Les réouvertures de voies ferrées sont rares : depuis 1990, les sections ayant retrouvé leur vocation ferroviaire sont plutôt rares et n'ont pu aboutir qu'avec beaucoup de ténacité des financeurs. Citons quand même Tassin - Brignais et L'Arbresle - Sain Bel en région lyonnaise, le barreau de Jussy en Picardie, l'embryon de tangentielle ouest du côté de Saint-Germain-en-Laye, l'antenne de Pertuis du côté d'Aix-en-Provence, Cannes - Grasse, Motteville - Monterrolier en Normandie... bref des "petits bouts" disséminés et qu'il a fallu soutenir à bout de bras.

Depuis quelques années, outre certains freins de ceux qui considèrent encore que les investissements ferroviaires restent un gaspillage par rapport à l'amélioration de la capacité du réseau routier, l'opposition des riverains se fait de plus en plus vigoureuse, puisque leur bien perdrait de la valeur à cause des nuisances engendrées par le passage des trains. Sans tomber dans la caricature des opposants au TGV Méditerrannée voici 20 ans, il ne faut pas passer sous silence les considérations pour le moins partiales de ces contestations qui oublient les avantages d'un service de transport ferroviaire fréquent et régulier dans les bassins urbanisés... et les conséquences néfastes de la domination du seul transport individuel...

Dernier exemple : certains élus de Loire-Atlantique soutiennent l'idée de rouvrir la section Montoir-de-Bretagne - Pontchâteau, achevant le "triangle" de Savenay, ville dans laquelle se séparent les axes Nantes - Rennes et Nantes - Le Croisic. Il s'agirait donc d'améliorer l'accès à l'estuaire de la Loire depuis Rennes. Mais voilà, les riverains ne voient pas d'un bon oeil ces réflexions encore très embryonnaires, considérées déplacées compte tenu du coût d'une telle réouverture. Et de proposer de transformer en voie verte l'emprise ferroviaire : idée totalement conforme à la quiétude pavillonnaire, mais le gazouillis des petits zoziaux n'a jamais empêché le trafic automobile de pulluler...