tarn-et-Garonne, le Lot et l'Aveyron ont rejeté le principe du financement, soit du fait de son éloignement, soit pour des questions liées à la section Bordeaux - Toulouse et à la définition de son tracé.

Par ailleurs, Vinci a surveillé sa montre et le délai d'expiration de son prix de concession a expiré le 28 février : en conséquence, Vinci demande 60 M€ de plus, ce que certains jugent excessif compte tenu du coût total du projet, et en faisant remarquer que l'entreprise détient aussi une position dominante dans la société gérant les autoroutes de la côte Atlantique.

A cela s'ajoute l'opposition de la côte basque d'une part et de la vallée de la Garonne, du moins une partie des collectivités et des riverains, au principe de la ligne à grande vitesse, privilégiant des aménagements sur la ligne classique sur ces sections considérées comme terminales, alors que Bordeaux - Toulouse est aussi un maillon de Bordeaux - Marseille, tandis que Bordeaux - frontière s'inscrit dans la continuité du réseau à grande vitesse vers l'Espagne et Madrid notamment.

Autant dire que cette LGV qu'on attendait en 2016 est annoncée en retard "suite à des difficultés de circulation" comme le dit souvent Simone dans ses annonces en gare... Les collectivités locales, désormais dépourvues d'autonomie budgétaire, doivent faire face à des dépenses croissantes et une quadrature du cercle ferroviaire de plus en plus difficile, entre TGV, rénovation du réseau classique (le tout hors des missions légalement transférées...), le renouvellement du matériel et le financement de l'exploitation avec les joies des relations contractuelles et de la transparence financière de l'opérateur... L'heure de faire des choix à la serpe approche...